La France et la Russie s’accordent sur la sécurité européenne [FR]

Dmitry_Medvedev_04.jpg

Lors de leur réunion d’hier 8 octobre à Evian, le président français Nicolas Sarkozy et son homologue russe Dmitri Mevedev ont tourné la page de la crise géorgienne en exprimant des messages similaires sur la nécessité de reconstruire l’architecture sécuritaire de l’Europe.

Prenant la parole lors d’un forum organisé par l’Institut français des relations internationales (ifri), M. Sarkozy a exprimé sa satisfaction par rapport au départ des soldats russes des zones tampons en Ossétie du Sud et en Abkhazie. L’annonce de Moscou est d’ailleurs intervenue en même temps que la conférence d’Evian. 

Le président russe « a tenu parole », a indiqué M. Sarkozy, ajoutant qu’il avait débattu avec Medvedev des détails de la conférence de Genève du 15 octobre, qui est considérée comme la prochaine étape clé dans la gestion de la crise géorgienne. 

M. Sarkozy a déploré qu’après la chute du mur de Berlin, le sentiment qui prévaut aujourd’hui est que le monde ne possède ni boussole ni ligne de conduite. L’ordre unipolaire qui était censé organiser le monde n’a pas résisté à la multiplication des crises, a-t-il indiqué.

Le président français a proposé la tenue d’un sommet de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe afin de discuter des « propositions [de la Russie] et de celles de l’Union européenne pour de nouveaux concepts de défense paneuropéens ». Il a indiqué que ce sommet pourrait se dérouler avant la fin 2009.

Ces déclarations semblent s’accorder avec les plans de M. Medvedev, qui souhaite convoquer un forum pour débattre d’un nouveau traité de sécurité européenne. Il avait récemment évoqué cette idée, qu’il a exposée plus en détail pour la première fois à Evian. 

Premièrement, le traité devrait clairement affirmer les principes fondamentaux en matière de sécurité et de relations intergouvernementales dans la zone euro-atlantique, a déclaré M. Medvedev. De plus, il a conseillé d’éviter la violence dans la mesure du possible et de fournir une sécurité égale, c’est-à-dire une sécurité qui ne se fasse pas aux dépens des autres. Sans évoquer l’OTAN, il a fait savoir que la Russie s’opposait à l’extension des alliances militaires près de ses frontières. 

Il est également important que le traité confirme qu’aucun Etat ou aucune organisation internationale ne détiennent des droits exclusifs pour le maintien de la paix et de la stabilité en Europe, a-t-il ajouté, signalant que cela vaut aussi pour la Russie. Finalement, M. Medvedev a annoncé son cinquième et dernier principe : mettre en place des paramètres élémentaires de contrôle des armes et fixer des limites raisonnables aux constructions militaires. 

Le président russe a également critiqué les Etats-Unis pour leurs actions unilatérales en Afghanistan tout en critiquant à nouveau la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo. 

Mais selon M. Medvedev, le véritable problème, c’est que l’OTAN établit ses infrastructures militaires aux confins du territoire russe, traçant de nouvelles lignes de division en Europe, le long des frontières à l’ouest et au sud du pays cette fois-ci. M. Medvedev a estimé qu’en dépit des déclarations qu’on fait à son pays, il est tout à fait naturel que la Russie considère cette situation comme une action dirigée contre elle. 

Le président russe a regretté que l’administration américaine actuelle réveille les fantômes du passé. « La soviétologie, comme la paranoïa, est une maladie dangereuse et il est dommage que, jusqu’à aujourd’hui, une partie de l’administration américaine en souffre », a affirmé le président russe. 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.