Les citoyens doivent se préparer aux risques numériques du 21e siècle

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Věra Jourová [EP]

« Certains s’intéressent à vos données à caractère personnel. Vous devriez en faire autant », estime Věra Jourová, qui appelle les citoyens à se préparer aux risques numériques de notre époque.

Věra Jourová est la commissaire européenne en charge de la justice, des consommateurs et de l’égalité des genres.

Je revoyais dernièrement un de mes films préférés, la version originale datant des années 60 de «L’or se barre» (The Italian Job). Le fait de le regarder en 2018 m’a fait comprendre deux choses: premièrement, à quel point les gangsters masqués et armés ont été remplacés par des accros de l’informatique munis d’ordinateurs portables ; et deuxièmement, pour les criminels d’aujourd’hui, les banques ne constituent plus nécessairement la cible la plus attrayante.

Les données sont devenues l’or du XXIe siècle. Elles constituent la ressource la plus précieuse dans l’économie actuelle, tout en étant essentielles pour notre vie quotidienne. Nous partageons des données à caractère personnel plusieurs centaines de fois par jour et dans tous les domaines: depuis nos données bancaires et nos habitudes d’achat jusqu’aux photos de vacances et nos dossiers médicaux.

Les conséquences peuvent être fâcheuses si elles tombent entre les mains de criminels: des détails intimes de votre vie privée ou de vos antécédents médicaux pourraient être divulgués et l’usurpation d’identité devient plus facile. Les récentes violations massives de données comme lors des attaques de WannaCry, Meltdown et Spectre, ou l’affaire Uber, nous rappellent cette nouvelle réalité.

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Malgré l’importance croissante de la protection des données personnelles, la plupart des citoyens européens méconnaissent leurs droits, regrette la commissaire européenne à la justice. Un article d’Euractiv République tchèque.

À partir du 25 mai, soit dans une centaine de jours, de nouvelles règles solides visant à protéger les données s’appliqueront dans toute l’Europe. Il était temps. Les règles actuelles de l’UE en matière de protection des données datent de 1995, autrement dit d’il y a 23 ans, à une époque où personne n’avait entendu parler de Facebook ou d’Instagram. Les règles mises à jour sont adaptées à l’ère numérique et aideront les gens à reprendre le contrôle de leurs données à caractère personnel.

Les gens auront le droit d’être informés si leurs données ont été piratées. Il sera plus facile de transférer les données à caractère personnel d’un prestataire de services à un autre. Les entreprises ne pourront plus se cacher derrière un jargon juridique, elles devront nous fournir des informations claires et compréhensibles sur la manière dont les données à caractère personnel sont traitées. Et, dans certaines conditions, nous aurons même le droit de supprimer des liens conduisant à des informations à caractère personnel nous concernant, ce qu’on appelle le « droit à l’oubli». Finalement, les nouvelles règles seront contraignantes. Avec des sanctions pouvant atteindre 4 % du chiffre d’affaires annuel, il est légitime de penser que même les acteurs mondiaux du monde de l’informatique respecteront les règles.

Ces règles mises à jour ont non seulement été conçues pour mieux protéger les données à caractère personnel des citoyens européens, mais aussi pour offrir davantage de débouchés sur un véritable marché unique numérique de flux de données ainsi que plus de souplesse pour permettre aux entreprises d’innover. En disposant d’un seul ensemble de règles identiques dans l’UE – au lieu d’un marché fragmenté de 28 régimes différents – les entreprises devraient réaliser des économies appréciables et bénéficier d’une plus grande sécurité juridique. Et ces nouvelles règles accordent une grande flexibilité aux petites et moyennes entreprises.

Nous introduisons la référence suprême en matière de protection des données dans le monde. Je suis fière de constater que nos règles de protection des données servent de plus en plus de point de référence et de source d’inspiration aux autres pays et aux organisations régionales lorsqu’ils créent ou adaptent leur propre législation en matière de protection des données. Nous menons actuellement des négociations avec le Japon et la Corée du Sud sur la protection des données et il y a de grandes chances que nous arrivions à un accord très prochainement, ce qui permettra aux données de circuler librement entre nos économies.

Dans le monde d’aujourd’hui – et de demain, la manière dont nous traitons les données déterminera dans une large mesure notre avenir économique et notre sécurité personnelle. Nous faisons ce qu’il faut pour être prêts, affronter les risques avec sérieux et saisir toutes les occasions qui se présentent. Les nouvelles règles européennes sur la protection des données constitueront une base solide pour y parvenir.

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