Berlin soutient Siemens dans le rachat d’Alstom

Reims Tramway at the depot and in test [Copyright: Alstom Transport / TOMA – P.Eranian]

Reims Tramway at the depot and in test, May 21, 2013 [Copyright: Alstom Transport / TOMA – P.Eranian]

L’exécutif allemand a apporté son soutien à Siemens en vue de racheter la branche énergie du groupe français Alstom. Un appui qui conforte la position du gouvernement français, qui préférerait voir Alstom dans les mains de son rival allemand que sous le contrôle de l’Américain General Electric.

Le gouvernement allemand a donné sa bénédiction à la contre offensive de Siemens face à l’Américain General Electric dans le dossier du rachat de la branche énergie du géant français Alstom. 

Siemens, qui avait raté une première tentative avec Alstom voici une dizaine d’années en raison de l’opposition du gouvernement français à l’époque, serait ainsi prêt à échanger la moitié de sa division ferroviaire plus du cash contre la division turbines électriques du groupe français.

Le ministère allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, s’est dit convaincu qu’un rapprochement entre Siemens et Alstom serait une belle opportunité aussi bien pour l’Allemagne que pour la France.

« Une reprise partielle représente d’importantes opportunités aussi bien pour l’Allemagne que pour la France, que ce soit d’un point de vue industriel ou politique », a indiqué un porte-parole du ministère. « Nous pensons qu’il est pertinent de faire son possible pour la coopération avec la France dans le domaine de l’énergie ».

Le ministre est en contact étroit avec toutes les parties concernées, et tient la chancelière Angela Merkel informée de la progression des discussions, a ajouté le porte-parole, se refusant toutefois à dire si Paris avait sollicité une intervention de Berlin.

Selon une source gouvernementale, Siemens a informé ce week-end des hauts fonctionnaires à Berlin de son intérêt pour Alstom et que des discussions ont également pris place entre Berlin et Paris.

Le 28 avril, le président François Hollande s’est également penché sur le dossier en reçevant tour à tour le président de GE, Jeff Immelt, le patron de Siemens, Joe Kaeser, et Martin Bouygues, PDG du groupe du même nom et premier actionnaire d’Alstom avec 29% du capital.

Siemens : « un moindre mal »

« Du point de vue français, Siemens est un moindre mal », a expliqué la source. « Cela montre combien les choses sont devenues difficiles pour l’industrie française dans son ensemble ».

General Electric a, selon des sources proches du dossier, proposé à Alstom de lui racheter sa branche énergie pour 13 milliards de dollars environ (9,4 milliards d’euros).

Siemens s’est dit prêt « à échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future » avec le groupe français, qui subit de plein fouet la crise européenne du secteur de l’électricité et du marché des nouvelles centrales.

Siemens, qui réunissait son conseil de surveillance  aujourd’hui (29 avril) sur le sujet, n’a pas encore détaillé son offre. Selon certaines sources, elle valoriserait la branche énergie Alstom à 14,5 milliards de dollars (10,5 milliards d’euros) en incluant du cash et des transferts d’actifs ferroviaires au groupe français.

Le conseil d’administration d’Alstom, surveillé de près par le gouvernement, doit se réunir en fin de journée pour examiner les propositions de rachat de ses deux prétendants.

Alstom, fleuron national français de l’énergie et du transport, est en difficulté financière depuis son introduction en bourse en 1998, et a connu depuis lors à plusieurs reprises des crises de liquidité, forçant l’État à élaborer un plan de sauvetage en 2004.

Bouygues a annoncé dernièrement vouloir céder sa participation, qui s’élève à hauteur de 29,4 %, du capital d'Alstom. À l’heure actuelle, l’Américain General Electric et l’Allemand Siemens sont en négociation pour racheter sa branche énergie. Or, l’exécutif français, inquiet de l’avenir du groupe, qui représente pas moins de 18 000 emplois en Hexagone, monte au créneau et compte peser dans les pourparlers.

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