Produits biologiques : La présence accidentelle d’OGM sera autorisée [FR]

Les 27 ministres de l’agriculture se sont entendus sur de nouvelles normes de production et d’étiquetage des produits biologiques à compter de 2009. Mais les groupes écologiques ont qualifié ces règles de « laxistes », condamnant la contamination de produits biologiques par la présence d’OGM.

Malgré l’opposition de la Belgique, de la Grèce, de l’Italie et de la Hongrie, le Conseil a adopté, le 12 juin 2007, un règlement controversé sur la production et l’étiquetage biologiques. Selon la Commission, la création d’un logo biologique communautaire pour tous les produits contenant au moins 95% d’ingrédients biologiques par exemple, sera plus lisible pour les agriculteurs comme pour les consommateurs.

Néanmoins, certains s’inquiètent du manque d’exigence de ces normes. En effet, si le texte interdit l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’alimentation biologique, il permet toutefois que les produits présentant jusqu’à 0,9% de « présence accidentelle ou techniquement inévitable » d’OGM puissent être étiquetés puis vendus comme produits biologiques.

Le Parlement européen et les groupes écologiques ont appelé à abaisser ce seuil de contamination accidentelle à 0,1% – niveau en-deçà duquel les OGM ne peuvent plus être techniquement détectés – estimant qu’un seuil supérieur rendrait la tâche trop difficile aux agriculteurs biologiques souhaitant préserver leurs productions de toute « pollution génétique ». 

Selon Marco Contiero, Policy officer du bureau de Greenpeace auprès de l’Union européenne, « l’attitude laxiste de la Commission européenne et de certains Etats membres vis-à-vis de la contamination ne tient pas compte des préférences des consommateurs européens et représente un risque pour tout le secteur biologique. Concrètement, de faibles doses d’OGM pourraient se retrouver dans tout aliment biologique ». 

Cependant, la commissaire en charge de l’agriculture, Mariann Fischer Boel, a affirmé que le nouveau règlement « aidera les consommateurs à reconnaître plus facilement les produits biologiques dans toute l’UE et leur donnera l’assurance de ce qu’ils achètent précisément ».

L’utilisation du nouveau logo communautaire deviendra obligatoire à compter du 1er janvier 2009, mais des logos nationaux ou d’origine privée, reflétant les normes plus strictes choisies par certains Etats membres seront également autorisés.

Les ONG environnementales insistent sur le fait que les nouvelles normes ne réduisent pas pour autant la nécessité de mettre en place des mesures anti-contamination strictes. Mauro Albrizio, du Bureau européen pour l’environnement, a déclaré : « Si l’UE est attachée à préserver et soutenir le secteur agricole biologique, alors des mesures de coexistence strictes sont nécessaires afin de protéger l’agriculture classique et biologique de la contamination génétique, tout en prévoyant des sanctions sévères pour les agriculteurs utilisant des OGM ainsi que pour les entreprises du secteur des biotechnologies en cas de contamination réelle ».

En 2008, la Commission révisera les règles nationales de « coexistence » qui visent à restreindre les cultures génétiquement modifiées à usage commercial, et examinera plus en détail la nécessité d’une législation à l’échelle communautaire.

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