« Les maladies cardiovasculaires sont trop courantes »

L’UE devrait prendre plus de mesure contre le cholestérol et les maladies cardiovasculaires, assure l’eurodéputée Mairead McGuinness.

Mairead McGuinness, eurodéputée irlandaise (Fine Gael) du PPE, est vice-présidente du Parlement européen et co-présidente du groupe des eurodéputés pour le cœur, une initiative qui permet aux parlementaires européens de dialoguer sur les questions cardiovasculaires.

Pour Mairead McGuinness, l’UE doit non seulement lancer des actions de dépistage et d’information, mais également coordonner la recherche au niveau européen, afin de faire avancer plus vite les travaux des scientifiques. Elle a répondu aux questions d’Evan Lamos.

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Quelle famille n’est pas touchée? Ma famille, la famille de mes voisins, tout le monde connait quelqu’un qui souffre ou a souffert d’une maladie cardiaque. C’est très courant, c’est trop courant. Nous savons qu’il existe des moyens de réduire le nombre de maladies cardiaques. Nous savons aussi qu’elles causent des difficultés et une tristesse indicibles pour les familles et que nous avons les moyens d’agir.

C’est un problème partout, un énorme problème, qui entraine de nombreux décès et de longues maladies. Nous le savons, nous le voyons, nous devons faire quelque chose. La bonne nouvelle, c’est que nous sommes plus conscients des problèmes cardiovasculaires d’une manière générale, je pense. Nous savons par exemple que fumer est dangereux, c’est une des causes des maladies cardiovasculaires. Nous savons que notre style de vie, ce que nous mangeons, le sport que nous faisons ont un impact. Nous savons aussi qu’il existe des causes génétiques. Certaines de nos habitudes et des choses que nous entreprenons, en tant qu’êtres humains, qui fragilisent notre système cardiovasculaire et que nous pourrions changer.

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Que peut-on faire face aux maladies génétiques, comme l’hypercholestérolémie familiale ?

Cela m’a fascinée d’apprendre qu’un taux élevé de cholestérol peut être génétique, et que même en faisant du sport et ayant un régime alimentaire parfait, vous pouvez avoir une prédisposition génétique qui engendre un taux élevé de mauvais cholestérol et pourrait même vous tuer.

J’ai été choquée d’apprendre qu’un Européen sur 200 est touché par cette maladie. Et un grand nombre d’entre eux n’est pas conscient du problème, parce qu’ils n’ont pas été diagnostiqués.

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Savoir tout cela me pousse à examiner l’historique de ma propre famille, pour voir si je pourrais être l’une des personnes concernées, parce qu’à ce jour, je ne le sais pas. Je dois donc être testée. Si vous avez dans votre famille quelqu’un qui a eu une maladie cardiovasculaire, vous devriez probablement aller chez votre généraliste et lui demander de vous faire faire un test. Parce que s’il s’agit d’une prédisposition génétique, il existe des traitements, et les personnes touchées doivent être suivies. Tout d’abord, il faut savoir si vous êtes aussi touché. Je regarde autour de moi et je me dis qu’il y a je ne sais combien de personnes ici qui pensent avoir un cœur en bonne santé parce qu’ils n’ont pas vérifié s’ils sont génétiquement disposés à avoir un haut taux de cholestérol, un taux de cholestérol dangereux, qui peut engendrer la mort.

Comment améliorer la santé cardiovasculaire en Europe ?

Je pense qu’il faut améliorer la recherche, que les recherches sur la santé cardiovasculaire dans les différents États membres doivent être mieux coordonnées. C’est important, parce que si nous voulons des résultats, nous ne pouvons pas perdre de temps. Nous devons demander à la Commission de prendre des mesures liées à la nourriture. Les acides gras trans généré par l’industrie de transformation sont un réel problème, par exemple. Certains États ont pris des mesures, mais nous devrions peut-être agir collectivement, au niveau européen. Vous savez, le lobbyisme, cela fonctionne : un nombre de grandes entreprises de l’industrie alimentaire réagissent aux pressions. Les entreprises veulent répondre aux attentes de leurs clients, elles savent que, commercialement, cela a du sens.

Il y a aussi d’autres domaines sur lesquels la Commission devrait peut-être légiférer afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté et que quand nous faisons nos courses nous puissions voir – ou avec un peu de chance ne pas voir – sur l’étiquette la présence d’ingrédients nuisibles à notre santé. Je pense que dans ces domaines, l’Europe doit être plus proactive.

Il est très important de comprendre la situation. Nous vivons des vies plus longues et d’une meilleure qualité, mais pour l’Union européenne et sa population vieillissante, le coût de notre mauvaise santé, le coût de notre mauvaise santé cardiovasculaire, est énorme pour nos hôpitaux et pour les systèmes de santé en général. Et je pense que notre société doit vraiment agir, pour notre bien-être et pour notre santé économique. Je pense que ces deux aspects du problème sont très liés et en bout de course j’espère que mes enfants auront une meilleure connaissance et de meilleurs cœurs et vivrons une vie plus longue et meilleure que la mienne et celle des générations précédentes.

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