Le FC Metz mise sur une pelouse plus écolo

Au FC Metz, lors des travaux de rénovation de la pelouse, en 2019, le club a fait le choix de créer une sous-station afin de se raccorder au réseau de la ville de Metz pour bénéficier du chauffage urbain produit par la biomasse. [Michel PIERRAT]

Arrosage, lumière, engrais… Le bilan carbone d’une pelouse de stade de football n’est pas anodin. Alors que l’Union européenne vient de relever son ambition climatique, les clubs de football européens se mettent au vert, à l’image du FC Metz, où l’on tente de concilier sport et écologie. 

Dans un stade de foot, la pelouse se doit d’être « irréprochable », affirme Nicolas Vincent, responsable Maintenance et Travaux au FC Metz, 10e au classement de la Ligue 1. Une pelouse mal entretenue, c’est le risque d’être mal noté par la Ligue de Football Professionnel (LFP), qui organise, lors de chaque saison sportive, le « Championnat des Pelouses ».

Le concours récompense les meilleures pelouses des matchs de Ligue 1 et Ligue 2. Parmi les critères : la couleur de la pelouse, la densité du terrain (présences de zones abîmées), la qualité du tapis végétal ou encore la souplesse et la dureté du sol. 

Autant de critères qui nécessitent un entretien impeccable du terrain tout au long de l’année. Mais jouer sur une pelouse irréprochable a un coût : « On la chauffe, on l’arrose et on l’éclaire. Ça peut choquer mais c’est notre outil de travail », martèle le responsable Maintenance et Travaux du club. « On ne peut pas se permettre d’avoir une pelouse qui gèle, qui serait dégradée pour tout le reste du championnat », justifie-t-il.

Un coût énergétique qui va à l’encontre de la déclaration mardi (20 avril) de la Commission européenne de réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre de ses États membres d’ici 2030. 

C’est pourquoi de nombreux clubs européens ont déjà entamé leur transition énergétique, comme le Liverpool FC, qui, en 2018, a réduit de 10% son empreinte carbone et de 99% l’utilisation de plastique dans ses espaces de restauration. Le club anglais s’est vu décerner le prix « Carbon of the Year ». 

Le projet GREENFOOT, financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union Européenne, en partenariat avec l’European Football for Development Network (EFDN), s’est également saisi du sujet. Les fonds sont destinés à rénover les bâtiments sportifs afin qu’ils consomment moins d’énergie. 

Car, au delà des pelouses, les vestiaires, les éclairages, les écrans, les déchets, ou encore les voitures des supporters sont tout autant de facteurs qui font grimper la facture énergétique. 

Football Ecologie France appelle à l' "éco-supporterisme"

Le football n’est aujourd’hui pas perçu comme un sport éco-responsable – mais il a les moyens de devenir l’un des vecteurs majeurs de la transition écologique : tels sont les résultats de la consultation « Football et Transition Écologique » publiée vendredi (5 mars) par Football Écologie France.

Un cahier des charges plus écologique 

Retour au FC Metz. Pour tenter d’avoir une pelouse plus respectueuse de l’environnement, le club contre-attaque. À commencer par le chauffage. Le terrain est raccordé au réseau de la ville de Metz pour bénéficier du chauffage urbain produit par la biomasse. « C’est une source de chauffage plus propre pour nous », se réjouit Nicolas Vincent. 

L’arrosage est également dans la ligne de mire. « On a la chance, au niveau du stade, de nous trouver sur la nappe de la Moselle qui est peu profonde, et qui est tout le temps alimentée en eau. La ressource est maitrisée, on l’a sur place », poursuit-il. L’herbe prend ce dont elle a besoin et via le réseau de drainage et de filtration l’excédent repart dans la nappe. 

Ces améliorations techniques font partie du cahier des charges des travaux de rénovations entrepris par le club. Impossible de faire l’impasse sur les problématiques liées à l’écologie : « les autorités sont vigilantes sur tous ces points là. Les réglementations évoluent, elles vont vraiment dans le sens de l’environnement. On est soumis à des règles assez strictes », souligne M. Vincent. 

Pour la lumière, c’est plus compliqué, reconnaît le responsable. La nouvelle tribune est imposante, empêchant la lumière naturelle de passer, et ainsi d’éclairer la pelouse. « On a essayé de travailler sur toute une zone translucide sur l’avant de la toiture pour limiter l’impact de la construction sur la pelouse et limiter ses besoins complémentaires en luminothérapie », explique-t-il.

Les travaux de rénovation doivent durer encore un an. Le club veut montrer l’exemple et assume sa responsabilité énergétique. « On est une vitrine, on est très exposés, on se doit d’être exemplaires », conclut Nicolas Vincent. 

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LIFE TACKLE est cofinancé par le programme LIFE Gouvernance et information en matière d’environnement de l’Union européenne - Référence LIFE17 GIE/IT/000611



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