Le mariage n’a pas la cote en Europe et encore moins en Italie

La tendance à long terme, au sein de l'UE, est de se marier de moins en moins. [EPA-EFE/Yander Zamora]

Les mariages sont en baisse dans toute l’UE et plus encore en Italie, mais pas seulement en raison de la pandémie de Covid-19. En 2019 dans la Péninsule, seuls 3 mariages pour mille habitants ont été célébrés selon la dernière analyse d’Eurostat. Un article d’EURACTIV Italie.

Depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19, les mariages ont souvent été reportés d’innombrables fois. Aujourd’hui encore, il n’y a pas de date précise garantissant qu’il sera possible d’organiser des banquets de mariage. Les cérémonies sont toujours autorisées, mais les fêtes sont interdites. Cela a conduit de nombreux couples à choisir de reporter leurs noces en attendant de pouvoir célébrer l’événement avec le faste et les centaines d’invités de rigueur dans la tradition italienne. Le secteur du mariage est l’un des plus touchés par la crise sanitaire et les données pour 2020 et 2021 refléteront certainement une courbe « en piqué ».

Les données surprenantes, cependant, concernent les années qui ont précédé la pandémie. Le secteur du mariage occupe certes 83 000 entreprises en Italie et génère un chiffre d’affaires d’environ 15 milliards d’euros, mais les données d’Eurostat – l’office statistique de l’Union européenne – indiquent que la tendance à long terme dans l’UE est de se marier de moins en moins.

Le nombre de mariages diminue, alors que le nombre de divorces augmente. Bien sûr, la période considérée est très longue, mais elle marque tout de même une tendance : de 1964 à 2019, le nombre de mariages dans l’UE a diminué de 8 à 4,3 pour 1 000 habitants. Au cours de ces mêmes années, le taux de divorce a plus que doublé, passant de 0,8 en 1964 à 1,8 en 2019. Cette année-là, l’Italie a enregistré le taux de mariages le plus faible de l’Union européenne : en moyenne, il n’y a eu que 3 mariages pour 1 000 habitants (3,1) ; le Portugal et la Slovénie se classent de justesse devant la Péninsule avec un chiffre de 3,2. On trouve ensuite la France, l’Espagne et le Luxembourg (à 3,5). Le taux italien est le plus bas d’Europe et a encore baissé par rapport à celui de 2018 (qui était de 3,2).

Les pays de l’UE qui présentaient au contraire le nombre le plus élevé de mariages par rapport au nombre d’habitants étaient Chypre (avec 8,9 mariages pour 1 000 personnes), la Lituanie (avec 7 célébrations), la Lettonie et la Hongrie (toutes deux avec une moyenne de 6,7) et la Roumanie (avec 6,6).

Les Hongrois se marient à tour de bras

Il n’y a jamais eu autant d’unions depuis trente ans. Le gouvernement ultraconservateur, qui a mis les moyens, est aux anges. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Selon les calculs de l’Institut national de la statistique italien (Istat), en 2019, 184 088 mariages et unions civiles ont été célébrés en Italie, soit 11 690 de moins qu’en 2018. Lorsqu’Eurostat indique qu’il n’y a eu en moyenne que 3 mariages pour mille habitants, cela ne veut pas dire que seulement 6 personnes sur mille se sont mariées. En réalité, ce calcul inclut toutes les tranches d’âge. il faut donc le mettre en parallèle avec un autre chiffre, celui de l’âge de la population jeune, qui montre qu’en 2018, il y avait 432 premiers mariages pour 1 000 hommes et 480 pour 1 000 femmes.

Le chiffre le plus intéressant, même s’il n’est pas surprenant, est celui qui montre que les gens se marient de plus en plus tard : les mariées ont en moyenne 32 ans et les mariés 34 ans. En 1980, l’âge moyen était d’environ 24 ans pour les femmes et d’environ 27 ans pour les hommes. Ces deux paramètres sont profondément liés, car la population européenne, et en particulier la population italienne, est de plus en plus âgée. Il y a de moins en moins de jeunes, ils se marient de plus en plus tard, et ils ont de moins en moins d’enfants.

Il y a au moins deux éléments à considérer concernant la baisse du nombre de mariages. D’une part, le fait que se marier en Italie coûte très cher. La tradition exige d’avoir un grand nombre d’invités et d’organiser une fête élégante : même ceux qui optent pour un banquet qui n’est pas particulièrement fastueux ne dépensent guère moins de 15 000 euros.

D’autre part, et c’est encore plus déterminant, le marché du travail pour les jeunes n’offre souvent que des situations précaires, des contrats qui ne permettent pas de planifier l’avenir, des bas salaires. Il suffit de faire une simple recherche sur internet pour constater qu’il existe désormais de nombreuses institutions qui proposent des prêts et des financements spécifiques destinés à financer les mariages.

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