Coronavirus : les Roms pointés du doigt en Slovaquie

Dans un campement rom en Slovaque, des enfants jouent au pied d'un mur en béton de deux mètres de haut, financé par les résidents du quartier. [EPA/ATTILA BALAZS HUNGARY OUT]

Plusieurs communautés roms de Slovaquie ont été placées en quarantaine et vivent coupées du monde depuis début avril. Des mesures similaires ont été prises dans toute l’Europe centrale et orientale, dénonce Amnesty International. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

À Žehra, dans l’est de la Slovaquie, le petit quartier de Dreveník vit des jours difficiles. Ses huit cents habitants, tous d’origine rom, vivent coupés du reste du monde depuis le 8 avril, jour où le Premier ministre Igor Matovic (OLaNO, centre droit), a décrété leur mise en quarantaine pour cause de COVID-19.

L’armée a ceinturé le quartier, la police effectue des patrouilles et la communauté survit, depuis, grâce à un camion qui vient l’approvisionner en vivres. Avec sa vue sur le monumental château fort de Spiš, le lieu pourrait être bucolique, mais le journal Denník N le décrit comme « l’un des pires endroits où vivre en Slovaquie », « d’une pauvreté inimaginable ».

Dans cette région aux confins orientaux de la Slovaquie et de l’Union européenne, cinq   « ghettos » rassemblant plus de six mille personnes ont été bouclés de la même façon. Une campagne de dépistage a détecté trente et une personnes infectées par le coronavirus, vraisemblablement par des travailleurs de retour du Royaume-Uni, désormais au chômage.

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