Bruxelles impose plus de bornes de recharge pour les voitures électriques

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L’UE s’est engagée à accroître fortement ses infrastructures pour les véhicules électriques grâce à des objectifs contraignants afin de multiplier le nombre de bornes de recharge en Europe. Cet engagement s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle stratégie destinée à relancer l’industrie automobile européenne faible en carbone.

« Nous avons besoin d'objectifs », a déclaré le vice-président de la Commission Siim Kallas lors d'une conférence de presse à Bruxelles pour le lancement de la stratégie de l'UE pour des carburants propres jeudi (24 janvier).

« Nous proposons un nombre minimum nécessaire de bornes de recharge dans chaque État membre de l'UE d'ici 2020 et au moins 10 % d'entre elles devraient être accessibles au public. »

Le projet de 10 milliards d'euros, financé principalement par le secteur des transports, devrait briser le « cercle vicieux » qui empêche la construction de véhicules à faibles émissions de carbone en raison d'un manque d'infrastructure.

Les propositions à venir de l'UE pourraient être tout aussi extraordinaires. Des mesures destinées à réserver des emplacements de stationnement et des voies pour les voitures à faibles émissions de carbone sont à l'examen. Ces deux mesures constituent « des instruments de très grande valeur qui peuvent être mis à profit », a déclaré un représentant de l'UE.

Dans la proposition actuelle, tout comme pour les véhicules électriques, l'UE a fixé des quotas pour les stations de ravitaillement en hydrogène et en gaz naturel comprimé (GNC) et liquéfié (GNL).

Le nombre imposé de bornes de recharge électriques varie en fonction des projets de production de chaque pays. L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, par exemple, envisagent de produire respectivement 1 million, 2 millions et 1,55 million de véhicules électriques d'ici 2020.

Au Royaume-Uni, le nombre de bornes de recharge devrait donc augmenter de 703 l'année dernière à 1,22 million, dont 10 % seraient financées par l'État. En Allemagne, le nombre de bornes de recharge passerait de 1 937 à 1,5 million et en France, de 1 600 à 970 000.

« Nous ne pensons pas que les objectifs pour chaque État membre créeront des problèmes », a déclaré M. Kallas, en charge des transports. « C'est abordable et je ne pense pas que des mesures punitives seront nécessaires en cas d'opposition. »

Normalisation des prises

Paris n’a pas toutefois pas réagi aux propositions après que la Commission a statué en faveur de la normalisation des prises concurrentes allemandes de « type 2 » pour les bornes de recharge électriques.

La France estime que cette décision pourrait donner aux constructeurs automobiles allemands un avantage dans la bataille imminente pour le marché des voitures électriques.

Les constructeurs automobiles, qui ont déjà blâmé le manque d'infrastructures et de prises harmonisées d'avoir retardé le lancement des véhicules électriques, ont accueilli favorablement le paquet et l’ont qualifié de « pas dans la bonne direction ».

La normalisation des prises en particulier « offre aux investisseurs une vision à long terme, permet des économies d'échelle, réduit les coûts pour tous les actionnaires et est indispensable à l’adoption croissante [de cette technologie par] des utilisateurs », a déclaré Cara McLaughlin, une porte-parole de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) dans un communiqué.

Hydrogène, GNL, GNC

Pour les véhicules équipés de piles à combustible à l'hydrogène, la Commission propose une distance maximale de 300 km entre les bornes de recharge afin de dissiper les mêmes craintes en matière d'autonomie rencontrées dans l'expansion de ces bornes.

La Commission souhaite également que des stations de ravitaillement en gaz naturel liquéfié (GNL) soient installées au centre de 10 % des ports intérieurs et en mer d'ici 2020. La Suède envisage d'ouvrir la première installation de l'UE au gaz naturel liquéfié d'ici quelques semaines.

Un réseau de terminaux de GNL à intervalle de 400 km est également prévu pour les camions et des bornes de recharge au GNC tous les 150 km. Des normes communes pour les stations de ravitaillement en hydrogène, en GNC et en GNL devraient être développées d'ici décembre 2015.

Jos Dings, le directeur du groupe de réflexion Transport and Environment, a déclaré que les mesures combinées de la Commission constituaient un élément bienvenu dans le puzzle bien plus complexe nécessaire à la décarbonisation du secteur européen du transport d'ici 2050.

« Nous devons briser le monopole des carburants liquides sur le marché du transport, mais nous avons également besoin de véhicules, de prix et d'infrastructures plus [avantageux], et tout le reste », a-t-il déclaré à EURACTIV.

« Il s'agit sans aucun doute d'une étape qui doit être entreprise, surtout les bornes de recharge électriques, et elle propose quelque chose qui a du sens. Mais, en aucun cas, elle ne résoudra à elle seule la question du transport durable. »

Sur les 200 millions de véhicules particuliers qui circulent en Europe, environ 11 000 fonctionnent actuellement grâce à l'électricité et plus ou moins un million grâce au gaz naturel comprimé.

 

« Aucun objectif obligatoire n'a été fixé pour les infrastructures de GPL, car le réseau de stations de ravitaillement en GPL en Europe est extrêmement saturé » a souligné David Appleton, le chargé de communications de l'Association européenne des gaz de pétrole liquéfiés (AEGPL), dans un courriel envoyé à EURACTIV. « Étant donné qu'il existe déjà 27 000 stations de ravitaillement en GPL en Europe, il n'y a pas d'objectif fixé », a?t?il déclaré, ajoutant que sept millions de voitures au GPL circulaient actuellement dans l'UE.

Les voitures particulières sont responsables d'environ 12 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans l'UE. Le CO2 est le principal gaz à effet de serre.

En 2007, l'UE a proposé une réglementation fixant des normes d'émissions pour les nouvelles voitures. Elle a été adoptée en 2009 par le Parlement européen et le Conseil. Aujourd'hui, les objectifs de l'UE s'assurent que les émissions moyennes des nouvelles voitures particulières ne dépassent pas 130 g de CO2/km d'ici 2015.

Le livre blanc sur les transports, présenté par la Commission en février 2011, mentionne des mesures pour lever les 1,8 mille milliards d'euros nécessaires à la construction d'infrastructures au cours des 20 prochaines années.

Des propositions publiées récemment ont défini des objectifs supplémentaires de 95 g pour les nouvelles voitures particulières d'ici 2020 et 147 g/km pour les camionnettes. D'ici la fin de l'année 2014, de nouveaux objectifs pourraient être annoncés pour 2025 et 2030.

  • 2013 : la révision des objectifs d'émissions de CO2 des voitures pour 2020 devrait être terminée
  • 31 déc. 2014 : l'UE devrait terminer sa révision des objectifs pour 2020 et 2025
  • 1er janv. 2015 : l'objectif de 130 g CO2/km devrait être appliqué en Europe
  • Déc. 2015 : date butoir pour les normes communes des stations de ravitaillement en hydrogène, en GNC et en GNL dans le cadre d'un nouveau paquet sur le transport propre
  • 2016 : les États-Unis introduiront un objectif de 35 mpg pour toutes les nouvelles voitures particulières
  • 2020 : date butoir pour de nouvelles solutions de ravitaillement des bornes dans le cadre d'un nouveau paquet sur le transport propre
  • 2020 : l'objectif de 95 g CO2/km devrait être appliqué en Europe
  • 2025 : la Commission européenne pourrait imposer une autre étape pour la décarbonisation d'ici 2050
  • 2025 : les États-Unis introduiront un objectif de 54,5 mpg pour toutes les nouvelles voitures particulières
  • 2030 : la Commission européenne pourrait imposer une autre étape pour la décarbonisation d'ici 2050

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