Les partenariats public-privés sont l’avenir de la recherche en neurosciences

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Les laboratoires pharmaceutiques hésitent à investir dans la recherche en neurosciences, un domaine particulièrement complexe. Mais une initiative lancée par la Commission européenne va dans la bonne direction, selon le Conseil européen du cerveau.

Les coûts directs de santé en Europe liés aux maladies cérébrales est passé de 386 à 798 milliards d'euros entre 2004 et 2010, selon les données collectées dans 30 pays européens. Ce qui montre la nécessité de mener des recherches dans ce domaine.

 

Mais comme le cerveau est un organe sur lequel il est difficile de mener des recherches, les laboratoires pharmaceutiques hésitent à investir surtout en période d’austérité.

 

Dans ce contexte, les financements publics peuvent faire la différence. Un partenariat public-privé entre la Commission européenne et la Fédération européenne des associations de l'industrie pharmaceutique (EFPIA) pourrait être une marche à suivre. Le programme, appelé l'initiative en matière de médicaments innovants (IMI), cherche à accélérer le développement de traitements plus performants et plus sûrs.

 

La présidente du Conseil européen du cerveau, Mary Baker, soutient ardemment l'IMI.

 

« Il est certain qu'une coopération entre les secteurs publics et privés pourrait constituer une voie à explorer », a affirmé la présidente à EURACTIV dans le cadre d'un entretien. « Je pense qu'ils [les acteurs politiques au niveau européen] doivent soutenir la recherche sur le cerveau, plus que ce qu'ils font maintenant, pour parler franchement, ce sera le cerveau qui va nous permettre de nous extirper des problèmes actuels. Ce ne sera ni le rein ni le foie. Nous devons vraiment investir dans ce domaine. Si nous ne le faisons pas, cela aura des conséquences sur le PIB de toute l’Europe », a-t-elle assuré.

 

Échelonnée de 2007 à 2013, la première IMI, a financé 40 projets et a permis de développer de nouvelles thérapies destinées aux patients. Elle a également permis de créer 1 500 emplois pour un budget de 2 milliards, dont la moitié provenait de la Commission européenne et l'autre moitié de l’industrie pharmaceutique.

 

La seconde IMI, prévue entre 2014 et 2024, a vu son budget augmenter d'environ trois milliards d'euros. L'initiative se concentrera sur le développement de traitements qui cherchent à garantir la bonne santé et bien-être tout au long de la vie des patients. Deux points qui devraient devenir cruciaux au vu du vieillissement de la population et de l'augmentation du nombre de maladies dégénératives et chroniques.

 

Au même moment, la Commission a lancé l'initiative sur les technologies futures et émergentes, dont une partie est consacrée au projet « Cerveau humain ». Ce projet vise à soutenir la recherche dans le domaine des neurosciences, de la médecine et des technologies futures grâce aux technologies de l'information. Il se fonde sur le principe selon lequel la compréhension du cerveau humain est l'un des plus grands défis pour la science du XXIe siècle.

 

Mais même si l'UE a pris le bon chemin en termes de traitement, Mary Baker indique que les politiques doivent également se concentrer sur la prévention, car le cerveau est un organe qui est grandement influencé par l'environnement.

 

« Que pouvons-nous faire en vue d'améliorer notre santé ? », s'interroge la présidente. « Nous devrions en faire plus, par exemple, en vue d'éviter les accidents vasculaires cérébraux, car ça un coût énorme. Nous pourrions agir davantage en matière de prévention contre l'alcool et le tabac. Le mode de vie est un facteur important dans le déclenchement des maladies cérébrales. Et, n'oubliez pas, c'est aussi important pour l'argent du contribuable, » conclut-elle.

Selon une étude menée dans 30 pays européens par le Conseil européen du cerveau (CEC), les coûts directs liés aux maladies cérébrales sont passés de 386 à 798 milliards d’euros entre 2004 et 2010.

 

En vue de tenter de renverser la tendance, le CEC s'est engagé à faire de l'année 2014, « l'Année européenne du cerveau ».

 

La DG Recherche de la Commission européenne a lancé l'un des projets européens les plus ambitieux en matière de partenariat public-privé en collaboration avec l'Initiative en matière de médicaments innovants (IMI). Objectif : accélérer le développement de traitements des maladies cérébrales plus performants.

 

Le second projet, IMI2, est doté d'un budget de 3,45 milliards d'euros.

  • 7-10 mai 2014 : conférence à Dublin à l'occasion du 25e anniversaire de la Plateforme européenne sur la sclérose en plaques.
  • 2014-2024 : Innovative Medicines Initiative II

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