Un blog #MeToo libère la parole au Parlement européen

La députée irlandaise Nessa Childers derrière une pancarte #MeToo, lors de la session d'octobre 2017 du Parlement européen. [EPA]

Commentaires déplacés, attouchements, agressions sexuelles… Un nouveau blog recueille des témoignages de harcèlement sexuel au Parlement européen. Un Comité de lutte a aussi mis en place de nouvelles mesures, explique notre partenaire, Ouest-France.

Le blog MetooEP – combinaison du #hashtag MeToo, né du scandale Harvey Weinstein, et de Parlement européen – a été ouvert, mardi matin (https://metooep.com/). Cinq témoignages étaient en ligne, dont celui-ci : « J’ai reçu un mail à deux heures du matin de la part d’un conseiller politique […]. Il contenait des photos de moi, prises à mon insu. » Dans l’après-midi, six autres récits de harcèlement tombaient…

Lancement du blog, qui garantit la confidentialité des témoignages, au Parlement européen, à Bruxelles.

« La parole se libère », se félicite Jeanne Ponté, à l’initiative de ce blog « à vocation pédagogique » : « Le Parlement européen est une énorme structure. Qui contacter, à qui parler ? Nous expliquons les démarches. »

Attachée parlementaire de l’eurodéputé socialiste Édouard Martin (S & D), elle avait été la première à mettre la question du harcèlement sexuel sur la table, en octobre 2017. Après trois ans passés dans les murs du Parlement, à Bruxelles et à Strasbourg, elle avait recensé une cinquantaine de cas de harcèlement sexuel, dont elle a été elle-même par ailleurs victime. Le sujet avait été débattu en session. Une résolution avait été adoptée : « Elle n’a jamais été appliquée. Pourquoi ? »

Comité de lutte contre le harcèlement

Depuis 2014, le Parlement européen a reçu une quinzaine de plaintes pour harcèlement, sexuel ou moral, dont deux ont été suivis d’une condamnation. « On ne peut pas dire que nous n’avons rien fait », estime la députée Élisabeth Morin-Chartier (droite, PPE), questeur et donc chargée du personnel.

Le 3 octobre, elle a justement publié le nouvel arsenal de mesures du Comité de lutte contre le harcèlement, créé il y a cinq ans. « À partir de la prochaine mandature, en juillet 2019, les députés devront signer une charte éthique. »

Il y aura deux assistants au lieu d’un, dans le Comité de six membres. Les victimes seront mieux protégées. Elles garderont leur salaire, en travaillant loin de leur harceleur, si le délit est prouvé. « Un audit commandé à l’extérieur, avec un médecin, un spécialiste du droit, sera rendu en novembre », annonce Elisabeth Morin-Chartier.

Démission d’une Espagnole

« Le compte n’y est pas », pour le socialiste Édouard Martin, qui soutient la démarche de son assistante, Jeanne Ponté. « J’entends des élus dire que ce n’est pas leur problème. Qu’ils ne veulent pas donner une mauvaise image du Parlement ! »

C’est ce que dénonce aussi l’eurodéputée espagnole Marina Albiol Guzman. Mercredi, elle a quitté ses fonctions de porte-parole du groupe de la gauche radicale. Dans sa lettre de démission, elle reproche l’inaction de son propre groupe qui serait concerné par plusieurs cas de harcèlement. Contactée, elle a refusé d’en dire davantage.

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