Supporters et athlètes ensemble pour un sport plus vert en Europe

« Chaque évènement sportif réunissant 5000 personnes génère 2,5 tonnes de déchets, dont 500kg de papier », alerte l’eurodéputé (PS) Marc Tarabella. [kovop58/Shutterstock]

Déchets, transports, consommation d’eau et d’électricité, dégradation de la nature… Niveau écologie, carton rouge pour les évènements sportifs. A l’occasion d’une conférence organisée mardi (25 mai) par la fondation européenne Surfrider, des acteurs du sport étaient réunis pour accompagner le monde du sport dans sa transition écologique.

A l’heure où l’Union européenne relève ses ambitions climatiques et promet la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030, le sport doit lui aussi prendre le train en marche et accélérer sa transition écologique. 

Lors de la conférence, les participants se sont montrés unanimes : il faut considérer le sport comme toute autre industrie. Lors des rassemblements, il est nécessaire de travailler avec les organisateurs en amont, d’évaluer les risques pour l’environnement, de créer des partenariats et des synergies entre les différents acteurs. En bref, aller plus loin.

Pour Peter Fischer, coordinateur du groupe d’experts « Green Sports » à la Commission européenne, cela commence par « pointer du doigt les mauvaises pratiques », et relever un « défi éducatif ». Comment ?  « Nous avons besoin d’athlètes qui peuvent être des modèles. Pas forcément des stars, mais des athlètes avec des histoires comme des activistes, des aventuriers », explique-t’il. 

Des activistes sportifs, il en existe, à l’image de Mathieu Witvoet, un des quatre nageurs du projet « 0 mégot », dont le défi consiste à traverser la Seine à la nage (380km) pour inciter les Français à jeter leurs mégots à la poubelle. « En tant qu’athlète on a un rôle à jouer, on capte l’attention des gens », approuve-t-il, soulignant la « facilité de faire passer un message » et le « rôle de responsabilité » des grands sportifs.  

« Le sport est un outil pour faire passer un message. C’est un enjeu pour les clubs et les fédérations », renchérit Théo Curin, nageur français handisport.

Le FC Metz mise sur une pelouse plus écolo

Une pelouse mal entretenue, c’est le risque d’être mal noté par la Ligue de Football Professionnel (LFP), qui organise, lors de chaque saison sportive, le « Championnat des Pelouses ».

Les défis sont nombreux, à commencer par la gestion des déchets : gobelets, papiers, emballages, ou encore mégots, les exemples ne manquent pas. Si des initiatives ont été mises en place ces dernières années, comme les gobelets consignés, le constat est sans appel : « Chaque évènement sportif réunissant 5000 personnes génère 2,5 tonnes de déchets, dont 500kg de papier », alerte l’eurodéputé (PS) Marc Tarabella.

« Le défi est immense. Par exemple, l’interdiction en Europe des plastiques à usage unique : il faut une législation mondiale », déclare-t-il.

Mauvais score également pour les transports. Les supporters comme les athlètes explosent le bilan carbone d’un match. Peter Fischer ajoute que l’avion reste encore « très utilisé » par les athlètes pour se déplacer, et que malgré des « pressions » à la Commission européenne, des propositions sur le sujet ne sont pas au goût du jour. Avant de reconnaitre que les joueurs italiens et allemands utilisaient de plus en plus le train.

Quand la nature devient un équipement sportif

Au-delà de la pollution générée par les déchets, la consommation d’eau et d’électricité ou encore par les transports, Easkey Britton, surfeuse professionnelle rappelle que « les écosystèmes aident les athlètes à avoir de meilleures performances », et ce, particulièrement dans les sports d’extérieurs, comme ceux qui se pratiquent en milieu aquatique naturel. C’est aussi le cas pour les passionnées de randonnée, qui accélèrent l’érosion des sols, et abiment la nature en empruntant des chemins à outrance. 

Pour Giulia Carbone Khodabakhsh de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), si les grands sportifs ont une part de responsabilité, rendre le sport plus respectueux de l’environnement est une lutte collective : « Les fédérations doivent s’engager à sensibiliser les fans et les joueurs, via des programmes éducatifs par exemple. Chacun doit apporter sa pierre à l’édifice ».

Entre les Jeux Olympiques de Paris en 2024 et la présidence tournante de l’UE à partir du 1er janvier 2022, la France va se retrouver sous le feu des projecteurs. Peut-être l’occasion de marquer des points en prenant des mesures à la hauteur du défi sport-écologie.

Artificialisation des territoires : un rapport du Sénat appelle à une politique plus ambitieuse

Si la transformation des sols naturels reflète une croissance dynamique de l’économie et de la démographie françaises, ses conséquences sur l’environnement sont déplorables.

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