La France serait favorable à la reconnaissance de l’Etat palestinien

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Le président palestinien, Mahmoud Abbas, est en visite à Paris aujourd'hui (21 avril) pour tenter de convaincre son homologue français, Nicolas Sarkozy, de reconnaître l’Etat palestinien lors d’un vote à l’Assemblée générale des Nations unies qui doit se tenir en septembre. Des diplomates affirment que la France est « extrêmement favorable » à cette initiative.

Alors que M. Abbas vient en visite à Paris, il semblerait que l'UE ait de plus en plus tendance à vouloir soutenir le mouvement palestinien afin d'insuffler un nouvel élan aux pourparlers de paix qui stagnent depuis qu'Israël a repris la construction de colonies en Cisjordanie en septembre 2010.

Hael Fahoum, l'ambassadeur palestinien à Paris, a confirmé que les deux présidents discuteraient de la création d'un Etat palestinien ainsi que de la conférence des donateurs durant laquelle les autorités palestiniennes tenteront d'obtenir 5 milliards de dollars sur trois ans pour construire leur Etat.

« La France est tout à fait d'accord sur l'importance d'établir un Etat palestinien », a-t-il dit à EURACTIV. « Ils n'ont aucun problème avec la question de la reconnaissance, mais ils cherchent à faire évoluer le processus via des étapes concrètes », a-t-il déclaré.

Les discussions entre M. Sarkozy et M. Abbas seront « franches et directes », a ajouté M. Fahoum.

Le 18 février, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont lancé une initiative pour amorcer des négociations en proposant un projet de résolution du conflit israélo-palestinien, qui évoque la mise en place de frontières et de mesures de sécurité et mènerait à l'établissement d'un Etat palestinien.

Cette proposition aurait donné à l'UE et à l'ONU une réelle responsabilité dans une nouvelle série de négociations.

Toutefois, les Etats-Unis n'ont pas accepté et une réunion du Quatuor (UE, ONU, Etats-Unis et Russie) qui avait pour but de superviser les négociations a été reportée.

Un fonctionnaire du Ministère britannique des affaires étrangères a déclaré à EURACTIV que Londres soutenait toujours la création d'une « Palestine souveraine, indépendante et voisine d'un Etat israélien sûr et sécurisé ».

S'agissant de la date butoir de l'initiative palestinienne, il a ajouté : « Nous ferons notre possible pour réussir d'ici le mois de septembre ».

Le projet sur deux ans visant la création d'un Etat palestinien fut lancé par le premier ministre palestinien Salaam Fayyad en septembre 2009 avec le soutien de l'UE et de la communauté internationale.

L'Envoyé spécial du Quatuor, Tony Blair, a récemment déclaré dans le Times : « La construction d'un Etat palestinien sous l'Autorité palestinienne et [le premier ministre] Fayyad est une lueur d’espoir dans la pénombre diplomatique ».

La semaine dernière, la Banque mondiale a affirmé que le gouvernement palestinien était sur la bonne voie pour honorer sa promesse de mettre sur pied des institutions d'Etat indépendantes.

L'UE est le plus grand donateur en faveur de l'Autorité palestinienne

Si cet Etat doit se créer, Bruxelles pourrait, dans les faits, être son principal sponsor financier.

L'UE et ses Etats membres représentent les plus grands donateurs de l'Autorité palestinienne qui fut créé suite à l'Accord d'Oslo en 1993 en versant environ 500 millions d'euros par an. En 2009, l'UE a contribué à hauteur de 590,5 millions d'euros.

Mais si cette issue diplomatique disparaît après le mois de septembre, cette générosité pourrait s'atténuer.

Le 19 janvier 2010 déjà, Christian Berger, responsable du Bureau technique de la Commission européenne à Jérusalem, a prévenu que ce soutien ne pourrait être durable que dans le cas où il y aurait une indication claire qu'un Etat palestinien serait créé dans un futur proche.

Il a ajouté : « Apporter un tel soutien sur une longue période sans aboutir à un objectif suscitera des interrogations, surtout de la part de nos contribuables ».

Les Palestiniens, cependant, espèrent que l'UE continuera à les soutenir au moins jusqu'en septembre.

« Nous avons besoin que l'Europe soit un partenaire à part entière dans ce processus et non pas un médiateur ou un coordinateur », a déclaré M. Fahoum. « Ils ont le potentiel et le droit et il est temps à présent de transformer les paroles en actions ».

L'Etat d'Israël a été créé en 1948, remplaçant le mandat britannique de Palestine suite à un conflit qui a résulté en la fuite d'au moins 750 000 Palestiniens. 19 ans plus tard, la crise des réfugiés a été exacerbée par l'invasion et l'occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza pendant la guerre de Six Jours de 1967. Par la suite, Israël a annexé Jérusalem-Est à son territoire et a construit des colonies en Cisjordanie qui accueillent aujourd'hui 500 000 Juifs israéliens.

Avec la Déclaration de Venise en 1980, l'UE, qui reconnaît le droit de la Palestine à l'autodétermination, est devenue la troisième partie du conflit international israélo-palestinien. En 1986, l'UE est allée plus loin en promulgant un règlement permettant aux Palestiniens en territoires occupés d'exporter des produits en Europe sous le label « Made in the West Bank and Gaza » (en français : fabriqué en Cisjordanie et à Gaza).

Après la signature de l'Accord d'Oslo en 1993, l'UE a accru son engagement dans le processus de paix en soutenant financièrement l'Autorité palestinienne naissante. Toutefois, la position de l'UE, à savoir que tout accord de paix devrait respecter les frontières originales de 1967, ce qui permettrait aux Palestiniens d'établir leur capitale à Jérusalem-Est, rencontre une vive opposition en Israël.

En décembre 2010, 26 anciens leaders de l'UE, y compris Javier Solana et Helmut Schmidt, ont demandé un boycott et des sanctions à l'encontre d'Israël pour la construction des colonies.

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