La pandémie met en lumière l’importance de la télémédecine et de l’accès aux données sanitaires

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En quelques mois, la pandémie de coronavirus a transformé la société et mis les systèmes de santé à rude épreuve. La crise souligne plus que jamais la nécessité d’investir dans la télémédecine et dans l’espace européen de données de santé.

Mário Romão, l’auteur de cette tribune, est le directeur international de la politique sanitaire numérique d’Intel.

Comme tout peut changer en quelques mois. Début 2020, nous aurions difficilement pu imaginer qu’une crise sanitaire et économique mondiale allait survenir si rapidement et provoquer une telle onde de choc. La pandémie de COVID-19 a transformé la société et continuera à le faire au cours des années à venir. Les systèmes de santé ont été mis à l’épreuve comme jamais auparavant et ont même failli s’effondrer dans de nombreux pays. Alors que le coronavirus se propage à des rythmes différents dans le monde, la santé numérique a pris une place déterminante.

La santé numérique désigne l’utilisation, dans le domaine sanitaire, des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour mieux prévenir, diagnostiquer, traiter et surveiller des maladies, mais aussi pour améliorer l’hygiène de vie de la population. Les dossiers médicaux électroniques, la télémédecine, le diagnostic et la recherche cliniques qui utilisent l’intelligence artificielle, les capteurs portables… La santé numérique peut être appliquée de nombreuses façons. Et elle ne cesse de progresser grâce aux avancées technologiques et scientifiques.

Les gouvernements du monde entier, et en particulier en Europe, commencent à prendre conscience de la nécessité d’investir dans la santé numérique. La télémédecine et l’accès aux données sanitaires n’ont cessé de se développer pendant la pandémie, offrant une bouée de sauvetage aux patients et aux travailleurs de la santé.

La télémédecine

En début d’année, les infrastructures sanitaires ne prévoyaient pas d’augmenter sensiblement le nombre de soins fournis à distance. Cette technologie, qui est disponible depuis des années, peine à être adoptée à cause d’obstacles réglementaires et d’une réticence à revoir les approches sanitaires établies depuis longtemps.

Et puis, le COVID-19 est apparu. Alors que le virus soumettait les hôpitaux à une pression croissante, les personnes malades rechignaient à consulter par peur de se faire contaminer. Mais grâce à la télémédecine, les prestataires de soins ont pu examiner leurs patients virtuellement, ce qui a allégé la charge de travail du personnel présent sur place et réduit le risque de propagation du virus.

Pendant la crise, la prestation de soins à distance a gagné en popularité à travers le monde. En France, l’utilisation de ce type de service en ligne a augmenté de 40 % au cours des derniers mois. La Belgique, quant à elle, a décidé d’ajouter plusieurs examens cliniques à distance à la liste des soins remboursés par les assureurs. En Allemagne, le Health Innovation Hub a publié une liste des services de télémédecine fiables, ce qui a attisé l’intérêt des médecins.

C’est aux États-Unis que la télémédecine s’est développée le plus. Une étude récente de la société de conseil McKinsey révèle que 46 % des patients interrogés ont remplacé leurs consultations annulées par des rendez-vous à distance (contre 11 % en 2019). Les prestataires de soins de santé, quant à eux, reçoivent 50 à 175 fois plus de patients en ligne qu’auparavant.

Malgré ces avantages évidents, bon nombre des changements réglementaires qui ont permis de démocratiser la télémédecine ne sont que temporaires et se limitent à la pandémie. Si ces obstacles juridiques ne sont pas levés, de nombreux services proposés en ligne aujourd’hui risquent de passer à la trappe demain.

Mark Zuckerberg appelle à un leadership européen en matière de réglementation des plateformes

Le PDG de Facebook s’est entretenu avec le commissaire français Thierry Breton lors d’une conférence en ligne. Les deux dirigeants affichent des positions assez opposées sur de nombreux points.

Nous ne pouvons rétablir les anciennes normes dans le domaine de la télémédecine. Ce retour en arrière provoquerait la consternation du personnel médical comme des patients. Nous devons lever ces restrictions de façon permanente, afin d’obtenir de meilleurs résultats en matière de soins de santé.

Accès aux données sanitaires

Alors que la pandémie fait rage dans le monde entier, il est devenu impératif de faciliter l’accès aux données sanitaires.

Cela permettrait d’identifier plus rapidement les symptômes des citoyens, de suivre la propagation du virus et de gérer la disponibilité des ressources hospitalières — et donc, au bout du compte, de combattre la crise sanitaire plus efficacement. La pandémie a souligné l’importance des données sanitaires, qui doivent être exploitées au mieux sans pour autant porter atteinte à la vie privée des patients.

Lorsque les premiers cas de coronavirus ont été identifiés en Europe, la Commission a publié une stratégie européenne pour les données, dans laquelle elle indique que la création d’un espace commun des données de santé favoriserait « l’échange et le partage de différents types de données sanitaires (dossiers médicaux électroniques, génomique, registres, etc.) en Europe ». Cela permettrait de soutenir « les soins de santé primaires et [développer] de nouveaux traitements, médicaments, dispositifs et services médicaux ».

Alors que la Commission et des États membres consultent les parties prenantes sur les principes de gouvernance les plus adéquats et sur l’infrastructure à mettre en place dans le cadre de l’espace européen des données de santé, les patients doivent mieux comprendre comment, quand et pourquoi leurs données seront utilisées.

Lors des discussions sur l’équilibre entre la protection des droits individuels et la promotion de l’espace de données communes, trois objectifs doivent être poursuivis :

  • Aller au-delà du consentement comme motif d’utilisation secondaire non interventionnelle des données sanitaires (par exemple, l’intérêt public, la recherche) ;
  • Protéger ces données (pseudonymisation, anonymisation, agrégation), contrôler leur utilisation (accords d’utilisation, méthodes de référence) et garantir certaines procédures, comme les comités éthiques ;
  • Développer des technologies pour assurer la confidentialité des données des patients (apprentissage fédéré, environnements d’exécution fiables, cryptage homomorphe).

L’UE peut instaurer de bonnes mesures politiques pour améliorer l’accès aux données sanitaires et permettre à la télémédecine et à l’IA de se développer. Bien que personne ne sache ni quand ni comment la pandémie prendra fin, il est impératif que l’Europe continue à faire progresser la santé numérique pour sauver des vies.

Afin de favoriser la santé numérique et limiter les effets de la crise sanitaire, Intel a contribué à une initiative technologique pour un total de 50 millions de dollars. Ce projet vise à faciliter l’accès à la technologie lors du traitement des patients, mais aussi à soutenir la recherche scientifique et à développer les cours en ligne pour les étudiants. Cet effort mondial s’appuie en Europe sur l’engagement fort qu’Intel a concrétisé au fil des années.

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