Respecter l’environnement, « une obligation pour tous », selon la gardienne de but du PSG Arianna Criscione

"Nous n'avons qu'un seul monde, il est important de le respecter", selon Arianna Criscione, gardienne de but au Paris Saint-Germain.

Le football a un impact non négligeable sur l’environnement et le climat. Dans un entretien exclusif pour Euractiv France, Arianna Criscione, gardienne de but et Women’s Sponsorship Manager au Paris Saint-Germain (PSG), parle de ses engagements verts.

Arianne Criscione est la troisième gardienne de but et responsable du sponsoring pour l’équipe des femmes du PSG depuis juillet 2019. La Californienne a commencé sa carrière de footballeuse professionnelle en Europe après avoir joué pour des équipes universitaires aux États-Unis. Elle a récemment rejoint le programme Football4Climate en tant qu’ambassadrice et fait partie du réseau EcoAthletes.

Madame Criscione, vous êtes ambassadrice du programme Football4Climate et championne chez EcoAthletes. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager sur des questions environnementales ?

Au fait, je ne suis pas vraiment une environnementaliste, mais je vois qu’il y a beaucoup de choses qui ne marchent pas bien. Dans le monde du foot, on utilise trop de bouteilles d’eau en plastique et on génère trop de déchets avec le taping, les serre-têtes en plastique par exemple. Je pense qu’on peut trouver des meilleures alternatives. Lors des matchs, avec les fans qui mangent et boivent dans le stade, trop de produits sont utilisés pendant cinq minutes avant d’être jetés. Même en pratiquant la collecte et le tri, il y a toujours trop de déchets lors des matchs. Par ailleurs, notre centre d’entrainement est sur une petite île sur la Seine, à Paris, donc on est toujours à côté de l’eau et on voit que ce n’est jamais vraiment propre, que les gens y jettent leurs déchets. C’est horrible, ces plastiques sont là pour toute une vie. Je voudrais y trouver des solutions durables.

En tant que sponsorship manager au PSG, comment vous y prenez-vous ?

Je cherche des sponsors plus équitables et qui voudraient nous aider à changer les choses petit à petit. L’environnement est une thématique très importante pour le club en ce moment. Au siège aussi, j’ai commencé à mettre en place des changements. Avant, tout était en plastique, on buvait un café et on jetait le gobelet. Maintenant, il n’y a plus de vaisselle en plastique mais des verres et des tasses lavables. On a aussi donné des bouteilles réutilisables à tous les salariés.

Et puis, il y a le nouveau centre d’entraînement où le PSG s’engage sur plusieurs volets dont l’environnement. Je pense que le club est sur la bonne voie, mais aussi qu’on peut toujours progresser. Je voudrais par exemple trouver des sponsors qui souhaiteraient nous suivre et travailler sur les sujets environnementales avec nous.

Et en tant qu’ambassadrice pour Football4Climate et EcoAthlete ?

Chez Football4Climate, l’idée est de formuler des messages pour aider les gens à comprendre pourquoi c’est important de protéger le climat et l’environnement, mais on vient juste de commencer le travail. A mon avis, c’est difficile pour beaucoup de gens de comprendre pourquoi et comment il faut faire les choses. Par exemple, le recyclage: Je trouve qu’en France, c’est difficile de bien faire le tri. On doit sortir de chez soi, aller loin pour déposer le verre, donc on doit d’abord le mettre de côté chez soi – ce n’est pas confortable. Et quand les choses ne sont pas confortables, souvent les gens ne les font pas. Aux États-Unis, dès le plus jeune âge on comprend que c’est important de faire le recyclage – et puis c’est facile. On a trois différents bacs devant chez soi, et cette facilité change beaucoup de choses. En France ce n’est pas facile, donc c’est important de faire passer des messages pour aider les gens à comprendre l’importance de ces gestes et à faire mieux.

Avec EcoAthletes, c’est un peu différent. Football4Climate est vraiment là pour aider le monde du foot et communiquer avec les supporters. EcoAthletes est plutôt un groupe de réflexion qui regroupe des professionnels de différents sports pour discuter ensemble des solutions à apporter à l’enjeu environnemental dans le sport.

Vous êtes la première personne du milieu du football à avoir rejoint les EcoAthletes. Est-ce que le football est en retard sur les questions environnementales ?

Non, je ne suis pas sûre de ça. Je connais d’autres footballeuses et footballeurs qui sont très engagés sur ce sujet. Et EcoAthletes n’est pas le seul groupe de réflexion, donc c’est peut-être tout simplement que les footballeuses et footballeurs sont engagés ailleurs.

Selon vous, quel rôle les footballeuses et footballeurs professionnels devraient jouer dans la lutte pour la protection de l’environnement ?

Je ne crois pas que les footballeuses et les footballeurs sont obligés de jouer tel ou tel rôle. La seule chose qu’on doit faire, c’est bien jouer au football. On doit être des bons athlètes et vivre pour le sport. S’engager en plus de ça, c’est bien. Mais ça ne doit pas être une obligation. Alors si tu as une opinion et que tu veux utiliser ta plateforme, oui, c’est génial parce que tu as des supporteurs et que les gens t’écoutent. Mais à mon avis, il ne faut pas forcer les athlètes à faire ou dire quelque chose. Quand un athlète choisit de s’engager, on sent que c’est quelque chose qui lui tient à cœur, et qu’il y a une vraie volonté de passer des messages.

Quel  message souhaitez-vous adresser à vos supporters ?

J’ai envie de dire que nous n’avons qu’un seul monde, et que c’est très important de bien faire les choses. Pour moi, c’est une question de respect. Je viens de la Californie du Sud donc j’ai grandi près de la mer et pour moi, voir tout ce que les gens jettent dans l’eau, voir tous ces plastiques avec les poissons et les tortues est inconcevable. Donc quand on consomme quelque chose, on doit respecter le monde autour de nous et trier nos déchets. Ça, je crois que tout le monde à l’obligation de bien le faire.

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LIFE TACKLE est cofinancé par le programme LIFE Gouvernance et information en matière d’environnement de l’Union européenne - Référence LIFE17 GIE/IT/000611



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