La clé de la relance européenne réside dans le système de protection sociale, selon les dirigeants e

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Cet article fait partie de l'édition spéciale European Business Summit.

Les leaders européens, réunis aujourd’hui (20 mars) à Bruxelles, ont rejeté les pressions des Etats-Unis demandant d’augmenter le montant des plans de relance. Ils ont en effet préféré placer leurs espoirs de relance économique dans le domaine social.

Dans un contexte où le chômage ne cesse d’augmenter et que des troubles sociaux éclatent aux quatre coins de l’Europe (deuxième grève en sept semaines hier en France), le projet de conclusions du sommet européen, consulté par EURACTIV, stipule que la voie de la relance européenne passe par la solidarité et les systèmes de protection sociale, qui devront pleinement jouer leur rôle de stabilisateurs automatiques. 

La confiance des leaders européens en la capacité du modèle social européen à soutenir les Etats membres au pire moment de la crise a été soulignée par le président de la Commission, José Manuel Barroso, hier (19 mars). Il a en outre comparé la situation des Européens qui ont récemment perdu leur emploi à celle de leurs homologues américains. 

En Europe, a-t-il expliqué, le système social permet à de nombreux chômeurs de continuer à percevoir la moitié de leur ancien revenu, maintenant ainsi leur capacité à survivre et à consommer. Aux Etats-Unis, par contre, une telle sécurité n’existe pas ; des milliers d’Américains survivent grâce à des bons d’alimentation, a-t-il relevé.

Les conclusions du sommet arguent également que dans le contexte de la crise actuelle, la stratégie de Lisbonne renouvelée reste le meilleur moyen de promouvoir la croissance et l’emploi durables. En d’autres termes, les plans de relance offrant une amélioration à court terme, ils ne seront efficaces que s’ils sont ancrés dans le cadre à long terme du système européen de création d’emploi. 

Malgré des affirmations d’économistes américains de renom selon lesquels la réponse européenne actuelle est complètement inappropriée et que le continent nécessite un plan de relance durable et de grande ampleur (EURACTIV 19/03/09), les leaders européens tiennent bon. Selon eux, leur plan de relance, qui devait à l’origine représenter 1 ou 2 % du PIB européen, atteindra désormais le taux de 3,3 % (soit plus de 400 milliards d’euros), une fois inclus les stabilisateurs automatiques (i.e. les dépenses de sécurité sociale extraordinaires induites par la récession). 

Bien qu’il faudra du temps pour que les effets positifs se ressentent, l’effort fiscal générera de nouveaux investissements, stimulera la demande et créera des emplois, peut-on lire dans les conclusions du sommet. 

L’UE tiendra un sommet sur l’emploi le 7 mai à Prague. A cette occasion, elle évaluera les résultats du paquet de relance et identifiera de nouveaux moyens novateurs de restructurer à l’avenir le marché du travail de l’UE. 

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