Temps de travail : selon les députés, « l’opt-out » ne laisse pas le choix aux travailleurs [FR]

Selon le système de ‘opt-out’ de la directive sur le temps de travail, les travailleurs n’ont pas vraiment le loisir de décider s’ils veulent ou non travailler plus d’heures, estiment les députés européens des deux principaux groupes au Parlement.

« Les conditions de travail d’aujourd’hui ressemblent plus au début de la révolution industrielle qu’aux années 1970, quand le temps de travail était très réglementé, » a déclaré le président du Parlement européen, Josep Borrell (PSE, Espagne) lors de la réunion organisée par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound). M. Borrell a cité l’exemple de ses propres enfants, qui ont la trentaine et ne passent que très peu de temps avec leurs partenaires respectifs en raison de leur surcharge de travail. Selon lui, les conditions de travail au début du 21ème siècle démontrent que la directive sur le temps de travail est urgente et doit être plus efficace.

Il a reçu le soutien du député européen conservateur portugais, José Silva Peneda, qui a indiqué que la clause personnelle d’opt-out était « absurde et revenait à dire que cette législation ne devait pas être respectée ». Selon cette clause, les travailleurs peuvent dépasser le temps de travail hebdomadaire maximal de 48 heures prévu dans la directive, si le travailleur et l’employeur sont tous les deux d’accord, mais, selon M. Silva Peneda, les travailleurs qui dépendent de leurs employeurs ne peuvent jamais choisir librement ce qui est le mieux pour leur vie privée. L’opt-out, qui a été introduit en raison des pressions du gouvernement de Tony Blair, « est avant tout une solution britannique, et non européenne », a soutenu le député européen. 

Sans surprise, Renate Hornung-Draus, présidente du groupe de travail Emploi de l’UNICE et vice-présidente du groupe des employeurs du Comité économique et social, a appelé à plus de souplesse sur le marché du travail, y compris des heures de travail parfois plus longues qui, selon elle, sont importantes, notamment pour les petites entreprises. Elle s’en est vivement pris à l’arrêt de la Cour européenne de Justice selon lequel les services de garde doivent être compris dans le temps de travail.

La secrétaire confédérale de la CES, Catelene Passchier, estime que l’opt-out individuel n’aurait jamais du être autorisé. Elle a rappelé la campagne des syndicats pour un temps de travail hebdomadaire statutaire maximal de 48 heures, défendu au début du 20ème siècle, et la toute première convention de l’OIT en 1919, qui établissait le temps de travail hebdomadaire de 48 heures comme la limite dans le monde.

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