Clubs de foot et Banques Alimentaires : des partenariats contre le gâchis alimentaire

Chaque année, des dizaines de tonnes de denrées alimentaires restent invendus lors des matchs de football. [wideonet/Shutterstock]

Les évènements sportifs génèrent d’importantes quantités de déchets alimentaires. Lacune à laquelle plusieurs clubs de football en France ont trouvé une solution : une coopération avec les Banques Alimentaires.

Depuis quelques années, ce type de coopération permet d’offrir les produits alimentaires invendus les soirs de match aux Banques Alimentaires. La fédération des Banques Alimentaires compte une bonne dizaine de clubs de football français parmi ses partenaires, dont des grands clubs comme l’Olympique Lyonnais (OL) et l’Olympique de Marseille (OM).

Chaque lendemain de match, les bénévoles des Banques Alimentaires se rendent aux stades des clubs de foot partenaires pour collecter les aliments invendus de la veille et les redistribuer aux personnes en difficulté.

Coopérer avec la Banque Alimentaire aura ainsi permis à l’OM d’offrir plus de 22 tonnes de denrées entre septembre 2019 et août 2020. Chez l’OL, ce sont entre 3 et 6 tonnes de nourriture collectées et offertes par saison. « Les invendus sont variables selon les matchs », explique Maëlle Trarieux, responsable RSE de l’OL et Déléguée Générale de l’OL Fondation. Pour les matchs à forte affluence, le poids des denrées invendus peut atteindre jusqu’à 500 kilos.

Le partenariat, en place depuis 2014 côté OM, a « un intérêt écologique, car il réduit les déchets organiques », expliquent Lucie Venet, directrice d’OM Fondation, et Anne-Charlotte Blanc, responsable RSE de l’OM. « Mais, il répond également à un enjeu de solidarité car les denrées sont distribuées à des personnes dans la grande pauvreté. »

Même motivation chez l’OL. « Lorsque nous sommes entrés dans notre nouveau stade à Décines-Charpieu en 2016, nous sommes passés sur des affluences beaucoup plus importantes« , raconte Mme Trarieux. « Nous nous sommes alors rapidement rendu compte que nous devions lutter contre le gaspillage alimentaire. »

Avec une antenne à proximité du stade, la Banque Alimentaire se présentait comme « le partenaire idéal pour nous aider à mettre en place un circuit de récupération des invendus », selon la responsable RSE de l’OL. Et de donner en plus une « finalité sociale à ces produits en les proposant à des bénéficiaires ou des acteurs sociaux présents sur le même territoire que nous. »

Clubs de foot zéro gaspillage : "On sent la volonté de bien faire chez les gens"

Réduire la production de déchets lors des manifestations sportives reste un défi pour les clubs de football en France. Dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire, une collectivité publique accompagne des clubs pour atteindre l’objectif zéro gaspillage.

Des déchets en moins et de l’engagement pour une cause solidaire : ces objectifs font également partie de la Charte des 15 engagements éco-responsables des organisateurs d’événements sportifs, lancée en 2017 par le Ministère des Sports et WWF France. Charte signée depuis par de nombreux clubs sportifs, dont l’OL et l’OM.

« Notre activité entraîne des répercussions sur la société et l’environnement« , estime-t-on côté OM. Or, « en tant qu’acteur incontournable du territoire, nous avons la possibilité de jouer un rôle de cohésion sociale. » Inscrit dans une démarche de développement durable, le club s’engage donc à « renforcer sa contribution positive au territoire et à la société » et à limiter son empreinte sur l’environnement.

Les confinements puis la reprise des compétitions sans ou avec très peu de spectateurs dus à la crise du nouveau coronavirus auront évidemment rompu cette dynamique, mais pas uniquement dans le mauvais sens. À l’Olympique de Marseille, les commandes en denrées alimentaires qui avaient été passées avant la crise ont toutes finies par être redistribuées par la Banque Alimentaire. Ce qui a, in fine, « considérablement augmenté le volume » des dons et évité un gaspillage alimentaire de taille.

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