Avec la lutte contre l’obésité au centre de l’attention politique, la Commission commence à admettre que la malnutrition, un autre type de régime alimentaire inadapté, mérite également d’être prise en compte, en particulier dans le contexte du vieillissement des sociétés.
Le 23 novembre, lors d’un forum sur la nutrition dans les centres de soins (forum on nutrition in care homes), Robert Madelin a déclaré que le coût des soins de santé liés à la malnutrition équivalait celui de l’obésité.
La conférence a rassemblé des experts et des décideurs politiques afin de discuter des causes de la malnutrition et de l’absence d’intérêt médical et politique concernant ce problème. Il s’agissait également de déterminer quelles actions concrètes pourraient répondre à ce défi.
La malnutrition est généralement définie comme une condition médicale causée par un régime alimentaire inadapté ou insuffisant, pouvant avoir des effets irréversibles sur la santé. Dans les sociétés les plus riches, les carences en minéraux et en nutriments sont un problème spécifique aux personnes âgées.
D’après les organisateurs de la conférence, environ 40 à 80 % des personnes âgées dans les centres de santé risquent d’être sous-alimentées, même avec de la nourriture de bonne qualité. Cela proviendrait du manque de mobilité, de la dépendance par rapport aux autres, de la régression physique et mentale et des contraintes financières. En augmentant le risque de complications et en provoquant la détérioration de l’ensemble de la situation physique et mentale de l’individu, la sous-alimentation peut entraîner la mort prématurée.
M. Madelin souligne que la malnutrition est un problème de société. Il explique que la société a perdu la culture et le respect pour l’alimentation et suggère, tout d’abord, d’améliorer les données sur les causes de la malnutrition.
Il appelle également les personnes travaillant dans le domaine de la nutrition à unir leurs efforts pour élaborer des campagnes stratégiques, incluant des lignes directrices communes de l’UE sur les meilleures pratiques, afin d’apporter un niveau de nutrition optimal dans les hôpitaux, les centres de soins et la communauté.
La stratégie européenne sur la santé 2008-2013 répertorie le vieillissement en bonne santé et les années de vie en bonne santé (AVBS), comme des facteurs importants pour la durabilité des finances publiques, confrontées à la pression de l’augmentation des coûts des soins de santé et de la sécurité sociale due au vieillissement de la population (EURACTIV 25/10/2007).

