Sondage : les inégalités sociales l’emportent sur le climat parmi les préoccupations des citoyens de l’UE

La réduction de la pauvreté et des inégalités sociales est devenue la priorité majeure des citoyens européens sur le plan politique à la suite de la pandémie de Covid-19, comme le révèle une nouvelle étude commandée le Parlement européen. [SHUTTERSTOCK/CHOMPLEARN]

La réduction de la pauvreté et des inégalités sociales est devenue la priorité majeure des citoyens européens sur le plan politique à la suite de la pandémie de Covid-19, comme le révèle une nouvelle étude commandée par le Parlement européen.

Le sondage d’opinion annuel Eurobaromètre du Parlement européen a été réalisé par l’institut Kantar entre novembre et décembre 2020. De ce fait, l’enquête retrace les premières répercussions de la pandémie sur le public.

Près que la moitié des sondés (48 %) pense que la lutte contre la pauvreté devrait être priorisée dans l’agenda du Parlement européen, une augmentation de 17 % par rapport à l’année précédente.

Selon de récentes prévisions de la Banque mondiale, la Covid-19 entraîne des effets manifestes sur les populations pauvres dans le monde, poussant quelque 88 à 115 millions de personnes dans l’extrême pauvreté.

D’après la Banque mondiale, la plupart des personnes touchées par la pauvreté vivent plus probablement dans des zones urbaines et travaillent dans les secteurs les plus touchés par les mesures de confinement.

En outre, l’ONG Oxfam a récemment publié une étude faisant la lumière sur la montée des inégalités dans le monde en raison de la pandémie.

D’après le document, il faudrait jusqu’à 10 ans pour se relever de la crise économique que nous traversons. Autrement dit, davantage de personnes souffriront de la pauvreté.

La lutte contre le terrorisme et le grand banditisme (35 %) de même que l’amélioration de l’accès à une éducation de qualité (33 %) figurent parmi la liste des priorités des citoyens européens. À l’inverse, la protection de l’environnement et de la biodiversité demeure stable (32 %), alors qu’elle arrivait en première place l’année dernière.

Les auteurs de cette étude ont expliqué lors d’une réunion que cette transition dans les priorités pouvait être perçue comme une conséquence directe de la pandémie.

Néanmoins, les répercussions entraînées par la crise sanitaire actuelle semblent aller au-delà de la liste des priorités des citoyens de l’Union européenne, étant donné qu’elles touchent l’image même de l’Union européenne.

50 % des participants au sondage perçoivent l’UE de manière relativement positive ou très positive, soit une hausse de 10 % par rapport à 2019 – contre 14 % qui lui accordent une image plus négative.

Le plan de relance « NextGenEU » a joué un rôle primordial dans cette amélioration, 72 % des sondés étant tout à fait d’accord ou plutôt d’accord avec le fait que les mesures budgétaires prévues permettront aux États membres de reconstruire leur économie plus rapidement.

Cependant, les citoyens interrogés se montrent quelque peu moroses par rapport au monde post-pandémie. La majorité pense en effet que la situation économique post-pandémie de leur pays sera pire que celle pré-pandémie, bien que la plupart estiment que leurs conditions de vie seront les mêmes dans un an.

Parmi les autres conséquences du SARS-CoV-2 figure l’importance de la solidarité entre les États membres de l’Union européenne. Elle constitue la première valeur fondamentale que le Parlement européen devrait défendre pour 41 % des participants, par rapport à 33 % l’année dernière.

Besoin de réformes

Si 71 % des Européens se prononcent tout à fait ou plutôt en faveur de l’UE, presque la moitié de l’ensemble des participants (44 %) se montre critique par rapport au fonctionnement actuel de l’UE et souhaiterait que des réformes soient mises en place.

D’après le président du Parlement européen David Sassoli, les résultats du sondage renvoient un message clair : les citoyens européens soutiennent l’UE et pensent qu’elle est en mesure de trouver des solutions pour contrer la pandémie de Covid-19.

« Cependant, il est évident que les citoyens souhaitent voir des changements au sein de l’UE, et c’est la raison pour laquelle nous devons lancer la Conférence sur l’Avenir de l’Europe dès que possible », a-t-il ajouté.

La préparation de cette conférence a été quelque peu ralentie étant donné que les trois institutions principales de l’Union européenne doivent encore désigner son président et sa durée.

Si la présidence tournante portugaise ne parvient pas à trouver un accord d’ici à la fin du mois de février, il est fort probable que le dossier soit attribué à la prochaine présidence du Conseil, ce qui engendrerait plus de retards.

D’autre part, 22 % des participants ont exprimé un avis sceptique par rapport à l’UE, ajoutant que leur opinion pourrait changer si de grandes réformes voyaient le jour, tandis que 5 % seulement se disent « complètement opposés » à l’UE dans sa globalité.

En Roumanie, en Slovaquie, en Autriche, en Italie, un peu moins de la moitié des sondés estime que l’adhésion de leur pays à l’Union européenne est une bonne chose.

Ce chiffre est particulièrement alarmant en Italie, où seuls 39 % perçoivent l’adhésion à l’Union européenne comme une bonne chose, tandis que les partis généralement eurosceptiques, comme le parti de droite La Lega, ont récemment adopté une attitude pro-européenne.

La migration est de loin toujours perçue comme le point de discorde principal au sein de l’UE et des gouvernements nationaux, comme le révèle presque la moitié des participants (47 %).

S’ensuivent des sujets fondamentaux tels que l’environnement (20 %), le secteur agroalimentaire et halieutique (20 %) et la santé publique (19 %).

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