Miro Kovac plaide pour que la défense devienne le ciment de l’UE

Miro Kovac, à gauche, avec Peter Altmeier, ministre allemand des affaires étrangères. shutterstock_510155800

Le député Miro Kovac, président de la commission des affaires étrangères au parlement croate et ancien ministre des affaires étrangères, défend une Europe forte de « l’Atlantique à l’Oural ».

Vue des Balkans, l’Union européenne est une construction bien différente que pour un des pays fondateurs. A l’invitation de l’Alliance Centriste au Sénat, le 9 février, le député Miro Kovac a rappelé que la notion même de Balkans Occidentaux ne faisait pas l’unanimité. Les Croates ont toujours rejeté cette appellation. Utilisée par la communauté européenne et l’OTAN lors de la très brutale guerre en ex-Yougoslavie, l’expression incluait sept pays, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Kosovo, Monténégro, Macédoine du Nord et Albanie à l’exclusion de la Slovénie.

Les Serbes plus attachés à l’UE qu’au Kosovo

La candidature de la Serbie à l’Union européenne apparaît plus importante que la question de l’indépendance du Kosovo pour une majorité de citoyen du pays, selon un sondage.

Les Croates ne l’aimaient pas et ne voulaient pas être inclus dans ce groupe. Ils ont cependant accepté ce terme « technique » pour des raisons pragmatiques, pour rejoindre l’UE. Très pro-européens, les Croates sont aussi lucides sur le manque d’efficacité de l’UE selon l’ex ministre. « Sur le plan économique et du « Soft power » ca fonctionne très bien mais « sans toucher cœur des gens » regrette-t-il.

Une région délaissée

 Les habitants des Balkans se sentent délaissés par l’Union européenne. Avec les accords de Dayton de 1995 mettant fin au cycle des guerres qui a marqué l’explosion de la Yougoslavie en 7 États indépendants, l’UE avait une véritable obligation de garantir la stabilité en Bosnie-Herzégovine et dans le Balkans, région encore sous tension avec de nombreux litiges territoriaux.

Et avec seulement rencontres en 15 ans, le dernier sommet UE/Balkans Occidentaux de Sofia datant de Juin 2018, l’UE ne semble pas manifester beaucoup d’empressement à renforcer la stabilité politique et institutionnelle de la zone, même si elle souligne sa volonté de se soucier de son développement économique. Seule la Croatie évoque ces questions régulièrement lors des Conseils européens d’où une certaine méfiance, renforcée par une perspective d’adhésion de plus en plus lointaine pour certains candidats comme la Serbie et le Montenegro.

La résolution des conflits internes

 Comment l’Europe peut-elle être un acteur global si elle n’est pas en mesure de résoudre ses propres problèmes ? Les Balkans sont entourés de pays membres de l’Union. Ils sont donc sa « cour intérieure ».

L’UE – la communauté européenne à 12 en 1995 –  s’était vue confier la gestion des crises mais n’ a pas su s’imposer dans le règlement des conflits. Ce sont principalement les États Unis et l’OTAN qui ont joué ce rôle aux cotés des belligérants en 1995, ainsi qu’en 1999 dans le conflit entre le Kosovo et la Serbie.

Avec la Finlande, 10 pays rejoignent l'initiative européenne d'intervention militaire

Réunis mercredi à Paris, les neuf ministres de la défense des pays membres de l’Initiative européenne d’intervention (IEI) ont entériné l’adhésion de la Finlande. L’objectif du groupe est de promouvoir l’autonomie militaire de l’Europe.

La Défense, un sujet fédérateur et sujet d’émancipation

Au rang des rares sujets potentiellement fédérateurs, la défense peut et doit jouer un rôle. Des Hongrois, aux Tchèques, aux Polonais, aux Allemands, aux Français… l’idée d’une défense européenne est « acceptable » par tous, sans pour autant renier le lien privilégié avec ses alliés.

Tous s’accordent à dire que l’UE doit prendre en main sa propre sécurité tout en restant associée aux américains.

Ce courant d’émancipation s’applique en matière de défense envers les Etats Unis et l’OTAN mais aussi au sein de l’Union elle-même. Les pays d’Europe centrale, lors de leur adhésion, voulant à tout prix intégrer l’UE, ont accepté un « package » venant de l’Ouest. Ils cherchent désormais à s’émanciper et veulent faire émerger des idées et des points de vue différents sur la construction européenne.  D’où l’importance de trouver des consensus par-delà les différences.

D’autant que selon la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau , qui participait au débat, l’UE doit comprendre et intégrer que de puissantes forces extérieures combattent l’idée d’une UE forte et acteur global sur la scène internationale. Une réalité qui représente selon elle un véritable challenge pour les mois à venir, avec en ligne de mire les élections européennes

« Nous devons démontrer, à nous-même et au monde, que nous savons gérer les crises et pour cela il nous faut des succès majeurs en matière de politique étrangère et de défense ! Ensemble nous sommes forts » fut la conclusion de Miro Kovac. L’UE doit tout mettre en œuvre pour ne pas se diviser.

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