La Turquie condamne l’attitude de l’UE en Égypte et en Syrie

Recep Tayyip Erdo?an {Reuters]

Le premier ministre turc, un fervent partisan du président déchu en Égypte, a fustigé l’inaction de l’Union en dépit des massacres perpétrés en Égypte, en Syrie et dans les territoires palestiniens. 

Lors d'une conférence de presse à l'aéroport d'Ankara avant son départ pour le Turkménistan, Recep Tayyip Erdo?an a affirmé que la démocratie dans le monde serait mise en doute si l'Occident ne prenait pas de mesures sérieuses.

« Vous avez ignoré [les territoires palestiniens], vous avez ignoré la Syrie et le faites toujours. […] À ce stade, de quel droit parlez-vous de démocratie, de valeurs universelles, de droits de l'Homme et de libertés ? », s'est-il demandé.

Au moins 578 personnes ont perdu la vie et des milliers de citoyens ont été blessés lorsque les forces de sécurité ont déblayé les camps des partisans des Frères musulmans.

>> Lire : L’UE réprouve les violences en Égypte

Le premier ministre turc a qualifié les incidents de massacre. Il a ajouté que ces violences émanaient du coup d'État militaire du 3 juillet (voir « Contexte »).

« Ceux qui restent silencieux et indifférents au massacre en Égypte font partie des coupables » a-t-il indiqué dans des propos recueillis par la presse turque.

Il a exhorté le monde occidental à réagir contre le massacre le plus sanglant en Égypte depuis la destitution de Mohamed Morsi.

« Les responsables du coup d'État ont massacré ceux qui souhaitaient que leur vote compte en démocratie. L'Occident n'a jamais déclaré qu'il s'agissait d'un coup d'État, même s'ils l'ont concédé lors de discussions privées », a déclaré M. Erdo?an.

« Les personnes qui s'opposent au coup d'État militaire en Égypte n'ont eu recours ni à la violence ni aux armes […]. Le peuple égyptien fera tôt ou tard valoir ses droits. Un jour, Moïse se dressera contre ces pharaons et mettra fin à la tyrannie », a-t-il poursuivi.

Par ces actions, le premier ministre turc a tenté de faire peser l'influence de la Turquie au Moyen-Orient. L'Occident l'a toutefois sévèrement critiqué pour sa gestion des manifestations récentes dans son pays qui ont entraîné la mort de plusieurs personnes et blessé des milliers de citoyens.

>> Lire : La Turquie réplique aux critiques de l’UE

Les hauts représentants diplomatiques de l'UE se rencontreront à Bruxelles le 19 août afin d'évaluer la situation en Égypte et une éventuelle action de l'Union, a expliqué un porte-parole de Catherine Ashton à Reuters.

Les diplomates discuteront de l'organisation d'une réunion des ministres européens des affaires étrangères. Aucune date n'a toutefois été précisée.

« Dans le même temps, la haute représentante [Ashton] est en contact avec des collègues de l'UE et de la communauté internationale », a indiqué le porte-parole.

Mohamed Morsi est devenu le premier dirigeant égyptien élu démocratiquement en juin 2012. Il n'est toutefois pas parvenu à résoudre un profond malaise économique. De nombreux Égyptiens s'inquiétaient également de ses mesures destinées à renforcer la loi islamique.

Les libéraux et les jeunes Égyptiens ont organisé des manifestations à grande échelle pour demander sa démission. L'armée l'a destitué le 3 juillet. Les autorités ont répondu avec violence aux manifestations des partisans des Frères musulmans.

Depuis la chute de Mohamed Morsi, les États du Golfe se sont engagés à débloquer 12 milliards de dollars d'aides (environ 9 milliards d'euros). Ils permettraient ainsi au gouvernement intérimaire de gagner du temps pour remettre les finances du pays sur les rails.

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