Ecologisation logistique [FR]

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En raison de l’augmentation des prix du pétrole, des nombreux embouteillages, de la législation européenne de plus en plus stricte, les services de marchandises et de livraison doivent repenser leurs stratégies en matière de transport pour économiser de l’argent par rapport à leur consommation de carburant et pour limiter leur impact environnemental.

Le secteur de la logistique (planification, organisation, exécution des opérations de transport) croît rapidement, parallèlement à une augmentation du transport des marchandises de plus ou moins 31 % entre 1995 et 2005. Alors que le volume du commerce mondial augmente, la Commission européenne prédit une nouvelle hausse de 50 % d’ici 2020. Un grand nombre d’entreprises dépendent fortement des avions, des trains et des bateaux ou ont besoin de voitures, de poids lourds et de bus pour faire tourner leurs affaires. Les opérateurs postaux ou les services express par exemple détiennent souvent le plus grand parc automobile d’un pays et sont particulièrement dépendants de solutions rapides et peu coûteuses. 

Mais le secteur de la logistique est confronté à de nombreux défis. Avec la mondialisation, les chaînes d’approvisionnement sont devenues plus longues et plus complexes, alors que l’augmentation des embouteillages et des prix du carburant entravent la compétitivité du secteur. 

Parallèlement, l’étude montre que les transports et la logistique peuvent représenter jusqu’à 75 % de l’empreinte de carbone des entreprises. A la suite des préoccupations grandissantes au sujet de la pollution atmosphérique, des émissions de CO2 et du réchauffement climatique, le secteur ne peut pas éviter les nombreuses mesures qui sont mises en place au niveau européen pour écologiser les transports et réduire les émissions de gaz à effet de serre. 

Pour les entreprises, l’écologisation de la logistique ne comporte pas uniquement une dimension environnementale ; il s’agit également d’une question d’efficacité. En effet, le secteur de la logistique représenterait environ 10-15 % des coûts finaux des produits finis et les entreprises cherchent de plus en plus à réduire les coûts en minimisant la consommation de carburant et le temps dans les files d’attente. 

Actuellement, deux tiers du fret total de l’UE des 27 est effectué par six Etats membres : l’Allemagne (517 milliards de tonnes par kilomètre), la France (283 milliards de t/km), l’Espagne (264 milliards de t/km), l’Italie (256 milliards de t/km), la Pologne et le Royaume-Uni (206 milliards de t/km).

Une répartition du trafic déséquilibrée

Il y a un fort déséquilibre entre les différents modes de transport utilisés pour le transport national de marchandises, avec le transport routier loin devant. En effet, en examinant de plus près les quatre modes de transport terrestres (route, rail, voies navigables intérieures et oléoducs), on constate que les chemins de fer représentent tout juste 17 % du transport national de marchandises (données de 2006), alors que les voies navigables intérieures et les oléoducs représentent 5 % chacun. En revanche, la route représente 73 % du transport total de marchandises dans l’UE des 27. Dans tous les Etats membres, le transport routier est le mode de transport de fret dominant, sauf en Estonie et en Lettonie, où le transport ferroviaire représente respectivement 65 % et 54 % du total. En dehors de Chypre et de Malte (100 % de transport routier), les plus fortes parts du transport routier de fret étaient enregistrée en Irlande (99 %), en Grèce (98 %), au Portugal (95 %) et en Espagne (92 %). Dans ces pays, les autres moyens de transport pour la marchandise sont donc pratiquement inexistants. C’est ce qu’ont révélé de récentes statistiques d’Eurostat.

Lorsque le transport maritime et aérien intracommunautaire est pris en compte, la part du transport routier chute à environ 45 % mais reste le transport dominant. La part du transport routier dans le transport de fret baisse à environ 10,5 %, alors que le transport maritime représente près de 40 % et le transport aérien 0,1 %. 

Des chaînes d’approvisionnement plus efficaces : promouvoir la comodalité

Dans le Livre Blanc sur les transport datant de 2001, l’UE s’est fixé une priorité, selon laquelle il faut déplacer le trafic des routes et opter pour des modes de transport plus durables en réponse aux préoccupations grandissantes concernant les répercussions environnementales du transport routier, la pénurie de combustibles fossile et d’autres effets externes néfastes causés par le transport routier, tels que les embouteillages et les accidents (lire le LinksDossier d’EURACTIV au sujet du Livre Blanc sur le transport).

Mais un rapport de 2006 sur la politique en matière de transport a reconnu que le transport routier resterait probablement le mode le plus utilisé par les entreprises de transports publics dans l’avenir proche. Il a en outre souligné l’importance de promouvoir la « comodalité » – meilleure intégration de différents modes de transport dans des chaînes logistiques efficaces en utilisant chaque mode à son potentiel optimal et en le combinant à d’autres – pour résoudre ces problèmes. 

