Chômage des jeunes : l’Europe en quête d’idées

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Les ministres de l’Emploi se retrouvent le 3 juillet à Berlin. Pour le moment, les propositions évoquées sont surtout du recyclage.

François Hollande craint qu’une « rancoeur » à l’égard de l’UE ne se développe chez les générations frappées par le chômage. Le Président français s’est exprimé, mardi 28 mai à Sciences Po Paris, à l’occasion d’une journée de débats sur l’avenir de l’Union européenne en partenariat avec l’Institut Berggruen.

En moyenne, 23% des 18-25 ans actifs dans l’UE sont sans emploi. Le taux est extrêmement variable selon les Etats, de 8% en Allemagne à près de 60% en Grèce.

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Le Parlement européen demande que le problème soit traité en priorité depuis plusieurs mois.

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Pour tenter d’inverser la tendance, M. Hollande plaide pour une stratégie européenne commune. 

La BEI, nouvel eldorado 

« Nous sommes d’accord, avec Madame Merkel, pour un véritable plan pour l’emploi des jeunes d’ici la fin de l’année », a précisé M. Hollande. 

Pour le moment, les mesures évoquées ressemblent surtout au service après vente de propositions déjà connues. Ainsi, François Hollande a insisté sur la nécessité de préparer la mobilisation des six milliards d’euros prévus dans le budget européen 2014-2020 pour lutter contre le chômage des jeunes.

Les promesses de garanties se multiplient pour parer au chômage des jeunes

Même chose concernant la Banque européenne d’investissement. Grâce au Pacte de croissance de juin 2012, son capital a été augmenté de 10 milliards d’euros. Cette somme doit lui permettre de lever 60 milliards d’euros sur les marchés pour financer des infrastructures ou d’autres investissements.

Augmentation de 10 milliards du capital de la BEI

Aujourd’hui, cet argent est mis en avant dans la lutte contre le chômage des jeunes, sans que de nouveaux fonds soient mobilisés. Le président de la BEI, Werner Hoyer craint d’ailleurs que «les attentes à l’égard de la BEI aillent au-delà du possible».

Problème des liquidités 

Le président de la République souhaite aussi mettre l’accent sur la mobilité en élargissant le programme Erasmus au plus grand nombre, en particulier aux apprentis.

L’idée n’est pas nouvelle, les institutions européennes débattent depuis plusieurs mois d’une réforme du programme phare de l’UE. La commission Culture du Sénat français s’est prononcée en faveur de ce projet, il y a un an.

Le Sénat soutient le projet « Erasmus pour tous »

Enfin, M. Hollande a exprimé le souhait de voir les entreprises disposer de plus de liquidités pour investir et embaucher.

Or, pour ce faire, il faudrait que la Banque centrale européenne ouvre de nouveau les vannes. Mais la BCE est « indépendante », a rappelé François Hollande. 

Les Etats doivent examiner les propositions de la Commission lors du sommet des 27 et 28 juin. Quelques jours plus tard, le 3 juillet, les ministres de l’Emploi se réuniront à Berlin pour débattre des solutions envisagées.

La chancelière allemande et le président français seront aussi présents, en compagnie de la présidence tournante de l’UE, qui sera alors assurée par la Lituanie.

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