Pour en finir avec la tuberculose d’ici 2030

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Tuberculosis

La tuberculose est aujourd'hui encore la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. [Henriette Jacobsen]

Élus, associations, médecins et chercheurs, instituts de recherche et entreprises de R&D appellent ensemble le Président de la République française à se saisir de la lutte contre la tuberculose, qui tue 3 personnes par minute.

Phtisie, consomption, peste blanche – la tuberculose a traversé les siècles et continue aujourd’hui à frapper à notre porte avec trois décès par minute et 10,4 millions de nouveaux cas par an. Nous pouvons pourtant la prévenir, la diagnostiquer, la traiter et la guérir. Alors, pourquoi reste-t-elle la maladie infectieuse la plus meurtrière ?

Parce que c’est une maladie extrêmement contagieuse, elle infecte une personne toutes les trois secondes. Parce qu’elle est sous-diagnostiquée, sa transmission est d’autant plus considérable ; chaque année, 4 millions de personnes atteintes ne sont pas diagnostiquées et chaque malade non traité contamine entre 10 et 15 personnes. Parce que la résistance aux antibiotiques se développe rapidement et que les patients font face à de nombreux obstacles socio-économiques et à une stigmatisation sociétale, l’accès aux diagnostics et aux soins et le suivi des traitements relèvent parfois du défi.

Face à l’ampleur de ce fléau, nous, forces vives de la réponse, représentant·e·s de la nation, des associations, des instituts de recherche et des biotech françaises, vous appelons, Monsieur le Président, à vous saisir de l’opportunité historique que représente la première réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose organisée le 26 septembre prochain à New York et de vous y rendre en personne. L’élimination de la tuberculose est aujourd’hui possible et la France, grâce à son expertise médicale, son excellence scientifique et sa force d’innovation peut et doit être au cœur de la réponse.

Mettre fin à l’épidémie ne pourra se faire sans le développement de nouveaux outils de prévention, de diagnostic et de traitement qui soient innovants, efficaces, sûrs et disponibles pour tous et toutes. Pionnière dans la lutte contre l’épidémie avec la découverte du BCG, la recherche française est devenue une actrice incontournable dans le développement de ces nouveaux outils et reste à l’avant-garde de la réponse grâce au dynamisme de ses laboratoires et start-ups de health tech.

Mettre fin à l’épidémie ne pourra se faire par une approche uniquement médicale de la prise en charge car la tuberculose est une maladie éminemment sociale. Les populations en situation de pauvreté et de marginalisation sont particulièrement vulnérables. Notre pays, notamment poussé par ses associations, a pensé, porté et défendu depuis des décennies des approches alternatives des systèmes de soins, mêlant prise en charge hospitalière, décentralisation des soins et approche communautaire.

Mettre fin à l’épidémie ne pourra se faire sans mobilisation et innovation financières et là encore la France fait figure de proue. Fondatrice et contributrice historique au Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme et à UNITAID, la France est un poumon financier de la lutte contre cette épidémie.

Parce que la réponse doit avant tout être politique, nous vous appelons, Monsieur le Président, à être présent à New York lors la Réunion de haut niveau des Nations unies sur la tuberculose le 26 septembre prochain pour réaffirmer l’importance d’une stratégie internationale ambitieuse pour la lutte contre la tuberculose. Nous vous appelons à porter la vision française où recherche, développement, innovation et nouvelles pratiques thérapeutiques s’accompagnent d’un plaidoyer pour la disponibilité et l’accès à tous et à toutes à des soins de qualité, sûrs et abordables. Leader en santé mondiale, présidente du G7 et hôte de la 6èmeconférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial en 2019, la France se doit d’être le moteur de l’élimination de la tuberculose.

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