La nomination surprise de Günther Oettinger au numérique fait débat

Günther Oettinger, à Lauchringen (Allemagne), 2009. [Bernd Glasstetter/Flickr]

En Allemagne, bon nombre de personnes sont surprises par la nomination de Günther Oettinger au poste de l’économie numérique dans la nouvelle Commission de Jean-Claude Juncker. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Attendu au commerce, le commissaire allemand Günther Oettinger a finalement obtenu le portefeuille de l’économie numérique, après avoir occupé le poste de commissaire à l’Energie au sein de la précédente Commission. Une nomination perçue comme « la plus grande erreur dans la distribution des postes » de la part du futur président de la Commission, selon Jan Philipp Albrecht, eurodéputé vert expert dans la protection des données.   

« L’ancien commissaire en charge de l’énergie n’a ni l’expérience dans ce domaine ni un calendrier clair sur la manière d’aborder la transformation numérique. C’est une déception à la fois pour l’économie et pour les consommateurs », selon Jan Philipp Albrecht.

L’eurodéputé libéral Alexander Graf Lambsdorff a décrit la désignation de Günther Oettinger comme « un affront envers le gouvernement allemand ».

Pourtant, selon Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, la nomination de Günther Oettinger à ce poste a été bien reçue. « De notre point de vue, c’est un très bon choix », assure-t-il.

Ce portefeuille sera déterminant dans la Commission de Juncker. Il est également important aux yeux du gouvernement allemand, selon Steffen Seibert.

Les spéculations vont toutefois bon train sur la rationalité de ce choix. « Jean-Claude Juncker n’a pas satisfait le souhait d’Angela Merkel, elle souhaitait qu’il obtienne le poste de commissaire au commerce », explique Manuel Sarrazin, député vert allemand.

Le commerce revient à la Suède

« Apparemment, Jean-Claude Juncker ne veut pas d’une marionnette contrôlée par Angela Merkel. Il ne souhaite pas non plus que le lobby américain ait une position dominante dans les négociations sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP) ».

« Avec sa décision, Jean-Claude Juncker montre clairement que Berlin ne peut pas avoir la main mise sur Bruxelles. ». Le cabinet du commissaire en charge du Commerce, responsable des négociations sur lTTIPrevient à la Suédoise, Cecilia Malmström.

« C’est une bonne désignation », selon Manuel Sarrazin.« Elle a une personnalité forte et elle n’autorisera pas les autres à se mêler de son travail.Elle a déjà eu à faire avec des groupes de pression puissants dans le passé. »

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