Les ministres européens de la Santé se préparent à d’importantes crises sanitaires [FR]

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Lors d’une réunion informelle les 8 et 9 septembre, les ministres ont insisté sur la nécessité d’améliorer la coordination et d’accélérer les réactions au niveau européen pour permettre aux autorités de protéger efficacement le public en cas d’épidémies majeures de maladies contagieuses comme la grippe aviaire, le SRAS et la fièvre jaune.

Un exercice de simulation a précédé les conclusions. Lors de cet exercice, les ministres ont discuté de la façon de réagir en termes de communication, de régulation des voyages et de l’utilisation et du stockage des produits sanitaires par rapport aux deux scénarios de crise au niveau européen : la fièvre jaune et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

La sécurité de la santé publique constitue l’un des priorités sanitaires de la présidence française de l’UE. Les présidences tchèque et suédoise à venir vont également chercher à avancer sur ce sujet dans une tentative d’améliorer la capacité de l’UE à gérer de grandes menaces pandémiques comme l’épidémie de la grippe aviaire, suite à la publication d’un rapport par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM) soulignant le niveau insuffisant de préparation du bloc (EURACTIV 27/09/07).

Alors que la plupart des Etats européens ont mis en place des politiques spécifiques de planification pour les grippes aviaires et les grippes pandémiques, la présidence française a estimé dans un dossier de presse publié avant la réunion informelle que le travail au niveau européen devait être intensifié.

En effet, le dossier de presse souligne qu’une crise sanitaire publique importante « sera politique et constituera un enjeu de communication majeur » si l’on veut « gagner et conserver la confiance des populations et diffuser les informations nécessaires pour protéger les populations ».

Une coopération accrue à l’échelle européenne est donc nécessaire. Mais les efforts de coordination entre les pays de l’UE sur les sujets de santé publique ne comprennent pas encore « l’ensemble des dimensions d’une crise qui touchera la totalité des secteurs de la vie de la société ». C’est ce qu’indique le dossier de presse.

A cet égard, les ministres ont souligné le besoin d’une approche intersectorielle, qui couvre d’une part les aspects sanitaires et assure d’autre part la continuité des services essentiels comme le transport et l’activité économique.

Par ailleurs, les ministres ont mis en évidence le besoin de mettre en place des stocks stratégiques de produits sanitaires nécessaires lors de ce type de crises. La rupture des stocks de technétium (un isotope radioactif clé utilisé pour les diagnostiques des cancers et pour d’autres actes médicaux) à laquelle ont dû faire face les hôpitaux au cours de la semaine dernière a démontré le besoin d’assurer un meilleur approvisionnement en produits sanitaires. 

La ministre française de la Santé Roselyne Bachelot-Narquin a fait part de son intention d’organiser prochainement une réunion extraordinaire du comité de sécurité sanitaire afin d’examiner la possibilité d’utiliser des ressources de technétium non européennes pour satisfaire les besoins et atteindre les conditions pour une répartition équilibrée de ces ressources limitées.

C’est lors du prochain conseil de la santé, qui devrait se tenir les 15 et 16 décembre, que les conclusions officielles d’une stratégie sécuritaire européenne en matière de santé publique seront adoptées.

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