Malgré un nouvel arrêt défavorable de la Cour de justice européenne, l’introduction d’un prix minimum par unité d’alcool dans l’UE intéresse toujours certains États européens.
Juste avant Noël, la Cour de justice européenne a estimé que l’introduction d’un prix minimum pour la vente d’alcool (MPU) entrainerait probablement une infraction du droit européen, en risquant de perturber le marché unique. Pourtant, certains États membres envisagent toujours d’emboiter le pas à l’Écosse et de mettre cette mesure en place.
Le 23 décembre, la Cour a jugé que la législation écossaise visant à imposer un prix minimum pour l’alcool, initialement fixé à 50 pence l’unité, a « un effet très restrictif sur le marché ». Les juges recommandent donc plutôt une mesure fiscale, mais soulignent qu’il revient au tribunal d’Édimbourg de trancher.
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Le gouvernement irlandais a récemment annoncé vouloir également adopter un MPU, qui serait d’un euro l’unité. Le ministre de la Santé, Leo Varadkar, a indiqué que l’arrêt de la Cour n’empêcherait pas Dublin d’aller de l’avant sur ce front.
Au Danemark, l’avis de la Cour ne semble pas non plus avoir été entendu : peu après sa promulgation, l’association médicale danoise a appelé le gouvernement à fixer un prix minimum afin de limiter le phénomène de « binge drinking », notamment chez les jeunes.
« Notre importante consommation d’alcool constitue un problème sociétal grave et il n’y a aucun doute qu’il est trop bon marché d’acheter de l’alcool au Danemark. Pour 70 couronnes (environ 9,40 euros), il est en effet possible d’acheter une bouteille d’alcool fort », regrette Andreas Rudkjøbing, président de l’association, interrogé par le Berlingske Tidende.
Sophie Løhde, ministre de la Santé, a cependant décidé de ne pas introduire de MPU, jugeant la mesure peu efficace.
Une mesure européenne
Henrik Rindom, spécialiste de l’alcool, ne partage pas l’avis de la ministre. Pour lui, l’introduction d’un prix minimum pourrait avoir un impact très bénéfique, mais seulement si elle s’effectue à l’échelle européenne.
« J’aimerais vraiment voir les États membres de l’UE décider ensemble de relever le prix de l’alcool pour que le litre de bière le moins cher soit au prix du lait dans toute l’UE », explique-t-il. « L’introduction de ces mesures dans un seul pays ne fera pas de réelle différence, parce qu’il suffit alors de traverser la frontière pour trouver de la bière à 30 centimes d’euro. On ne fait alors qu’encourager le commerce frontalier. »
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C’est l’association du « scotch », le whisky écossais, qui s’est opposé en premier aux projets d’introduction d’un MPU par le gouvernement écossais en 2012.
« Au lieu de perdre encore du temps à débattre de l’illégalité du MPU, nous estimons plus constructif de discuter des moyens légaux et efficaces de réduire les problèmes liés à l’alcool qui persistent, non seulement en Écosse, mais également ailleurs en Europe », estime quant à lui Paul Skehan, directeur général de l’association de représentation de l’industrie des liqueurs et spiritueux Spirits Europe.
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