Facebook dévoile les requêtes indiscrètes des gouvernements européens

a8031b99463c51c25f0059cc6ae42067.jpg

Les États membres de l’UE ont adressé à Facebook un certain nombre de requêtes sur les données de leurs ressortissants. Le réseau social a dévoilé le nombre et l’origine de ces demandes.

Les informations dévoilées par Facebook portent sur le premier semestre de l’année.

Les États-Unis arrivent en tête avec 12 000 requêtes. L’Inde en a déposé 3 254, mais l’UE se défend, avec au total 8 590 demandes d’informations !

Facebook dispose d’une « procédure rigoureuse » pour gérer les requêtes des gouvernements. La grande majorité des demandes concerne des enquêtes criminelles, comme des vols, enlèvements, etc. La conformité juridique de chaque demande est examinée, selon Colin Stretch, le conseiller général de Facebook.

« Nous rejetons bon nombre de ces requêtes lorsque nous leur trouvons des lacunes juridiques. Et nous limitons la portée des demandes trop larges ou trop vagues », a-t-il indiqué dans un communiqué. « Lorsque nous sommes contraints de traiter une requête particulière, nous ne partageons souvent que des informations de base sur l’utilisateur, comme son nom. »

Le nombre de demandes varie fortement entre les États membres. Les champions sont le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec 1 954 demandes du Royaume-Uni, 1 886 de l’Allemagne, 1 705 pour l’Italie et 1 547 pour la France.

Le Danemark et les Pays-Bas n’ont déposé que 11 requêtes et la Bulgarie une seule.

Facebook a publié ces informations à la suite du scandale du programme Prism, mis en place par les Etats-Unis avec l’aide d’autres services secrets. Ce logiciel permet de collecter des données de Google, de Facebook, de Skype et d’autres sociétés américaines. Un lanceur d’alerte avait dévoilé les preuves de l’existence de ce programme dans le Guardian et le Washington Post.

Les États-Unis ne sont pas seuls

La liste laisse penser que malgré son programme d’espionnage spécifique, les États-Unis ne sont pas les seuls à surveiller les données des réseaux sociaux.

Des législateurs européens ont réagi avec colère aux révélations sur le programme Prism. Ils ont demandé que les États-Unis ne soient plus en mesure d’accéder à des données de citoyens européens sans l’approbation d’un juge ou d’une autorité équivalente.

Selon une porte-parole de la commissaire à la justice, Viviane Reding, les informations de Facebook sont « intéressantes ». Elle a toutefois ajouté que la Commission européenne ne changera pas de position sur Prism.

« Les Européens tiennent à la protection des données […] C’est évident. Ils veulent des règles qui empêchent les entreprises ou les services répressifs d’Europe et d’ailleurs de violer leurs droits », a-t-elle ajouté.

Un autre fonctionnaire de l’UE a affirmé sous couvert de l’anonymat que la divulgation des données de Facebook n’était pas tout à fait claire.

« Combien de requêtes gouvernementales étaient liées à l’application de la loi et combien à la collecte d’informations ? », s’est demandé cette source. Elle a rappelé que le nombre d’utilisateurs américains avoisinait celui des Européens. Or la quantité de demandes des États-Unis était supérieure d’environ 30 %.

Subscribe to our newsletters

Subscribe