L’ancien premier ministre conservateur polonais Mateusz Morawiecki a exprimé son soutien au rétablissement du statu quo du « compromis sur l’avortement » en Pologne, qu’il avait supprimé pendant son mandat, alors que les législateurs font pression pour élargir l’accès à l’avortement dans le pays.
De 1993 à 2020, le « compromis sur l’avortement » en Pologne permettait l’interruption de grossesse dans trois situations spécifiques : lorsque la grossesse résultait d’un viol, lorsque la vie de la mère était menacée, ou lorsque le fœtus présentait des anomalies rendant sa survie hors de l’utérus impossible.
Le tribunal constitutionnel, accusé d’être contrôlé par le gouvernement d’alors de M. Morawiecki du PiS (ECR), a aboli cette dernière possibilité d’avortement en 2020, ce qui a donné lieu à d’importantes manifestations contre le gouvernement et l’Église catholique, qui a soutenu la décision du tribunal.
Le parlement travaille actuellement sur quatre projets de loi proposés par les partis au pouvoir pour libéraliser les lois sur l’avortement.
Après deux jours de débat, les législateurs ont voté vendredi (12 avril) sur quatre propositions différentes pour assouplir les restrictions sur l’avortement et les ont soumises à une nouvelle commission. La coalition au pouvoir dirigée par le Premier ministre Donald Tusk reste divisée sur l’étendue de la libéralisation des lois sur l’avortement, ce qui explique la variété des propositions présentées.
M. Morawiecki, lui, a exprimé ses regrets concernant les propositions actuellement débattues au parlement, plus permissives que les mesures en vigueur. Il en a profité pour reconnaître que le « compromis sur l’avortement » adopté sous son gouvernement n’était pas bon.
« Si je pouvais revenir en arrière, oui, je le ferais. Je pense que le compromis était une mauvaise chose, mais bien meilleure que ce qui pourrait nous attendre à l’avenir », a-t-il déclaré à la radio RMF FM.
Les débats
La Nouvelle Gauche (S&D) et la Coalition civique de Tusk (KO, PPE/S&D/Verts) veulent un avortement gratuit sur demande jusqu’à la douzième semaine de grossesse, tandis que l’alliance plus conservatrice de la Troisième Voie (Renew/PPE) insiste sur le retour au « compromis sur l’avortement » .
Le PiS et le parti nationaliste de la Confédération s’opposent tous deux à la libéralisation des lois sur l’avortement, bien que certains députés du PiS soutiennent la proposition de la Troisième Voie, qu’ils considèrent comme un moindre mal.
La Troisième Voie a également plaidé en faveur d’un référendum national sur les lois relatives à l’avortement, qui n’a reçu qu’un soutien parlementaire limité.
Le 11 avril, le Parlement européen a voté en faveur de l’inscription du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE, même si les chances de succès restent minces, car elle nécessiterait l’approbation unanime des 27 États membres de l’UE.
Selon un récent sondage réalisé par l’institut Opinia24 pour TVN, les citoyens restent divisés sur la question de l’avortement : 50 % des répondants se disent favorables à la libéralisation des lois actuelles, tandis que 41 % y sont opposés.


