Syrie : La France et la Grande-Bretagne s’opposent à un nouvel embargo sur les armes

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À partir du mois d’août, la France et la Grande-Bretagne seront libres de fournir des armes aux rebelles syriens qui s’opposent au président Bachar al-Assad. Cette décision a été prise hier (27 mai)  après l’échec des tentatives d’imposer à nouveau un embargo de l’UE sur les armes en Syrie.

 

 

Après des négociations de longue durée à Bruxelles, les gouvernements de l'UE ne sont pas parvenus à rapprocher leurs points de vue. Ils ont autorisé la levée d'un embargo sur les armes, une victoire pour la France et la Grande-Bretagne au détriment de l'unité de l'UE.

 

La France et la Grande-Bretagne se sont engagées à ne pas fournir d'armes à l'opposition syrienne « pour l’instant », peut-on lire dans une déclaration de l'UE. Cet engagement expire cependant le 1er août, ont précisé des responsables européens.

 

Le refus de Londres et de Paris de prolonger l'embargo sur les armes aurait pu entraîner la levée de toutes les sanctions de l'UE contre la Syrie, ce qui aurait embarrassé l'UE et conduit à une victoire de Bachar al-Assad. Les ministres de l'UE sont tout de même parvenus à empêcher cette situation en acceptant le renouvellement de toutes les sanctions, à l’exception de l’embargo sur les armes pour les rebelles.

 

Les sanctions de l'UE sur la Syrie resteront en place, dont le gel des avoirs et les interdictions de visas à l’encontre de Bachar al-Assad et de fonctionnaires syriens haut placés. Elles concernent également les relations commerciales, les projets d'infrastructures et le secteur des transports.

 

Londres et Paris ont affirmé pendant des mois que l'Europe devait envoyer un signal fort de soutien aux rebelles qui luttent contre le président syrien en autorisant la fourniture d'armes de l'UE. La Grande-Bretagne et la France ont cependant indiqué qu'elles n'avaient pas encore décidé de fournir réellement des armes ou non.

 

Elles se sont retrouvées face à la forte opposition d'autres gouvernements de l'UE, emmenés par l'Autriche et la Suède, qui jugent qu'un afflux d'armes en Syrie aggravera les violences dans ce pays et contribuera davantage à la déstabilisation de la région.

 

Le ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, a déclaré que la réunion de l'UE avait ainsi de fait levé l'embargo de l'UE sur les armes pour l'opposition syrienne.

 

« Même si nous n'avons pas dans l'immédiat de projet de livraison d'armes en Syrie, cela nous fournit la souplesse nécessaire pour réagir à l'avenir si la situation continue de se détériorer », a-t-il indiqué à des journalistes.

 

Influencer le conflit

 

Londres et Paris ont tenté d'intensifier le poids de l'opposition dans des négociations de paix soutenues par les États-Unis et la Russie et prévues pour le mois prochain grâce aux perspectives de fourniture d'armes aux rebelles si la procédure politique n'enregistrait aucun progrès.

 

Le débat est devenu de plus en plus urgent en raison des avancées militaires des troupes de Bachar al-Assad et des soupçons de recours à des armes chimiques.

 

Le journal français Le Monde a publié lundi des témoignages selon lesquels des forces syriennes fidèles au président ont utilisé à plusieurs reprises des armes chimiques contre des rebelles à Damas.

 

Alors que certains États membres assouplissent leur opposition à la révision de l'embargo de l'UE sur les armes et indiquent qu'ils pourraient soutenir un compromis, la Grande-Bretagne est restée ferme lors des négociations, selon des diplomates.

 

« Les Britanniques n'ont pas cédé un pouce », a déclaré un diplomate.

 

Le ministre autrichien des affaires étrangères, Michael Spindelegger, a regretté qu'il n'ait pas été possible de trouver un terrain d'entente avec Paris et Londres.

 

Il a ajouté que l'Autriche allait désormais réfléchir au sort de ses 380 militaires patrouillant au sein de la force de l'ONU sur le plateau du Golan, entre Israël et la Syrie. Vienne avait auparavant déclaré qu'elle pourrait retirer ses troupes si l'embargo sur les armes était levé.

 

La haute responsable de l'UE pour la politique étrangère, Catherine Ashton, s'est efforcée de donner le change en assurant que l'Union européenne n'avait pas perdu sa capacité à « avoir une politique commune ».

 

« Ce que cela signifie, c'est qu'il y a une reconnaissance du fait qu'en tentant de déterminer la meilleure manière de soutenir le peuple syrien, les pays voudront prendre des décisions [par eux-mêmes] », a-t-elle indiqué à des journalistes.

 

Même si la France et la Grande-Bretagne décident de fournir des armes aux rebelles, elles devront autoriser ces livraisons au cas par cas et vérifier qu'elles ne finissent pas entre de mauvaises mains. 

 

Un mouvement pacifique prodémocratique qui s'est manifesté en Syrie en mars 2011 s'est transformé en une révolte armée de grande ampleur après que le président Bachar al-Assad a tenté de la réprimer.  Des analystes disent que cette situation a fait place à un conflit sectaire qui pourrait déstabiliser les États voisins.

 

 

Quelque 60 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit.

 

L'UE a imposé des sanctions économiques au régime syrien peu après le début des soulèvements. Les sanctions contre la Syrie ont été étendues pour inclure un embargo sur le pétrole, un gel d'actifs et une interdiction de voyager pour les Syriens liés aux actes de répression. Les sanctions ont été renforcées à plusieurs reprises.

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