Une grande partie de ce programme a pour but de renforcer l’harmonisation technique et l’interopérabilité des différents systèmes pour faciliter l’utilisation de plusieurs modes de transports au cours d’un seul voyage. Il s’agit de la principale portée du plan d’action européen pour la logistique du transport de 
marchandises adopté en octobre 2007 (EURACTIV 19/10/07), qui appuie des mesures visant à améliorer les liens entre les différents modes, en mettant l’accent sur le critère de la qualité dans le choix des modes, en investissant dans des moyens de transbordement modernes et en renforçant la gestion transfrontière des flux de fret et les exigences administratives qui en découlent. 

Le plan d’action relève notamment la nécessité de définir des « corridors verts » d’ici 2020 et de renforcer leur importance et leur rôle dans le réseau transeuropéen de transport de l’UE (lire notre LinksDossier). Des activités de recherche pour créer de tels corridors sont actuellement mises sur pied. 

Marco Polo, un programme européen de financement, est également disponible depuis 2003 dans le but de promouvoir des solutions innovatrices dans le domaine (cf. la page de la Commission sur le programme Marco Polo).

Optimiser les modes individuels

Le développement de la comodalité a été entravé par le fait que chaque mode de transport souffre de problèmes spécifiques. Le rail nécessite parfois de longs délais de livraison, il peut subir de fréquents retards et dispose d’une capacité limitée. Le transport routier, quant à lui, souffre des embouteillages de plus en plus nombreux, de l’augmentation des prix du pétrole et des répercussions environnementales particulièrement néfastes. En outre, les voies de navigation intérieures sont confrontées à une forte concurrence de la part des secteurs du tourisme, des loisirs et de l’aménagement urbain. C’est la raison pour laquelle il y a des embouteillages dans beaucoup de ports, qui n’ont souvent pas l’équipement de transbordement nécessaire ni de liaisons avec l’arrière-pays. 

Pour renforcer la position des chemins de fer, trois paquets ferroviaires visant à libéraliser et harmoniser le marché ont été adoptés au niveau européen. L’objectif du dernier paquet est d’ouvrir le transport ferroviaire à la concurrence d’ici 2010 (EURACTIV 22/06/07). Une communication sur un réseau ferroviaire « à priorité fret » a également été publiée dans le cadre du plan d’action pour la logistique du transport de marchandises. Cette communication cherche à stimuler le secteur du fret ferroviaire sur le déclin en répondant aux problèmes relatifs à l’efficacité, à la fiabilité, à la ponctualité et à la compétitivité. Les mesures proposées visent à mettre un terme à la priorité existante donnée aux trains pour passagers sur les lignes à trafic mixte en cas de saturation des réseaux. En outre, elles proposent d’harmoniser la longueur et les charges des trains afin d’augmenter l’interopérabilité entre les pays et d’éviter que les trains de marchandises soient arrêtés et retardés aux frontières en raison de normes différentes. 

Au sujet du transport routier, le plan d’action pour la logistique du transport de marchandises propose d’évaluer le besoin d’une révision des limitations actuelles en matière de poids et de dimensions des véhicules. L’objectif de l’initiative est de remédier à l’encombrement de la circulation en levant une interdiction existante dans la plupart des Etats membres sur les poids lourds de 25 mètres de long et de 60 tonnes avec lesquelles il possible de transporter des quantités plus importantes sans augmenter le nombre de trajets. Mais certains ont critiqué le fait qu’une telle mesure ferait baisser encore plus le prix du transport routier, créant une demande non durable et exacerbant la concurrence avec les chemins de fer (EURACTIV 23/07/07). 

La Commission européenne cherche également à stimuler le transport maritime en développant le transport maritime à courte distance, très en vue, et en créant de véritables « autoroutes de la mer ». Pour raviver la navigation intérieure, la Commission a adopté en janvier 2006 une communication sur la promotion de la navigation intérieure, connue également sous le nom de programme d’action NAIADES. Ce programme se concentre sur cinq zones stratégiques afin de rendre la navigation intérieure plus attrayante. 

La dimension urbaine (fin de parcours)

Le plan d’action a également une forte dimension urbaine étant donné que la distribution dans les villes et dans les conurbations est particulièrement chaotique (lire notre LinksDossier sur les transports urbains). La création de terminaux urbains pour la distribution de marchandises, fournissant une interface entre les transbordements sur des longues distances et les livraisons en fin de parcours, peut réduire le nombre de poids lourds circulant en zone urbaine. Il faut également garantir que le transport entre les centres de production et les clients dans les centres villes soit propre et efficace.  

Une des propositions est de renforcer l’élément marchandise de l’initiative européenne existante CIVITAS, qui soutient les villes qui désirent tester et introduire des solutions innovantes en matière de mobilité urbaine et rééquilibrer la répartition modale vers des modes de transport durables. 

