Le président de la FIFA défend la règle du « 6+5 » devant le Parlement [FR]

football_isp_no_source.jpg

Hier 6 octobre, Sepp Blatter, président de la FIFA (l’organe dirigeant du football mondial), a défendu une règle selon laquelle au maximum cinq joueurs étrangers par équipe pourraient être autorisés à débuter un match. 

Lors de sa visite de lundi au Parlement européen, M. Blatter a déclaré que le football doit être financé et soutenu par les communautés locales.

Le président de la FIFA avait été convié à cette réunion avec les parlementaires par l’eurodéputé belge Ivo Belet (PPE-DE), auteur d’un rapport sur l’avenir du sport professionnel en Europe.

Mais les déclarations de M. Blatter ont suscité le scepticisme du Parlement européen, qui avait rejeté la formule du « 6+5 » plus tôt cette année, estimant qu’elle engendrerait une discrimination basée sur la nationalité. 

La grande majorité du Parlement s’était prononcé contre la formule du « 6+5 » dans une résolution adoptée le 8 mai (518 voix pour, 49 contre). A la place, les eurodéputés ont privilégié une règle « maison » conçue par l’UEFA, l’organe dirigeant du football européen, qui établit un quota de joueurs formés par les clubs eux-mêmes, indépendamment de leur nationalité. 

M. Blatter a fermement soutenu l’introduction de quotas nationaux, un système envisagé à l’origine comme une mesure incitative qui encouragerait les clubs à investir dans la formation des jeunes joueurs locaux. La règle du « 6+5 » bénéficie d’un large soutien, a-t-il affirmé. 

Une part considérable des personnalités du ballon rond – notamment Pelé, Franz Beckenbauer, Johann Cruijff, Steven Gerrard – ainsi que plusieurs ministres européens soutiennent la décision de la FIFA. 

La règle du « 6+5 » contribuerait en outre à consolider l’identité nationale et locale des clubs, a estimé M. Blatter. Dans un club comme le Bayern Munich, il faut désormais traduire les entraînements en cinq langues, a-t-il signalé, déplorant la perte de l’identité nationale du club.

Mais les propos de M. Blatter ont rencontré des réactions mitigées de la part de certains membres du Parlement européen, tout particulièrement à propos de l’accent mis sur l’identité nationale. L’Espagnol Luis Herrero-Tejedor (PPE-DE) a critiqué les opinions de M. Blatter en s’interrogeant sur l’utilité d’encourager l’identité nationale. Pourquoi ne pas utiliser plusieurs langues et traductions à l’entraînement, a-t-il demandé, avant d’ajouter que l’UE employait plus de 20 langues tout en fournissant un excellent travail.

M. Blatter a également appelé l’Union européenne à limiter la mainmise étrangère sur les clubs de football. Il faut faire quelque chose par rapport aux propriétaires milliardaires, a-t-il déclaré, faisant spécifiquement référence à l’Angleterre, où huit des vingt clubs de « Premier League » appartiennent à des investisseurs étrangers. 

Ces personnes arrivent, achètent les clubs et peuvent s’en aller à tout moment, a-t-il indiqué. Cette situation crée un risque d’instabilité pour les équipes et pour la compétition dans son ensemble. Idéalement, il faudrait trouver une solution pour que les clubs soient financés par des investisseurs locaux. Pour pouvoir acheter un club, il faut prouver votre lien avec le domaine, a-t-il suggéré. 

M. Blatter a déclaré que la FIFA ne mettrait pas en œuvre une décision telle que la règle du « 6 + 5 » tant que celle-ci ne serait pas compatible avec la loi. Cependant, il a indiqué qu’il faut changer les lois lorsque c’est dans l’intérêt du sport. 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.