Violeta Bulc évoque les subventions au secteur aérien avec les pays du Golfe

Violeta Bulc va adopter un approche pas à pas pour résoudre la questions des subventions que les pays du Golfe attribuent à leurs compagnies aériennes. [Federation European Cyclists]

La commissaire en charge des transports, Violeta Bulc, veut tenter d’uniformiser les règles entre les compagnies aériennes européennes et leurs rivales des États du Golfe, qui reçoivent des subventions publiques importantes.

Les compagnies du Golfe sont entrées dans la compétition des vols internationaux, un coup dur pour les compagnies européennes et américaines, qui se sont plaintes de subventions déloyales versées par les pays du Moyen-Orient. Paris et Berlin ont donc demandé à la Commission européenne de mettre un terme à ces pratiques en adoptant une stratégie commune pour le contrôle de la conformité des activités des compagnies étrangères au droit européen.

Violeta Bulc, femme d’affaire et femme politique slovène a été nommée au poste de commissaire au transport le 1er novembre 2014. Elle a accepté de répondre aux questions d’EURACTIV.

Vous vous rendez dans les pays du Golfe. Quand espérez-vous demander un mandat pour négocier un nouvel accord avec ces gouvernements ?

Il s’agit de ma première visite dans les pays du Golfe. Je m’y rends avec une mission claire. Je souhaite d’abord établir une bonne relation avec ces pays. C’est vraiment important pour moi car les pays du Golfe sont des partenaires importants, notamment dans le domaine de l’aviation, mais aussi dans d’autres domaines. Notre objectif est d’instaurer un climat de confiance. C’est mon premier objectif. Pour être plus précise, nous discuterons du secteur de l’aviation. Nous avons déjà une relation très étroite avec les pays du Golfe dans ce secteur, mais, bien entendu, des améliorations peuvent être apportées. Nous avons mis en place les principaux éléments de notre relation. L’Europe est le marché qui leur a permis de se développer. Ce qui signifie que l’Europe a elle-même un marché bien développé. Par ailleurs, ils font aussi partie des plus gros investisseurs en Europe. Ils achètent 50 % des capacités d’Airbus, par exemple. C’est un élément très important.

Et pour l’Europe ?

Les pays du Golfe nous offrent une bonne occasion d’exporter, non seulement nos produits industriels, mais aussi nos normes et nos cadres réglementaires. Il est important de continuer à travailler avec eux sur une compréhension globale de l’évolution de l’espace aérien. Ces pays deviennent des acteurs de plus en plus importants. Nous avons déjà des éléments sur lesquels nous pouvons capitaliser. Naturellement, nous nous dirigeons vers un accord plus complet avec eux, ce qui est aussi un des objectifs principaux du paquet sur l’aviation que nous soumettrons au collège en décembre. Je confirme que nous demanderons aux Conseil un mandat ouvert et souple pour négocier les termes d’une coopération mutuelle totale. [Durant cette visite] je présenterai les grandes lignes de cet accord, notamment pour ouvrir la voie aux négociations.

Quels sont les éléments clés de ce mandat ?

Je ne veux pas entrer dans les détails, mais je discuterai bien sûr des conditions mutuellement acceptables et de l’établissement de règles équitables. J’évaluerai ainsi leur volonté de négocier un accord étendu et complet.

Quand espérez-vous recevoir le mandat de la part du Conseil ?

J’espère en mars ou avril de l’année prochaine.

Quelle est l’ampleur du problème des subventions et pourquoi votre actuelle relation avec les pays du Golfe n’est-elle pas suffisante ?

Il y a eu beaucoup de battage médiatique à ce sujet. Ce problème est simplifié à l’excès. Néanmoins, je m’assurerai que, dans notre dialogue, les intérêts européens soient bien représentés. Je vais réellement essayer de trouver des solutions inclusives et communes.

Des entreprises européennes et américaines vous ont contacté…

Les compagnies aériennes européennes veulent être traitées sur un pied d’égalité. Point. C’est cette direction que nous prendrons.

L’environnement n’est pas équitable aujourd’hui ?

Le fait est que nous n’avons pas encore d’accord global.

Jusqu’où avez-vous l’intention d’aller pour résoudre le problème des subventions ?

Nous voulons uniformiser les règles pour qu’elles soient respectées par les deux parties. Il y aura aussi des questions sociales et de subsidiarité à résoudre. J’espère pouvoir les convaincre que c’est le bon chemin à emprunter.

La question des subventions fait partie de vos priorités. En parlerez-vous cette fois-ci ?

Bien sûr que c’est important, mais je n’en parlerai pas lors de cette visite. Nous devons d’abord instaurer une confiance. Sinon il n’y aura aucun fondement pour les négociations. J’essaierai de trouver des éléments sur lesquels nous sommes tout à fait d’accord, comme l’investissement ou l’accès au marché selon les règles européennes. Ces règles sont très claires : 49 % est la limite de la part dans une entreprise étrangère et nous sommes très stricts à ce sujet. Nous leur présenterons aussi le plan d’investissement européen. Nous discuterons des futures étapes du marché de l’aviation mondial, de la décarbonisation et des évolutions des normes et des cadres réglementaires, ce qui pourra les intéresser. Si nous voyons que le courant passe bien, nous aborderons délicatement les sujets plus délicats, probablement l’année prochaine. 

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