Le Pape craint de voir la Méditerranée se transformer en « grand cimetière »

Le Pape François [Republic of Korea/Flickr] [Republic of Korea/Flickr]

Le pape François s’est adressé aux dirigeants européens mardi 25 novembre et les a exhortés à aider davantage les milliers de migrants qui risquent leur vie pour s’installer sur le continent. « La Méditerranée ne doit pas devenir un grand cimetière », plaide-t-il.

S’exprimant pour la première fois devant le Parlement européen, François a souligné le besoin de créer de l’emploi et le danger que représente la bureaucratie, qui risque de suffoquer les idéaux qui avaient insufflé tellement d’espoir dans les institutions européennes.

Le pape argentin fait de la défense des migrants et des travailleurs l’un des piliers de sa papauté. Il a toujours vivement critiqué le système économique global, dans lequel il n’existe pas de réelle redistribution des richesses et a choisi d’effectuer son premier voyage officiel sur la petite île italienne de Lampedusa, destination de nombre de migrants morts en mer.

Mardi, il a appelé de ses vœux une Europe qui « qui ne tourne pas uniquement autour de l’économie, mais du caractère sacré de la personne ». Le pape a également insisté sur le besoin de politiques créant de l’emploi, mais surtout sur la nécessité de restaurer la dignité du travail en garantissant des conditions de travail correctes.

>> Lire : La lutte contre le chômage des jeunes patine en Europe

« Cela implique de conjuguer d’une part la flexibilité du marché avec le besoin de stabilité et de sécurité des travailleurs, conditions indispensables de leur développement en tant qu’humains », souligne-t-il. Le chômage touche 10,1 % de la population totale des 28 États membres et environ 11,5 % de la population des pays de la zone euro. Cela correspond à plus du double du niveau de chômage en Espagne et en Grèce ans certaines régions, le chômage des jeunes atteint 40 %.

François a également abordé la question de la crise de l’immigration, quelques jours seulement après que 600 migrants aient été secourus en Méditerranée, entre la Sicile et l’Afrique du Nord. « Il est nécessaire d’affronter ensemble la question de l’immigration. On ne peut tolérer que la Méditerranée devienne un grand cimetière, assène le pontife. Dans ces barques qui arrivent quotidiennement sur les côtes européennes, il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d’accueil et d’aide ». Le pape encourage les pays européens à agir conjointement afin de protéger les migrants de la traite d’êtres humains.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que quelque 3 200 migrants ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l’année 2014.

>> Lire : L’UE vient en aide à l’Italie face au flux d’immigrants en Méditerranée

Le Pape François estime que l’Europe doit trouver un nouvel élan, une nouvelle énergie, elle qui apparaît « vieille et fatiguée » au pontife, qui la compare à une grand-mère qui n’est plus fertile ni passionnée. « Les grands idéaux qui ont inspiré l’Europe semblent avoir perdu leur force attractive en faveur de la technique bureaucratique de ses institutions », regrette-t-il.

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