Fret en ligne

Le plan d’action pour la logistique du transport de marchandises appelle en outre l’UE à développer une feuille de route pour la mise en œuvre du concept de fret en ligne, qui permettrait de localiser, sans paperasse et de manière électronique, la marchandise tout au long de son acheminement, quels que soient les différents modes de transport utilisés. Cette mesure faciliterait des livraisons plus sûres, plus fiables et plus efficaces, et permettrait de simplifier les procédures réglementaires. Actuellement, l’utilisation généralisée des TIC dans la logistique du transport de marchandises est entravée par un manque de normalisation entre les pays et les modes de transport. Néanmoins, le plan d’action espère que le fret en ligne fonctionnera et deviedra plus abordable grâce au développement des technologies émergentes comme l’identification par radiofréquence (lire notre LinksDossier sur la RFID) et l’utilisation du système de radionavigation par satellite GALILEO (lire notre LinksDossier). 

La CLECAT, l’association des transitaires européens, a indiqué que le plan d’action de la Commission était un bon début tout en mettant en garde contre les désillusions qui pourraient rapidement surgir, étant donné que les actions proposées ne sont pas simples et ne pourront pas être réalisées en une nuit. Il a également souligné que malgré le fait que les systèmes et le matériel devenaient de plus en plus sophistiqués, il fallait toujours tenir compte des limites de l’infrastructure physique. Il a ajouté qu’il ne suffit pas de se flatter du fait que l’électronique peut multiplier les mètres carrés, car elle ne le pourra pas. Il a en outre appelé à un engagement réel du public pour des investissements dans une meilleure infrastructure pour tous les modes de transport. Il faut selon lui arrêter de sous-investir autant qu’aujourd’hui. 

La European Intermodal Association pense que la logistique verte sera le nouveau moteur de l’innovation future, de la création de nouveaux emplois, des réductions de CO2 et de l’économie d’énergie. L’association pense que l’intermodalité est essentielle à une logistique plus durable, soulignant que les entreprises devraient comprendre qu’en optant pour des solutions de transport intermodales, elles assurent leur propre avenir. Selon elle, plus qu’une menace, le changement climatique représente un défi pour le transport et le secteur de la logistique en général, qui croît de manière très rapide : le trafic est de plus en plus saturé ; les ressources énergétiques se font rares ; les émissions de gaz à effet de serre et l’aménagement de l’espace sont limités ; les citoyens exigent une qualité de vie et un environnement meilleurs.   

L’Union internationale des transports routiers (IRU) a insisté sur le fait que la route doit rester un acteur clé dans le cadre d’une logistique efficace. Les transports routiers jouent le rôle le plus vital dans la création d’une chaîne d’approvisionnement efficace et d’un transport intermodal, a souligné Bertil Dahlin, président du comité de liaison de l’IRU Transport de marchandises auprès de l'UE. Il a appelé l’UE à donner aux entreprises les moyens ainsi que la liberté d’y arriver, faisant ainsi référence aux lois sévères qui régissent le transport routier. 

Les opérateurs ferroviaires et les entreprises de gestion des infrastructures ont indiqué que le plan de logistique représente une étape majeure pour le transport de marchandises par rail. Mais la Communauté des chemins de fer européens (CCFE) a indiqué que les mesures en matière de corridors ferroviaires pourraient être plus ambitieuses. On n’a pas de temps à perdre si on veut augmenter la capacité de fret ferroviaire à la même vitesse que les volumes augmentent, a déclaré Johannes Ludewig, le directeur de l’organisation. Pour sa part, l’EIM (European Rail Infrastructure Managers) a déclaré que mettre l’accent sur les technologies de l'information et de la communication permettrait de réaliser plus de progrès dans le secteur de l’industrie, indiquant que la priorité principale devrait être de développer « la taxation intelligente » pour permettre l’internalisation des coûts externes des différents modes de transport et faciliter le transfert modal vers des modes de transport plus propres. L’EIM est également vigoureusement opposée à des mesures qui autoriseraient les poids lourds « Gigaliner ». 

Selon le Conseil européen des chargeurs, l’élément le plus important du plan d’action pour la logistique du transport de marchandises est qu’il représente la première tentative de la Commission de coordonner et de combiner véritablement les mesures en matière de transport de marchandises qui ont été, par le passé, considérées et développées séparément et ont été isolées les unes des autres. Le Conseil a toutefois montré de la réserve quant aux coûts potentiels des propositions, qui pourraient impliquer des opérations d’investissements dans de nouveaux systèmes et de nouveaux processus. En outre, il a prévenu que certaines parties du plan d’action sont minées par la controverse, notamment en ce qui concerne les normes communes sur les véhicules et les dimensions pour le chargement, soulignant que l’essentiel d’une logistique des transports efficace réside dans flexibilité et la polyvalence. Selon la Platform of European Sea and Inland Ports, il faut à tout prix remédier à la saturation de la capacité et au manque de liaison avec l’arrière pays, notamment en répartissant davantage de fonds de l’UE dans ces domaines, pour garantir que les ports ne deviennent pas un facteur limitant et pour qu’ils puissent continuer à faciliter la chaîne logistique. 

