Edouard Philippe se dit déterminé alors que l’appel à la grève en décembre s’étend

Edouard Philippe ne compte pas reculer sur la réforme des retraites. EPA

 

La détermination du gouvernement ne faiblit pas face à une grogne sociale protéiforme qui résiste à la relative embellie économique. Syndicats, gilets jaunes et enseignants expriment aussi l’essoufflement du contrat social.

Le gouvernement français est déterminé à pousse sa réforme des retraites, quitte à bloquer une partie de la France, alors qu’un appel à la grève illimitée au 5 décembre initialement lancée par le syndicat CGT-Cheminots, à la RATP pour refuser la modification des régimes spéciaux de retraite prévus par la réforme, fait tache d’huile.

La plupart des syndicats ont en effet rejoint le mouvement : la CGT, FO, FSU et Solidaires ; chez les enseignants, le syndicat SE-UNSA a aussi rejoint l’appel.

« Chaque fois que nous touchons au système des retraites, il y a des grèves. Je ne dis pas que nous éviterons les grèves, même de longues grèves, mais mon but est de montrer aux Français que le futur système est plus avantageux, plus juste et plus solide » a expliqué le Premier ministre Édouard Philippe à Bloomberg, le 12 novembre.

La grogne sociale ne se limite pas aux retraites. Alors que la reprise s’est installée en France, et que le taux de chômage est au plus bas depuis une dizaine d’années, le ressenti de beaucoup de Français est loin d’être à l’apaisement. Le PIB français est attendu en hausse de 1,3 % pour 2019, au-dessus de celui de la zone euro (1,2 % selon l’Insee), alors que les mesures prises en faveur des ménages se répercutent sur la consommation.

De nombreux secteurs d’emploi sont en tension et ne trouvent pas de candidats, surtout pour des fonctions manuelles comme la charpente, la plomberie ou la restauration, mais aussi dans le secteur informatique.

Le contrat social remis en cause

Le mouvement des gilets jaunes, déclenché il y a tout juste un an par une manifestation importante le 17 novembre, s’est certes essoufflé, mais certains d’entre eux restent très mobilisés. Les mesures coûteuses annoncées par le gouvernement pour répondre aux problèmes pointés du doigt par les gilets jaunes — 17 milliards d’euros sous forme de revalorisation de la prime d’activité et de baisses de la fiscalité —  n’ont pas suffi. Lors d’une assemblée des assemblées, les Gilets jaunes ont choisi, à Montpellier, de se joindre au mouvement syndical du 5 décembre.

Les gilets jaunes pris au piège des réseaux sociaux

Alors qu’ils entrent dans leur quatrième semaine de contestation, les gilets jaunes continuent de s’activer sur Facebook. Si le réseau social a permis au mouvement de croître, il peine à faire émerger une structure.

« Nous sommes toujours les invisibles », a assuré Ingrid Levavasseur, une des figures des gilets jaunes qui avait tenté sans succès de constituer une liste lors des élections européennes, lors d’un débat au Forum pour la paix à Paris, le 13 novembre. Michel Colombier, directeur scientifique de l’IDDRI, soulignait alors que « nos sociétés s’appuient sur un contrat social  qui n’est plus adapté à la réalité ».

Les revendications des étudiants devraient de surcroît s’ajouter à celles des travailleurs, après l’immolation par le feu d’un étudiant à Lyon II, qui a entraîné de nombreuses manifestations dans d’autres universités. Les étudiants dénoncent la précarité de leur situation, alors que certains peinent à se soigner ou manger.

Le mouvement pour les régimes de retraite spéciaux n’avait pas rallié un soutien énorme lors de la grève du 13 septembre, mais les accumulations de revendications de tous les mécontents suscitent un risque croissant de blocage sérieux pour le mois de décembre prochain.

Bruxelles garde un œil sur le coût des annonces de Macron

La France est dans le collimateur de la Commission européenne depuis hier soir. Le financement des mesures annoncées fait craindre un dépassement des 3 % de déficit autorisés par les traités.

 

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