Le 112 ? « Connais pas » répondent les Européens

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Les gouvernements nationaux ont fait peu d'effort pour vulgariser l'utilisation du 112. Environ 60 % des Européens ne connaissent pas le numéro d'urgence identique dans les 28 pays.

Seulement 41 % des Européens savent qu'ils peuvent contacter les services d'urgence n'importe où en Europe en tapant le 112 sans avoir à payer de frais, selon les derniers sondages de l'UE.

Ceci malgré le fait que le 112 soit accessible depuis 2008 partout au sein des Vingt-huit, mais aussi dans l'Espace économique européen (EEE), qui comprend la Norvège et l’Islande.

Le numéro est accessible sans frais et à partir de n'importe quel appareil, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Pour la Commission européenne, les États membres de l'UE sont responsables de la méconnaissance des citoyens relative à ce service paneuropéen. Selon elle, les États membres tardent à prendre les initiatives nécessaires au niveau national.          

« Je m'inquiète du fait que les citoyens méconnaissent un service fondamental important et que les gouvernements nationaux ne n’agissent pas davantage pour les en informer et rendre ce service opérationnel sur le terrain, » a déclaré Neelie Kroes, commissaire en charge de la stratégie numérique.

Au cœur du débat se trouvent les services de localisation de l’appelant, qui n'ont pas été mis en œuvre dans tous les pays européens.

« Régler la question de la localisation de l’appelant relève de la responsabilité des gouvernements nationaux, pas de la responsabilité de l'UE, » a poursuivi la commissaire néerlandaise, en réponse aux critiques formulées à l'encontre de la Commission, qui n'aurait pas assez agi pour appliquer cette législation.

Elle a d’ailleurs rappelé à l'ordre les ministres nationaux. Dans une lettre, elle a demandé à ces derniers de fournir des informations quant aux plans nationaux développés en vue de promouvoir et de mettre en place de façon efficace le 112. La réponse devra être remise au plus tard le 30 mars 2014.

« L'UE a mis ce service à disposition, aux autres maintenant de prendre leur responsabilité, » a-t-elle prévenu.

La Commission sous les feux de la critique

Malgré tout, Neelie Kroes a essuyé de nombreuses critiques pour son manque de dynamisme en vue de rendre le numéro d'urgence européen 112 réellement opérationnel.

« Malgré le soutien inconditionnel du Parlement européen, la Commission, et en particulier Neelie Kroes, a peu agi pour accroître la sensibilisation autour du 112 [parmi les citoyens européens] et optimiser sa mise en œuvre, » a estimé, de son côté, l'Association du numéro européen d'urgence du 112 (EENA).

À l’occasion de la journée européenne du 112, le 11 février dernier, l'EENA a organisé un évènement au Parlement européen en vue de sensibiliser sur ce sujet.

Art?ras Kedavi?ius, l'ancien responsable du service 112 en Lituanie, a expliqué à quel point le manque d'encadrement au niveau européen a eu des conséquences tragiques. Il a cité le cas d'une femme qui a appelé huit fois le 112 mais qui n'a pu être localisée et, par conséquent, sauvée.

Après cet évènement dramatique, le Lituanien a dû démissionner. « J'ai dû endosser la responsabilité de ce qui est arrivé, alors qu'en fait la Commission européenne aurait dû contraindre les opérateurs de téléphonie mobile à envoyer les informations de localisation aux services d'urgence, » a expliqué Art?ras Kedavi?ius.

Un système d'appel d'urgence sur tous les véhicules européens en 2015

Entre-temps, la commission du marché intérieur (IMCO) a voté en faveur du projet « eCall » : un système dont tous les nouveaux véhicules utilitaires légers et voitures particulières européens devront être équipés à partir d’octobre 2015.

Le système, qui utilise le numéro d'appel d'urgence européen, permettra aux services d'urgence d'atteindre les lieux de l'accident plus rapidement, ce qui permettra de sauver plus de vie et de réduire le nombre de blessés, ont expliqué les eurodéputés. Selon eux, ce nouveau système pourrait sauver 2 500 vies chaque année.

Cependant, le docteur Demetrios Pyrros, actif au sein de l'EENA, n'est pas très enthousiasmé par ce projet, car selon lui, ce système ne concerne seulement que 1,7 % du nombre total des appels d'urgence au sein de l'UE.

« Je ne peux pas comprendre ou accepter que la Commission dépense des millions d'euros dans le projet eCall, » s'est-il indigné. « Au moins 4 milliards d'euros pourraient être économisés par an grâce au déploiement d'un système approprié de localisation des appelants : la Commission aurait-elle peur des pressions des opérateurs de téléphonie mobile ? », s'est interrogé le médecin grec. 

Depuis décembre 2008, les Européens peuvent composer le numéro d'urgence 112 partout en Europe, et ce, sans avoir à payer de frais.

Quand une personne tape le 112, un opérateur spécialisé répondra à l'appel et la transfèrera aux services d'urgence appropriés au niveau national : les services ambulanciers, les pompiers ou la police, par exemple.

Le 112 ne remplace pas les numéros d'appel d'urgence nationaux. Dans la plupart des pays, ce numéro a été mis en place en plus de celui existant au niveau national.

  • 30 mars 2014 :  fin de l'échéance pour que les autorités nationales soumettent leurs plans en vue de promouvoir et de mettre en œuvre le 112
  • D’ici octobre 2015 : tous les nouveaux véhicules seront dotés du nouveau système d'appel d'urgence « eCall ».

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