Des images dans les futurs moteurs de recherche [FR]

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Les moteurs de recherche de nouvelle génération pourraient fonctionner non seulement avec du texte mais aussi avec des images, grâce aux nouvelles technologies concernant la récupération de contenu visuel développé par un projet financé par la Commission européenne, Vitalas, dont le prototype sera expérimenté à partir de la semaine prochaine par Exalead, le quatrième moteur de recherche au monde.

Cette nouvelle application est actuellement testée par de nouvelles agences, comme l’AFP et Belga, pour l’annotation et l’extraction automatiques d’images de leurs archives. Comme l’explique Alexis Joly, chercheur à l’Inria, un des instituts à l’origine du développement de cette nouvelle technologie, les journalistes sont souvent incapables de choisir la bonne image, non pas parce qu’elle n’existe pas dans leurs archives mais parce qu’il est impossible ou trop fastidieux de la retrouver. Avec un système d’extraction de contenu visuel, ce problème disparaîtra, a-t-il déclaré lors d’une conférence à Lille le 10 décembre. 

Les applications de cette nouvelle technologie en développement concernent tous les domaines, de la biologie à la sécurité. M. Joly a déclaré qu’après l’avoir testé, la police judicaire française était intéressée par l’acquisition de 200 licences du prototype. Il a également expliqué que le programme avait permis de localiser des réseaux de pédophilie partout dans le monde, en identifiant des objets particuliers sur l’arrière plan des images téléchargées à des fins illégales. Le prototype est capable de retrouver des caractéristiques, comme une chaise dans une pièce, dans d’énormes bases de données d’images.

Le programme développé par le projet Vitalas cible uniquement les détails fixes et non les éléments susceptibles de changer. Cela signifie qu’il n’est pas en mesure d’identifier des visages. La reconnaissance faciale est en effet l’autre branche importante de l’extraction de contenu visuel. Comme l’a souligné Nozha Boujemaa, coordinateur scientifique du projet Vitalas et directeur de recherche à l’Inria, lors de la conférence Lille pour célébrer les 40 ans de l’Inria (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique), il existe deux familles différentes de programmes.

La reconnaissance faciale est actuellement utilisée par les autorités responsables du respect de la loi et les services de douanes, en particulier dans les aéroports. De plus, le programme a déjà trouvé une utilité sur Internet, depuis que les moteurs de recherche comme Google et Exalead proposent des applications de détection faciale. 

Cependant, la détection faciale implique uniquement de repérer un visage sur une image et non de l’identifier, à la différence de la reconnaissance faciale. M. Boujemaa souligne que l’application de programmes de reconnaissance faciale sur Internet n’est pas prête de voir le jour. Il explique que cette technologie n’est pas encore à un stade assez avancé pour être utilisée à grande échelle. De plus, il estime que même si le projet a relativement progressé concernant la vue frontale de la reconnaissance faciale, la vue de profil pose encore d’importants problèmes.

Enisa, l’agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information, a averti que même si elles sont loin d’être appliquées à grande échelle, ces technologies innovantes posent déjà de véritables problèmes concernant la protection de la vie privée et la sécurité. Dans un récent rapport, Enisa souligne qu’alors que la reconnaissance faciale permet d’associer des données concernant l’aspect physique de l’individu, l’extraction d’images à partir du contenu permet d’associer des données relatives au lieu grâce à la reconnaissance d’objets communs sur les images. Cette technique permet de déduire les données relatives au lieu à partir de profils anonymes contenant des images du domicile des utilisateurs. Cela pourrait entraîner des poursuites, une mauvaise publicité, du chantage et toutes autres menaces liées à la révélation non désirée de données relatives au lieu.

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