Face au « On ne peut plus rien dire », des astuces pour passer Noël sans remarques sexistes

Le guide propose également des réparties à différentes remarques sexistes sur plusieurs modes : humoristique, cynique, factuelle. [Agave Studio_Shutterstock]

Dans son « guide anti-sexiste », le collectif NousToutes propose des ripostes aux diverses remarques sexistes susceptibles de faire surface pendant les repas de fêtes.

Certes les petits fours côtoieront certainement le gel hydroalcoolique, et le nombre de convives sera peut-être plus restreint que l’an passé, mais la pandémie du Covid-19 n’a pas signée la fin de toutes les traditions de Noël. À la lueur des guirlandes lumineuses, les tablées risquent d’être tout aussi bruyantes, même à un mètre de distance.  Après les élucubrations sur les vaccins à l’apéro, suivi d’un peu de politique au repas, les remarques sexistes accompagneront peut-être la dégustation de la bûche.

« En France en 2020, les femmes n’ont plus trop à se plaindre. Regardez en Afghanistan », soulignera doctement Tata, appuyée par Papa : « De toute façon, les féministes exagèrent. On ne peut plus rien dire. » Et Mamie, pleine de bonne volonté : « Tu n’as toujours pas de copain ? Et les enfants, c’est pour quand ? » Pour toutes ces petites remarques, et pour déguster sa bûche trois-chocolats en tout tranquillité, le collectif féministe NousToutes a préparé la parade : un « guide anti-sexiste » pour clouer le bec aux lourdauds pendant les repas de famille.

« Ce que tu dis me met mal à l’aise »

Le kit débute par des astuces simples mais efficaces. Affirmer que « ce que tu dis me met mal à l’aise » ; renvoyer la question à son interlocuteur ;  chercher des alliés dans le groupe… Le but : rester calme pour mieux renvoyer les clichés sexistes au placard – tout en s’assurant de passer une bonne soirée malgré les esprits échauffés par le vin blanc.

Le guide propose également des réparties à différentes remarques sexistes sur plusieurs modes : humoristique, cynique, factuelle… Au fameux coup du « On n’est pas en Afghanistan ! Chez nous, les femmes n’ont pas trop à se plaindre », pourquoi ne pas rappeler quelques chiffres ? « En France, les femmes sont payées 24% de moins. Elles assument la majorité des tâches domestiques. Une femmes sur dix est victime de violence au sein du couple », peut-on lire dans le guide.

Et face au sempiternel « On ne peut plus rien dire », soyons cynique : « T’as raison. La France part en sucette là. On peut plus faire tranquillement de remarques antisémites, homophobes, raciste ou sexistes. Merde à la fin, vive la liberté d’expression. »

Quant au légendaire « Et les enfants, c’est pour quand ? », le collectif féministe a prévu une réponse particulièrement croustillante : « Alors justement, je suis contente que tu lances le sujet. Parce que je me disais que ma vie sexuelle et mon ovulation étaient des sujets supers pour passer de l’entrée au plat principal. »

Le kit comporte encore bien d’autres ripostes pour éviter les stéréotypes de genre. Et si ces réponses n’arrivent toujours pas à convaincre la tablée, l’année 2020 a été suffisamment mouvementée pour détourner le sujet vers d’autres débats. Alors, le ou la Covid ?

Diplomatie féministe, enjeu de communication ou réel axe de politique étrangère ?

Introduite en 2018 en France, la notion de diplomatie féministe reste floue. Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes a remis au Quai d’Orsay un rapport faisant le point sur cet axe de politique étrangère.

Subscribe to our newsletters

Subscribe