L’UE vient en aide à l’Italie face au flux d’immigrants en Méditerranée

Garde-côtes en Grèce © Kostas Koutsaftikis / Shutterstock.com

Garde-côtes en Grèce © Kostas Koutsaftikis / Shutterstock.com

La Commission européenne a décidé de lancer une nouvelle opération en Méditerranée pour aider l’Italie à faire face à l’afflux de migrants. Mais la portée de l’opération dépendra de la générosité des Etats membres, appelé à la financer.

La Commission européenne a finalement entendu les appels à l’aide de l’Italie, confrontée depuis des mois à une recrudescence du nombre de migrants arrivant par voie maritime sur ses côtes.

? L’exécutif européen a annoncé mercredi 27 août le prochain lancement à l’échelon communautaire d’une opération maritime pour faire face au flux croissant d’immigrants illégaux en provenance d’Afrique du Nord.

Frontex, l’agence européenne de contrôle aux frontières de l’Union, va prendre en charge la nouvelle opération, dénommée « Frontex Plus », avec pour objectif de la substituer à l’opération italienne en cours.

« Le but est de mettre en place un Frontex Plus élargi pour compléter ce que fait l’Italie », a déclaré Cecilia Malmström, la commissaire européenne aux Affaires intérieures.

La guerre civile en Syrie et les troubles quasi-permanents en Libye ont eu pour conséquence un nouveau record du nombre d’immigrants clandestins arrivés par voie maritime en Italie. Depuis le début de l’année, ils sont plus  de 100.000 à avoir rejoint les côtes italiennes.

Drame de Lampedusa

En octobre dernier, 366 personnes s’étaient noyées après le naufrage du bateau qui les transportait, à quelques centaines de mètres de l’île italienne de Lampedusa.

>>Lire : Le drame de Lampedusa décrédibilise Frontex et Eurosur

Ce drame a abouti au lancement par l’Italie de l’opération « Mare Nostrum », un dispositif de patrouilles, de recherche et de sauvetage en mer qui coûte à Rome neuf millions d’euros par mois.

>>Lire : L’Italie milite en faveur d’un « Frontex Plus » pour gérer l’immigration

Les autorités italiennes demandent régulièrement à Frontex de prendre en charge cette opération et aux autres Etats membres de l’Union d’en partager le coût.

Cecilia Malmström répondait jusqu’à présent que Frontex n’avait pas les moyens matériels de reprendre Mare Nostrum et les pays membres font pour la plupart la sourde oreille aux demandes de Rome.

Un financement des Etats membres

L’opération Frontex Plus sera de moindre ampleur que Mare Nostrum, a expliqué la commissaire européenne, ajoutant que son succès dépendrait des contributions des Etats membres, l’agence européenne ne disposant que de moyens limités.

« Les Etats membres fourniront des équipements, des avions, des bateaux, afin de garder aussi bien que possible les frontières européennes », a dit Angelino Alfano, le ministre italien de l’Intérieur.

Il a ajouté que le dispositif Frontex Plus devrait être opérationnel en novembre, ce qui permettra alors au gouvernement italien de décider de la meilleure manière de démanteler le dispositif Mare Nostrum.

L'agence Frontex basée à Varsovie centralise la gestion des questions de sécurité aux frontières. Son budget, comme la majorité des budgets européens, a reculé entre 2012 et 2013 pour cause de tour de vis budgétaires des Etats, passant de 118 à 85 millions d'euros par an.

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