Réunis à Florence, les ministres de
l’intérieur allemand, britannique, espagnol,
français et italien ont entamé des discussions
portant sur la gestion des flux d’immigration, le combat
contre le terrorisme et la lutte contre la criminalité
organisée. La France et l’Espagne s’opposent
à la création de camps d’hébergement pour
demandeurs d’asile en Afrique du
Nord.
Au centre des discussions figure la proposition,
soutenue par l’Allemagne et l’Italie,
d’ouvrir en Afrique du Nord des centres de transit
où seraient traités les dossiers de
demandeurs d’asile désireux de trouver
refuge en Europe. Ces centres offriraient protection
et hébergement aux réfugiés, dont la
demande pourrait être examinée sur
place.
L’examen des dossiers de demandeurs d’asile
à l’extérieur de l’UE est censé
garantir que l’accès au territoire de
l’Union soit réservé aux personnes se
trouvant véritablement en situation de
détresse, les « faux » réfugiés
étant eux détectés avant leur
arrivée sur le sol européen. « Que
peut-on trouver à redire au fait de créer des
installations où nos services d’immigration
seraient en mesure de vérifier si les
demandes d’asile qui leur sont soumises sont bel et
bien légitimes ? », s’est récemment
demandé le ministre de l’intérieur
allemand Otto Schily. Le Royaume-Uni
a récemment formulé des
propositions très proches de
celles présentées par l’Italie et
l’Allemagne.
La France et l’Espagne sont, quant à elles,
hostiles à de tels projets. Le ministre de
l’intérieur espagnol, Jose Antonio Alonso,
a déclaré la semaine dernière que son
pays « [n’entendait] pas
soutenir une initiative ne garantissant pas des
conditions sociales et humanitaires minimales ».
La France et l’Espagne craindraient
également que la création de tels centres
puisse avoir un certain nombre d’effets pervers,
notamment en offrant aux terroristes et aux
délinquants des points de passage
privilégiés. Plusieurs groupes de défense
des droits de l’Homme ont fait part de leurs
inquiétudes, concernant notamment la capacité
des pays susceptibles d’héberger de tels
camps à offrir des conditions
de séjour satisfaisantes aux demandeurs
d’asile.
La Libye figure sur la liste des pays
pressentis pour accueillir un ou plusieurs camps de
réfugiés. Pourtant le premier ministre
libyen, M. Shoukri
Ghanem, s’est récemment
déclaré hostile au projet dans un
entretien accordé au quotidien italien Corriere
della Sera. « Il ne nous semble pas qu’il
soit judicieux de regrouper des immigrants illégaux
dans certains pays. Il serait préférable
d’aider ces personnes à rester où elles se
trouvent, et d’oeuvrer en faveur de la
création d’emplois dans leurs pays
d’origine », a ainsi affirmé M.
Ghanem.
La lutte contre le terrorisme et la criminalité
organisée seront également au programme de
cette réunion du « G-5 », organisée les
17 et 18 octobre à Florence. L’Allemagne,
l’Espagne et la
France présenteront une
initiative conjointe devant aboutir à la
mise en commun de leurs fichiers de
délinquants avant la fin de l’année
2005, et inviteront les autres membres de l’Union
à suivre leur exemple. La Grande-Bretagne a
d’ores et déjà clairement
indiqué qu’elle se tiendrait à
l’écart de certains projets visant
à renforcer la coopération judiciaire
entre Etats membres de l’UE, notamment la
création d’un Parquet européen et
l’attribution à Europol de pouvoirs
transnationaux.
Les cinq gouvernements procèdent
régulièrement à des échanges
d’informations en matière de lutte contre le
terrorisme. La France prône un échange
systématique des listes de personnes ayant subi des
entraînements dans des camps
terroristes.

