COP23: la cause des femmes progresse un peu

Premières victimes du réchauffement, les femmes sont sous-représentées dans les COP. [Grigvovan /Shutterstock]

La COP 23 devrait adopter un plan d’action pour l’égalité des sexes. Peu connue, cette question est pourtant fondamentale. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Il ne sera pas dit que l’on ne parle pas de sexe dans une COP. Il y a 10 jours, le sommet Climat de Bonn a débuté avec les accusations de harcèlement portées par une ancienne négociatrice. Un témoignage qui a beaucoup fait jaser à Bonn. Les choses n’en sont pas restées là. Ce mercredi 15 novembre, la COP devrait adopter un plan d’action en faveur de l’égalité des sexes. Mais il ne s’agit pas d’un contrecoup du scandale du début de première semaine.

L'Afrique et l'Europe face au défi de l'émancipation des femmes

Les violences faites aux femmes et aux jeunes filles sont à l’origine de la discrimination et du manque d’autonomie. Un problème qui n’est pas uniquement africain, ont expliqué les intervenants de la conférence « émancipation politique des femmes en Afrique et en Europe ».

Corvées de bois et d’eau

Depuis des années, les COP phosphorent sur la problématique du genre et du réchauffement. Dans de nombreux pays en développement, les femmes sont les premières victimes des conséquences des changements climatiques. Corvées de bois et d’eau, intoxication par les fumées des foyers domestiques. Sans compter de possibles effets des fortes périodes de sécheresse sur la physiologie des femmes. «Ce sont elles qu’il faut former aux économies d’énergie; elles qui seront les premières bénéficiaires de l’introduction des énergies renouvelables et elles qui souffriront le plus de la baisse de la ressource en eau ou des dégradations environnementales», rappelle-t-on à l’Institut de la francophonie pour le développement durable.

Plan d’action

Victimes, les femmes sont très faiblement présentes au sein des nombreuses institutions participant à la négociation climatique. Raison pour laquelle avait été décidé, en 2014 lors de la COP 20, d’élaborer un plan visant à reconnaître le rôle des femmes sur le terrain et à accroître leur représentation dans les organes de décision onusiens. Exhortation reprise deux ans plus tard lors du sommet climatique de Marrakech.

Ligne de front

«Pour que les voix des femmes soient entendues et que leurs besoins et préoccupations spécifiques soient prises en compte dans l’action pour le climat, il faut continuer à renforcer la participation des femmes, en particulier celles venant du terrain, dans les forums internationaux et les instances dirigeantes, où elles pourront veiller à la mise en œuvre, dans l’espace politique, du principe d’égalité des sexes. Il faut aussi que l’élaboration et la mise en œuvre des politiques soient davantage éclairées par l’expérience vivante de celles qui se trouvent sur la ligne de front face au changement climatique», soulignait il y a quelques jours l’ancienne ambassadrice française au climat Laurence Tubiana.

8 pages un peu théoriques

C’est l’objet du plan d’action qui doit être adopté à Bonn. Encore très théorique, ce programme de 8 pages préconise d’organiser des ateliers pour inciter les États à donner plus de places aux femmes dans les délégations d’experts, de négociateurs et de diplomates. Dès l’an prochain, les gouvernements devront présenter un premier bilan des actions mises en œuvre. Les délégations nationales envoyées aux sommets annuels et aux réunions de préparation devront se féminiser. Les pays dont les équipes seront les plus paritaires auront plus de chance de décrocher des postes de responsabilité dans les organes onusiens traitant du climat.

Les femmes de la Méditerranée, moteur de développement et de stabilité

Les femmes, trop absentes des prises de décision, trop peu insérées dans le marché du travail formel, trop souvent victimes de violence, constituent pourtant l’un des espoirs de la Méditerranée.

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