Transition verte : quel rôle pour les managers de football ?

Pour les gérants de clubs et stades de football, l'engagement écologique constitue une "opportunité gagnant-gagnant". [Igor Link/Shutterstock]

Bonne volonté, mais un engagement encore trop faible : un rapport publié mardi (2 février) par LifeTackle fait la lumière sur le rôle des managers de football dans la transition vers un sport vert et durable.

« Certains matchs de foots peuvent facilement générer un impact sur l’environnement comparable à celui d’une ville moyenne pendant les mêmes trois heures », selon le rapport. Si la prise de conscience des enjeux environnementaux augmente dans tous les secteurs, « jusqu’à récemment, celui du sport était à la traine en matière de gestion proactive de ses impacts sur l’environnement », selon ses auteurs de l’étude. Aujourd’hui, la protection de l’environnement prend « une place de plus en plus importante dans l’agenda du football », mais le rôle des gérants au sein des clubs et stades de football dans la transition verte du sport le plus populaire au monde reste pour autant peu étudié.

Life Tackle, projet international visant à améliorer la prise de conscience environnementale et le management vert dans le monde du football, a donc examiné cette composante à la loupe. Son rapport s’appuie sur les résultats d’un sondage en ligne effectué fin 2019 auprès de 123 managers de clubs et gérants de stade de foot à travers l’Europe.

Résultat : Les managers de football « démontrent leur engagement pour la durabilité environnementale », et cela pour des raisons « éthiques », c’est à dire une vraie volonté de préserver l’environnement et les ressources naturelles, selon le rapport. Cependant, beaucoup reste à faire en matière des mesures concrètes à prendre pour améliorer le management vert au sein des stades et clubs.

Une « opportunité gagnant-gagnant »

Interrogés sur leurs motivations pour mettre en place des pratiques de management environnemental au sein de leurs clubs, une grande majorité des gestionnaires soutenait l’importance de protéger l’environnement (70 %). D’autres facteurs importants évoqués sont la baisse des coûts à travers une moindre consommation d’énergie ou encore l’amélioration de la réputation de leur club.

Pour les managers de foot, « appliquer des pratiques écologiques offre une opportunité gagnant-gagnant, pour l’environnement comme pour leur organisation », selon le rapport. Même si la mise en place de nouvelles pratiques serait souvent liée à un certain coût initial, les sondés auraient conscience que cet investissement leur permettrait d’économiser de l’argent par la suite.

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Initiatives trop sélectives

Mais alors que l’éventail des mesures possibles à prendre pour amorcer la transition verte dans le sport est large, certaines de ces mesures s’avèrent beaucoup moins populaires que d’autres. La majorité des managers interrogés disent déjà prendre des initiatives comme la réduction des déchets, de la consommation de plastique ou encore d’énergie et d’eau au sein de leurs clubs et stades.

De plus, tandis que ces mesures là sont relativement faciles à calculer, surveiller et ainsi à mettre en œuvre, les participants au sondage semblent avoir plus de difficultés à prendre en compte les impacts passifs et indirects liés au foot, comme celui des émissions de gaz à effet de serre (GES) ou encore l’impact généré par les déplacements des spectateurs.

En cause, « le fait que certaines connaissances techniques sont nécessaires pour interpréter ces impacts là », estiment les auteurs du rapport. Pour améliorer leur gestion verte et développer des pratiques plus performantes, les clubs devraient donc davantage « consulter des communautés scientifiques et de recherche », estiment les auteurs du rapport.

Pas assez de gouvernance environnementale

En matière de la gouvernance environnementale interne aussi, le rapport identifie des axes nécessitant plus d’attention. Alors que près de la moitié des interrogés indiquent régulièrement informer les cadres supérieurs au sein de leurs clubs des enjeux environnementaux, seulement 34 % disent employer du personnel chargé de gérer ces enjeux.

Une autre activité pas suffisamment explorée serait celle du « capacity building » – c’est à dire la pratique de former du personnel aux questions environnementales à travers des formations et séminaires dédiés.

Enfin, le rapport déplore un manque de communication : 70 % des sondés auraient indiqué rarement ou pas du tout communiquer sur leurs initiatives vertes au grand public. Cela souligne pour les auteurs du rapport une « divergence entre ce que les supporters attendent et ce que les clubs et stades de foot font ». Une étude publiée par Life Tackle l’an dernier avait en effet démontré qu’une grande majorité des fans souhaitait être davantage informés des engagements verts pris par leurs clubs.

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Joueurs, fans, organisateurs : un rôle pour chacun

Sachant que les supporters justement avaient aussi leur rôle à jouer dans la transition verte du football, le rapport met également en lumière quelques pistes pour augmenter la prise de conscience chez ceux-ci. Selon une grande partie des managers de foot interrogés (58 %), la meilleure option pour encourager les fans à adopter des comportements plus écologiques serait de leur offrir une récompense, par exemple à travers des billets moins chers.

Enfin, les managers sondés se montraient également majoritairement d’accord avec le fait que tous les acteurs du monde du foot avaient un rôle à jouer dans la promotion d’un sport plus écoresponsable. Presque 70 % d’entre eux soutiennent ainsi l’idée que les joueurs de foot devraient utiliser leur popularité pour publier des messages invitant leurs fans à des comportements plus respectueux de l’environnement. Et 66 % trouvent que les grands organisateurs d’évènement de foot, comme l’UEFA ou la FIFA, devraient parler davantage d’environnement à travers leurs canaux médiatiques.

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