Le secteur commercial, représenté par EuroCommerce, a critiqué l’absence de lien entre le plan d’action et le Livre vert sur les transports urbains récemment publié (lire notre LinksDossier) . Reste à savoir quelles actions l’UE désire prendre, par exemple pour remédier au problème de saturation des zones urbaines, a indiqué l’organisation. Selon elle, puisqu’un grand nombre d’activités commerciales, en particulier celles des plus petites entreprises, ont lieu dans les centres, il est très important que la Commission travaille à des solutions qui rendraient les livraisons de fin de parcours plus efficaces. Que cela plaise ou non, les livraisons de fin de parcours pour les magasins sont (presque) toujours effectuées par la route, a indiqué EuroCommerce. C’est la raison pour laquelle la distribution urbaine, par le biais de poids lourds ou de véhicules utilitaires, doit être garantie afin que les livraisons arrivent jusqu’aux magasins locaux, a affirmé l’organisation, ajoutant qu’un vrai équilibre entre l’accessibilité des biens et le trafic des consommateur est nécessaire. 

Les opérateurs postaux européens et internationaux ont annoncé leur intention de revoir leur rôle et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 10 % d’ici 2013, notamment en optimisant leur logistique en matière de transport et en utilisant moins de modes de transport polluants. C’est la première fois qu’une industrie du domaine de l’approvisionnement s’allie pour examiner les répercussions de ses activités sur l’environnement, a indiqué un le PDG de International Post Corporation (IPC), Herbert-Michael Zapf. Le Royal Mail britannique a souligné son engagement dans la promotion de la réduction du CO2 et des titres compensatoires de carbone, notamment en créant une calculatrice pour réduire les empreintes individuelles de carbone et en adoptant de l’énergie électrique 100 % renouvelable. Selon l’entreprise allemande du secteur de la logistique Deutsche Post World Net, maximiser l’efficacité des ses véhicules et de ses ligne de navigation maritime ainsi qu’incorporer d’autres carburants  à ses opérations aidera à atteindre l’objectif de réduction des émissions de sa flotte européenne de 5 % par rapport au niveau de 1990 d’ici 2012. 

Dans le même ordre d’idée, l’entreprise néerlandaise du secteur de la logistique TNT a annoncé en mars 2008 son intention de remplacer plus de 100 poids lourds diesel par des modèles « tout-électrique » d’ici fin 2009. Nous vivons dans une période de grands changements, et le lancement de la flotte représente un élément crucial dans ce que nous essayons d’atteindre : que TNT devienne la première entreprise postale et de messagerie rapide n’émettant pas du tout de CO2, a indiqué le PDG de TNT Peter Bakker. La Poste française a également déclaré qu’elle planifiait de commander près de 10 000 véhicules de livraison électriques pour remplacer partiellement les 60 000 véhicules non électriques de sa flotte afin de réduire sa facture de combustible annuelle de 70 millions d’euros. Selon nos tests, il est six fois moins cher d’utiliser un véhicule électrique qu’un véhicule diesel, a indiqué le président de La Poste Jean-Paul Bailly. Grâce aux nouveaux véhicules, l’entreprise pense également réduire ses émissions de CO2 de quatre tonnes par véhicule annuellement. 

  • 23 juin 2006 : la révision à mi-parcours du Livre blanc de l’UE sur les transports, datant de 2001, identifie l’amélioration de la logistique comme une priorité en vue d’un système de transports européen plus durable (Euractiv 23/06/06). 
  • 28 juin 2006 : la Commission présente une communication sur la promotion de la mobilité durable par la biais d’une logistique du transport plus avancée (EURACTIV 28/06/06). 
  • 18 oct. 2007 : en se fondant sur une ancienne communication, la Commission a adopté un paquet de mesures sur la logistique qui inclut un plan d’action pour la logistique du transport de marchandises ainsi que des propositions séparées pour améliorer la compétitivité du fret ferroviaire et pour stimuler la navigation maritime et le transport maritime à courte distance (EURACTIV 19/10/07). 
  • 5 nov. 2008 : premier sommet européen de la logistique (cf. la déclaration du sommet)
  • 11 déc. 2008 : la Commission adopte une proposition visant à élaborer un plan de corridor de fret ferroviaire à l'échelle européenne.
  • 2009 : création d'une plate-forme logistique européenne.
  • Automne 2009 : la plate-forme logistique européenne doit présenter un plan de travail pour le secteur de la logistique.

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