Les populistes passent maître dans l’art des médias sociaux

Selfie au Parlement européen [Parlement européen]

Selfie au Parlement européen [Parlement européen]

Les discours populistes semblent trouver un relais efficace sur les réseaux sociaux tels que Twitter ou Facebook. Une arme médiatique redoutable à l’approche des élections européennes de mai.

Le nombre de tweets, de publications et de partages sur les réseaux des candidats aux élections européennes ne cesse d’augmenter. Alors que Facebook, Twitter et d’autres plateformes ont pris de l’ampleur ces dernières années, les dirigeants politiques s’investissent intensivement dans les médias sociaux. Objectif : stimuler leur campagne électorale européenne pour les élections des 22 et 25 mai.

Les eurosceptiques ont de meilleurs résultats sur Twitter

Certains dirigeants sont passés maîtres dans l’art les médias sociaux. Selon un outil d’observation développé par l’institut de sondage TNS, les chefs d’État et de gouvernement Matteo Renzo, François Hollande ou David Cameron sont parvenus à obtenir la plus grande partie de l’attention en ligne au cours du mois dernier.

Martin Schulz, candidat à la présidence de la Commission, est le dirigeant politique des institutions européennes le plus présent dans les médias sociaux.

Mais les détracteurs se demandent si cette tendance contribue à la réelle construction d’un débat public. La complexité et la nuance ne peuvent pas s’exprimer en 140 caractères (la longueur maximale d’un tweet) ou par une publication sur Facebook.

Selon Andrew Keen, « Beppe Grillo est le parfait exemple de la personnalité politique qui peut engranger des gains dans les médias sociaux : il est du genre à se réinventer une marque ou à faire passer une simple idée comme l’islamophobie, la sortie de l’UE, ou la mise à mort du système établi », a déclaré Andrew Keen en ajoutant que les autres idées plus complexes sont plus difficiles à représenter dans les médias sociaux indique.

« L’inconvénient, surtout en Europe, c’est que les médias sociaux tendent de sanctionner le compromis et la modération », a admis pour sa part Alec Ross. « Ils récompensent les extrémismes »

D’après les sondages des derniers mois, les partis eurosceptiques vont gagner du terrain et pourraient récolter jusqu’à 25 % des voix au sein du prochain Parlement européen.

Le Parlement entre aussi dans la danse

Selon une liste du Parlement européen sur Twitter, plus de 400 eurodéputés ont créé un compte sur cette plateforme. L’institution européenne gère également la plateforme « epnewshub » qui répertorie les tweets publiés par tous les représentants actifs sur le réseau social. En décembre, le Parlement européen a réussi à atteindre le million de « followers » sur sa page Facebook.

Étant donné que la dernière session plénière à Strasbourg a lieu cette semaine, bon nombre de parlementaires vont dorénavant passer en mode campagne électorale. 

Ce mois-ci, Alec Ross, en charge de la campagne électorale en ligne de 2008 du président américain, Barack Obama, a expliqué lors d’une conférence à Bruxelles comment l’équipe du président a intégré les médias sociaux dans la stratégie visant à assurer la victoire de Barack Obama.

« Les personnalités politiques qui s’adaptent seront élues », a-t-il assuré. Toutefois, nombre d’acteurs politiques doivent encore se familiariser avec les outils en ligne. « Ils ont l’habitude de s’adresser aux élites. Ils doivent dorénavant discuter avec des audiences plus larges », selon Alec Ross.

« Twitter est bien pour lancer des conversations, mais Facebook est plus important dans les initiatives visant à inciter la population à se rendre aux urnes », a-t-il ajouté.

Les prochaines élections européennes seront organisées dans tous les États membres entre le 22 et le 25 mai 2014. Les eurodéputés sont élus pour représenter les électeurs pendant 5 ans.

Ces élections seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui renforce le pouvoir du Parlement dans le processus de nomination du président de la Commission. Les partis ont pris les choses en main et ont désigné leur propre candidat à la présidence de la Commission.

Les partis eurosceptiques en Europe ont montré leur volonté d'agir au niveau européen. Le très controversé leader néerlandais d'extrême droite Geert Wilders et la dirigeante du Front national, Marine Le Pen, ont pris l'initiative de constituer un nouveau groupe au Parlement européen avec d'autres partis avec qui ils partagent une vision commune. 

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