Le maire de Gdansk succombe à ses blessures

epa07283286 Pawel Adamowicz, maire de Gdansk, le 13 octobre 2018. EPA-EFE/Adam Warzawa POLAND OUT

Le maire de la ville de Gdańsk, Paweł Adamowicz, attaqué au couteau dimanche soir, a succombé lundi à ses blessures, a annoncé le ministre polonais de la Santé Lukasz Szumowski.

Paweł Adamowicz, qui était âgé de 53 ans, a été agressé dimanche soir lors d’un gala de charité par un homme qui l’a poignardé. Les médecins l’ont opéré pendant cinq heures mais n’ont pu le sauver, précise l’agence de presse PAP.

Lundi soir, des milliers de personnes se sont réunies pour lui rendre hommage à Gdansk, la ville-berceau du syndicat Solidarnosc dont il était le maire depuis plus de vingt ans, et dans d’autres villes du pays, notamment Varsovie et Poznan.

Maire de Gdańsk depuis 1998, membre de la Plate-forme civique (PO), il assistait à un spectacle musical au profit des hôpitaux lorsqu’un homme est monté sur le podium pour l’agresser.

Sur des images de télévision, on voit l’assaillant hurler « Adamowicz est mort! » en levant les bras. Sur le même enregistrement, il affirme que la Plateforme civique, au pouvoir de 2007 à 2015, l’a fait torturer alors qu’il était en prison.

Le maire de la ville polonaise de Gdańsk poignardé en public

Le maire de la ville polonaise de Gdańsk, Paweł Adamowicz, s’est fait poignarder le 13 janvier durant un concert caritatif. Un article initialement publié sur le blog 2019euelectionspoland.com

Paweł Adamowicz, figure libérale de la classe politique polonaise, était un farouche opposant du parti conservateur Droit et justice (PiS), aujourd’hui au pouvoir.

Son assassin est un jeune homme de 27 ans, prénommé Stefan, qui avait été libéré en décembre de prison où il purgeait une peine de cinq ans et demi de détention, depuis 2014, pour des attaques de banques à Gdansk.

Des psychiatres vont se pencher sur son cas et déterminer s’il peut être considéré comme pénalement responsable du crime, a déclaré le procureur Krzysztof Sierak lors d’une conférence de presse.

L’agence PAP, qui ne donne pas ses sources, a indiqué qu’il avait été par le passé soigné pour schizophrénie dans un hôpital pénitentiaire.

La classe politique polonaise a été unanime pour dénoncer cette agression, notamment le Premier ministre, Mateusz Morawieck,i et le ministre de l’Intérieur, Joachim Brudzinski, membres du PiS.

« Je tiens à exprimer ma grande douleur après la mort tragique du maire Paweł Adamowicz », a écrit sur Twitter Jaroslaw Kaczynski, le numéro un du PiS.

Le président de la République, Andrzej Duda, allié du PiS, a lancé un appel à l’unité nationale face à la violence.

Un deuil national sera décrété le jour de ses funérailles, qui n’a pas encore été fixé.

La nouvelle a ému les responsables politiques européens, dont Manfred Weber et Frans Timmermans, tête de listes des deux plus grands groupe au Parlement, qui ont exprimé leur  choc et leur tristesse sur Twitter.

Manfred Weber, chef de file du PPE, a tenu à exprimer son soutien aux proches de la victime. Frans Timmermans, Spitzenkandidat du S&D, a quant à lui dénonce une « violence vide de sens ».

Tweet de Donald Tusk, actuel président du Conseil européen, ancien Premier ministre polonais, issu du parti Plateforme civique : Paweł Adamowicz maire de Gdańsk, un homme de solidarité et de liberté, un Européen, un ami cher, a été assassiné. Qu’il repose en paix. 

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