Les frappes aériennes en Syrie devraient attendre le prochain G20

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Les dirigeants du G20 discuteront des sanctions contre la Syrie les 5 et 6 septembre à Saint-Pétersbourg. Sous la houlette des États-Unis, l'Occident prépare des frappes aériennes en représailles de l'attaque chimique contre des civils.

Selon l'agence de presse russe RIA Novosti, des experts russes auraient déclaré que le président américain, Barack Obama, ne lancerait pas d'attaques contre des cibles en Syrie avant le sommet de Saint-Pétersbourg.

Des centaines de personnes ont perdu la vie dans la banlieue de Damas le 21 août à la suite de la pire attaque chimique depuis 1988. À l'époque, le dirigeant irakien Saddam Hussein avait gazé des milliers de Kurdes.

Les États-Unis estiment que le président syrien, Bachar Al-Assad, a utilisé des armes chimiques contre des civils. Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a parlé d'« obscénité morale ».

Mais selon la Russie, partisane du régime d'Al-Assad, il n’existe aucune preuve que l’armée syrienne a commis l’attaque.

L'ambassadeur russe auprès de l'UE, Vladimir Chizhov, a déclaré que les rebelles syriens, dont certains sont membres d'Al-Qaïda, avaient importé des armes chimiques.

« L'ancien dirigeant de la Libye Mouammar Kadhafi a reçu une multitude [d'armes chimiques] », aurait-il affirmé selon l'agence ITAR-TASS.

D'après lui, l'Occident va répéter les erreurs de la guerre du Kosovo. Les pays occidentaux avaient en effet ignoré un rapport sur le massacre de Ra?ak. Ce document indiquait que les victimes n'étaient pas des civils, mais des membres de l'Armée de libération du Kosovo morts au combat. Le massacre de Ra?ak avait été utilisé comme prétexte pour déclencher la guerre du Kosovo (24 mars-10 juin 1999), selon le diplomate russe.

M. Chizhov a également mentionné la fiole contenant de la poudre blanche exhibée par l'ancien secrétaire d'État américain Colin Powell au Conseil de sécurité de l'ONU en février 2003. Cette fiole avait été présentée comme une preuve que le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive.

Il s'agissait également d'un prétexte pour entrer en guerre contre l'Irak. M. Powell a ensuite écrit que l'épisode de la poudre blanche, en réalité du sel, était le pire jour de sa vie.

Une intervention militaire ne ferait que prolonger la guerre civile en Syrie et la rendrait plus sanglante, selon l'ambassadeur russe.

Étant donné que les pays occidentaux ne veulent pas envoyer de troupes sur le terrain, ils ne pourraient compter que sur les forces antigouvernementales, a-t-il ajouté.

« J'espère que les dirigeants européens seront assez intelligents pour ne pas commencer à expédier à grande échelle des armes en Syrie. N'oublions pas que les forces prêtes à se battre dans l'opposition syrienne sont proches d'Al-Qaïda, qui manque d’unité en ce moment même. »

Éviter les erreurs du passé

Selon des experts russes, le président Obama subti une forte pression pour lancer une opération en Syrie. Mais il doit s'assurer qu'il ne répétera pas les erreurs du passé. Une attaque avant le sommet de Saint-Pétersbourg serait donc improbable, ont-ils conclu.

« Il semble que, pour les États-Unis, une frappe avant le sommet ne soit pas la meilleure chose à faire. De toute façon, ils ont le temps de réfléchir », a déclaré Vladimir Yevseyev, directeur du Centre russe d'études sociopolitiques. Le président américain est sous pression, a confirmé Peter Stegnii, ambassadeur extraordinaire et expert du Conseil russe des affaires internationales.

« Il me semble que M. Obama lui-même ne veut pas recourir à la force. […] Mais il est sous pression », a-t-il expliqué. Il a ajouté que le président américain avait reçu le prix Nobel de la paix « un peu tôt» pour ses promesses sur l'Irak et l'Afghanistan et qu'il n'aimerait pas ternir sa réputation de défenseur de la paix.

Barack Obama et son homologue russe, Vladimir Poutine, se rencontreront à Saint?Pétersbourg. Nul ne sait s'ils organiseront une réunion bilatérale. Les deux dirigeants sont en froid, car la Russie a accordé l'asile temporaire à Edward Snowden, l'ancien contractant de la NSA.

Pia Ahrenkilde Hansen, porte-parole de la Commission européenne, semblait surprise lorsqu'on lui a demandé si le sommet du G20 en Russie risquait d'être annulé si les États?Unis et leurs alliés lançaient des frappes en Syrie.

Elle a souligné que le G20 était un forum consacré à la coopération économique et que d'autres instances étaient plus spécialisées dans les questions de sécurité.

La Commission a publié une brochure sur le poids relatif de l'UE dans le contexte du G20.

Des centaines de personnes ont perdu la vie dans la banlieue de Damas le 21 août à la suite de la pire attaque chimique depuis 1988. À l'époque, le dirigeant irakien Saddam Hussein avait gazé des milliers de Kurdes.

>> Lire : L’UE exige une enquête immédiate sur les attaques chimiques en Syrie

Plus de 60 000 personnes sont décédées depuis l’apparition d’un mouvement pacifique prodémocratique en Syrie en mars 2011. Il s'est ensuite transformé en une révolte armée de grande ampleur contre le régime de Bachar Al-Assad. Selon des analystes, cette situation a fait place à un conflit sectaire qui pourrait déstabiliser les États voisins.

  • 5-6 septembre : sommet UE-Russie à Saint-Pétersbourg.
  • 6-7 sept. : réunion informelle des ministres des affaires étrangères (Gymnich) à Vilnius

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