Interrogations sur la règlementation européenne après le crash de Germanwings

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Les règles européennes sont plus souples qu’aux États-Unis, où la présence de deux pilotes dans le cockpit est obligatoire.

La Commission européenne organise un briefing, vendredi 27 mars, sur la règlementation aérienne européenne, 3 jours après le crash d’un Airbus de la compagnie Germanwings dans lequel 150 personnes ont trouvé la mort. Selon les informations de la première boite noire, un des pilotes se serait isolé dans le cockpit avant de provoquer la chute de l’avion.

>>Lire : l’Europe mobilisée après le crash d’un Airbus dans le sud de la France

La règlementation aérienne en Europe n’impose pas la présence d’un membre de l’équipage lorsque l’un des pilotes quitte le cockpit, mais stipule que ces derniers demeurent à leur poste tout au long du vol sauf cas de force majeure.

« La règlementation de l’Autorité européenne de sécurité aérienne n’impose pas que le pilote soit remplacé par un membre d’équipage lorsqu’il quitte le cockpit », a indiqué un porte-parole de l’EASA.

« Elle prévoit que les pilotes sont tenus de demeurer dans le cockpit tout au long du vol sauf en cas de besoin physiologique », a-t-il ajouté en précisant que cela doit leur permettre d’aller aux toilettes ou de se reposer sur les longs courriers, auquel cas un troisième pilote compose l’équipage.

En revanche, les textes imposent que « celui qui reste dans le cockpit soit un pilote qualifié ».

Aux États-Unis, la règlementation de la Federal Aviation Authority (FAA) va plus loin et stipule que deux personnes doivent en permanence être présentes dans le cockpit.

Pilote et copilote doivent y demeurer du décollage à l’atterrissage et durant le vol, sauf si l’un d’eux doit en sortir « pour réaliser des tâches en liaison avec les opérations de l’appareil (ou) pour des besoins physiologiques », selon les textes de la FAA.

Si un pilote remplaçant est disponible, ce dernier doit alors prendre place dans le cockpit afin de permettre au pilote ou au copilote de se reposer, ce qui est une pratique commune sur les long courriers intercontinentaux.

Et dans le cas contraire, c’est un membre de l’équipage qui prend place dans le cockpit, et la porte de celui-ci doit être verrouillée.

« La présence de deux personnes en permanence dans le cockpit est une obligation », a déclaré à l’AFP Laura Brown, une des porte-parole de la FAA.

De son côté, le secrétaire d’Etat français aux Transports Alain Vidalies a estimé sur RTL que la solution de deux personnes en permanence dans le cockpit était « possible » comme « d’autres solutions qui permettraient de manière sécurisée de pouvoir réouvrir la porte pour le personnel professionnel qui est dans la cabine ».

Débat en vue à la Commission

« Avec un certain nombre de ministres, notamment le ministre allemand ou le ministre espagnol, nous allons demander à la Commissaire européenne aux transports d’organiser un débat avec les compagnies ou un travail très rapide de manière à ce que l’agence de sécurité européenne puisse enregistrer la volonté des Etats d’avancer sur cette question », a-t-il dit.

Selon le procureur de la République de Marseille, en charge de l’enquête judiciaire autour du crash de l’A320 de Germanwings dans les Alpes, qui a fait 150 victimes, le pilote était sorti du cockpit au moment du crash.

Lorsqu’il a voulu revenir à son poste, le copilote n’a pas désactivé le système de verrouillage automatique de la porte du cockpit, l’empêchant de retourner aux commandes de l’appareil.

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