Clubs de foot zéro gaspillage : « On sent la volonté de bien faire chez les gens »

Avec 2,5 millions de manifestations sportives par an, les clubs de sport génèrent une grande quantité de déchets. Beaucoup de ces déchets peuvent être évités par des bonnes pratiques. [koonsiri boonnak/Shutterstock]

Réduire la production de déchets lors des manifestations sportives reste un défi pour les clubs de football en France. Dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire, une collectivité publique accompagne des clubs pour atteindre l’objectif zéro gaspillage.

Canettes de soda, bouteilles jetables, emballages et gobelets en plastique. « La vie d’un club de sport et l’organisation de compétitions sportives génèrent une quantité de déchets non négligeable », peut-on lire sur le site internet du VALTOM. D’autant plus que des manifestations sportives, il y en a 2,5 millions en France chaque année.

Pour réduire la production des déchets évitables au sein des clubs de sport, le VALTOM, collectivité publique en charge de la valorisation et du traitement des déchets ménagers du Puy-de-Dôme et du nord de la Haute-Loire, a donc lancé un dispositif inédit l’an dernier.

En partenariat avec l’ADEME (l’Agence de la transition écologique) et les collectivités en charge de la collecte des déchets, il accompagne actuellement sept clubs de sport dans une démarche appelée « Mon club de sport zéro déchet, zéro gaspillage ».

Le projet s’inscrit dans une logique de long-terme : labellisé Territoire Zéro Déchet Zéro Gaspillage par le ministère de l’Environnement en 2015, le VALTOM s’engage depuis dans une démarche d’économie circulaire.

Les éco-manifestations constituent un des volets de cet engagement. Raison pour laquelle le VALTOM a, pour la première fois, lancé un appel à projets pour les clubs de sport à l’automne 2019. Parmi les sept clubs accompagnés depuis, deux sont des clubs de football : le C.S. Pont-du-Château et le Dômes Sancy Foot.

« Il faut sensibiliser les enfants »

« Nous voulions participer à ce projet dans le cadre de notre labellisation Jeunes Espoir FFF », explique Yves Mazet, éducateur sportif au C.S. Pont-du-Château et référent du projet pour son club. Le label comprend le déploiement d’un programme éducatif et l’environnement en est l’une des thématiques principales. « Il faut sensibiliser les enfants car c’est eux, les principaux moteurs de ces thématiques à l’avenir », estime Mazet.

Même logique du côté du Dômes Sancy Foot, lui aussi dans une démarche de labellisation FFF. « Le club de football est le troisième lieu où les enfants apprennent des choses, derrière le domicile familial et l’école », selon Thomas Soubre, responsable des jeunes et référent du projet au club de football.

Et le VALTOM offre des interventions pour sensibiliser au tri des déchets, justement. Un beau complément pour la thématique de l’environnement dans le cadre du programme éducatif des clubs.

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Tri, gourdes, produits locaux 

Plus globalement, le projet « Mon club de sport zéro déchet » fonctionne en deux temps. « Nous avons d’abord réalisé un diagnostic de pratique et un diagnostic des déchets pour voir quelles sont les occasions qui génèrent les déchets au sein des clubs et en quelle quantité. Ça nous permet ensuite de définir des pistes d’action », explique Emmanuelle Pannetier, référente du projet au sein du VALTOM.

Avec ses collègues, elle propose ensuite plusieurs actions : tout d’abord, la mise en place de poubelles de tri, en coopération avec les collectivités en charge de la gestion des déchets. Le dispositif est complété par des consignes visuelles et un temps de sensibilisation sur le tri par des intervenants du VALTOM.

Ensuite, l’utilisation de gourdes au lieu de bouteilles et gobelets jetables. « C’est une action phare qui est très sollicitée par la plupart des clubs », selon Pannetier. Les deux clubs de foot accompagnés ont effectivement prévu d’équiper tous leurs licenciés avec des gourdes.

Réduire les déchets lors des buvettes constitue une autre action importante, explique Pannetier. Remplacer les gobelets en plastique par des éco-cups ou, mieux encore, de verres lavables, par exemple. Servir à boire depuis des grandes bouteilles et non pas des canettes. Ou encore, favoriser les produits locaux s’ils sont consignés – et abordables.

« On travaille aussi sur les lots cadeaux lors des tournois », affirme Pannetier. « On essaye de faire passer les clubs sur des cadeaux dématérialisés, comme des abonnements au cinéma par exemple, ou alors des cadeaux zéro déchet comme des gourdes ou des produits alimentaires, locaux et si possible bio. »

Des plans d’actions en stand-by depuis le printemps

Beau programme – arrêté d’un coup sec par la crise sanitaire cette année. « On avait commencé à mettre en oeuvre notre plan d’action », raconte Yves Mazet, avec notamment une première sensibilisation des enfants au tri, lors des vacances de l’hiver. Mais depuis, plus rien.

Le VALTOM a donc décidé de prolonger l’accompagnement d’un an, alors qu’il aurait du prendre fin en juin 2020.

« C’est une coupure pénible pour nous, la dynamique s’est arrêtée », regrette Mazet. « Le projet n’est pas oublié, tout est prêt chez nous, mais relancer la machine après chaque confinement, c’est pénible. »

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Un projet attendu par les joueurs de football

Au C.S. Pont-du-Château, on voudrait notamment équiper chaque enfant avec une gourde, acheter des éco-cups pour la buvette et redistribuer des poubelles. « Et on a aussi prévu de travailler avec les fournisseurs d’équipements pour diminuer les suremballages », explique Mazet.

Côté Dômes Sancy Foot, on prévoit également d’acheter des gourdes pour tous les joueurs. En plus, « on voudrait mettre en place du troc vestimentaire et aussi sensibiliser le plus possible les visiteurs lors des tournois et des animations au club », affirme Thomas Soubre. « Et on va faire du tri à 100%. »

Le projet du zéro gaspillage aurait par ailleurs été bien accueilli par les licenciés. « Beaucoup se réjouissent du projet qui a été mis en place », affirme Soubre. « On commence à avoir des questions sur le tri, on sent qu’il y a toujours une volonté de bien faire chez les gens. »

Une volonté ressentie du côté VALTOM également. « On avait envoyé un questionnaire à tous les adhérents des clubs pour les informer de la démarche et pour leur demander leur avis », raconte Pannetier. « Ça a permis de voir qu’il y a beaucoup d’adhérents qui soutiennent ces initiatives. Et qu’ils les attendaient même depuis longtemps. »

Mais pour le moment, les éducateurs et joueurs attendent surtout une chose : le retour sur le terrain.

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