Un nouveau départ pour les relations Europe – Etats-Unis ?

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Au moment où le président Bush entre officiellement en fonctions
pour un second mandat de quatre ans, les dirigeants européens
veulent croire à la possibilité de relancer la coopération
transatlantique.

L’inauguration officielle du second mandat de
George W. Bush, jeudi 20 janvier à Washington, semble signaler le
début d’une phase nouvelle dans les relations entre les Etats-Unis
et leurs principaux partenaires mondiaux. Du côté des
Européens, ce changement d’approche se traduit par
un désir affiché de rebâtir les relations transatlantiques
sur le socle de la compréhension et du respect
mutuels.

La France, dont les relations avec Washington ont été
sérieusement mises à mal durant le premier mandat de George Bush,
semble désormais décidée à tourner la page et à renouer un dialogue
constructif avec l’administration américaine.  Selon le
premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, l’Europe n’a
d’autre choix que de travailler avec les Etats-Unis sur les
grands sujets du moment – terrorisme, prolifération des armes de
destruction massive, lutte contre la pauvreté, etc. « Une
nouvelle administration autour du président Bush se met en place.
Nous souhaitons une coopération renforcée », a déclaré M.
Raffarin lors d’un colloque organisé à l’Assemblée nationale.
Le ministre français des affaires étrangères, Michel Barnier, a de
son côté estimé q’une nouvelle relation impliquait que « chacun
respecte et écoute l’autre ». 

L’espoir d’une relance des relances transatlantiques est
également palpable à Bruxelles et dans d’autres capitales
européennes, où les sujets qui fâchent sont désormais
passés sous silence au profit de considérations sur les
vertus du dialogue et du respect mutuel. Le président
Bush doit effectuer une visite officielle
en Europe au mois de février, occasion rêvée, aux yeux de
nombreux observateurs, de jeter les bases d’une relation
transatlantique apaisée et plus constructive.  

A Londres, le premier ministre britannique Tony
Blair a déclaré : « l’évolution naît
de l’expérience […] Nous pouvons certes prendre des
mesures militaires et sécuritaires contre le terrorisme, mais
au final […] le meilleur espoir de coexistence
pacifique réside dans la diffusion de la démocracie et
des droits de l’Homme ».

L’ancien ministre britannique des affaires étrangères Robin
Cook est beaucoup plus mesuré. Dans une tribune publiée
par The Guardian, M. Cook a souligné le « net
contraste » existant entre « l’hubris et le débordement
d’auto-satisfaction [auxquels a donné lieu
la cérémonie d’investiture de Bush] et la fragile
victoire politique célébrée par cette cérémonie ». Selon Robin
Cook, M. Bush espère bien profiter de ses quatre années de
mandat, et les perdants vont « devoir s’en accomoder ». 

Le Figaro est du même avis : « Chacun rivalise
de bonnes intentions, mais il ne faut pas se faire d’illusions »,
écrit l’éditorialiste du quotidien français, selon qui « George
W. Bush ne va pas changer de politique à l’aube de son second
mandat. A ses yeux, sa réélection spectaculaire a même ratifié ses
choix, aussi impopulaires qu’ils soient à l’étranger. Bush II sera
la continuation de Bush I, avec un effort de relations publiques en
plus. »

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