Les retraités doivent revenir sur le marché du travail

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Les personnes âgées doivent renforcer leur présence sur le marché du travail dans l'UE pour enrayer les problèmes du vieillissement en Europe, ont expliqué plusieurs parties prenantes lors d'une conférence à Bruxelles.

« Nous avons atteint un point critique de notre évolution démographique. La génération du baby-boom arrive à la retraire et le nombre de personnes de plus de 60 ans augmente de 2 millions par an », a déclaré László Andor, le commissaire européen à l'emploi, aux affaires sociales et à l'inclusion, lors d'une conférence du European Policy Centre et de la Bertelsmann Stiftung mercredi (20 juin). 

Alors que cette génération passe à la retraite et que moins d'enfants naissent aujourd'hui, la main-d'œuvre est en passe de diminuer de manière significative et avec elle le nombre de contribuables pour soutenir le système des retraites.

Des données publiées par Eurostat révèlent qu'en 2060, la population pourrait compter deux personnes âgées (plus de 65 ans) pour chaque jeune (0-14 ans), contre trois jeunes pour une personne âgée en 1960. M. Andor a affirmé que si cette transition démographique n'était pas prise en compte en Europe, elle pourrait menacer les systèmes de retraites.

Comment régler le problème du vieillissement ?

Sven Otto Littorin, ancien ministre suédois de l'emploi, a déclaré qu'il fallait passer outre certaines idées reçues en matière d'emploi des personnes âgées.

Il est généralement admis que pour stimuler l'emploi des jeunes, les décideurs politiques devraient leur « faire de la place » en poussant les travailleurs plus âgés à prendre leur retraite.

« C'est la plus grande idée reçue à éliminer, car tout porte à croire qu'un marché du travail avec des personnes plus âgées a tendance à davantage impliquer les jeunes », a déclaré M. Littorin.

Son argument est le suivant : « Si l'on prend en compte les personnes qui viennent de prendre leur retraite, on constate que leur besoins domestiques diminuent de façon considérable, car ils n'utilisent pas les transports pour se rendre au travail et ne dépensent pas autant que les personnes actives sur le marché du travail. En les faisant travailler plus longtemps, au contraire, ils dépensent davantage et c'est une bonne nouvelle pour les plus jeunes. »

Une autre idée reçue à éliminer concerne le fait que les personnes âgées ne peuvent et ne veulent pas contribuer au marché du travail.

M. Littorin s'est appuyé sur une étude menée en Suède qui a révélé qu'entre 2004 et 2012, le nombre de personnes de plus de 65 ans qui exerçaient une activité professionnelle avait doublé pour atteindre 1,5 % de la main-d'œuvre.

« Ces gens veulent réellement participer et je crois que c'est un élément clé, d'un point de vue politique. Nous devons faire en sorte que ceux qui sont proches de la retraite comprennent que nous avons vraiment besoin d'eux. Nous avons besoin de tout le monde pour être en mesure d'assumer les coûts des retraites et du système de santé à l'avenir », a expliqué l'ancien ministre suédois.

L'exemple de l'Allemagne

Ursula von der Leyen, ministre allemande du travail et des affaires sociales, a présenté une feuille de route pour un marché du travail durable.

Ces dix dernières années, l'Allemagne a changé d'attitude vis-à-vis du vieillissement en adoptant des mesures pour ramener les personnes âgées sur le marché du travail.

« Premièrement, le gouvernement doit fixer des règles et mettre de côté les mauvaises idées, comme l'âge de la retraite à 67 ans […] Ensuite, il faut convaincre les départements des ressources humaines qu'ils doivent expérimenter de nouvelles approches et ont besoin d'un mélange de travailleurs jeunes et plus âgés. Il faut leur prouver qu'ils y gagneraient en productivité. […] Enfin, il convient de miser sur la formation continue, un domaine dans lequel de grands progrès restent à faire. Il faut montrer ce qu'il est possible de faire dans l'entreprise ou dans l'économie et les résultats que l'on peut obtenir grâce à un mélange équilibré d'employés », a expliqué Mme von der Leyen.

M. Littorin et Mme von der Leyen ont tous deux souligné que pour une meilleure productivité, un mélange équilibré de travailleurs de tous âges était nécessaire.

L'UE reconnaît le problème

Les chiffres d'Eurostat montrent que la part de la population de plus de 55 ans dans l'UE des Vingt-Sept est passée de 25 % en 1990 à 30 % en 2010. Ce chiffre devrait grimper à 40 % d'ici 2060.

Les défis démographiques qui devraient en découler ont encouragé l'UE à faire de 2012 l'Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle.

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