Les climatologues du monde entier n’accordent aucune confiance à la génération actuelle de biocarburants. En effet, d’après une enquête publiée le 10 décembre 2007 par l’Union internationale pour la conservation de la nature et la Banque mondiale, ces professionnels placent les biocarburants au dernier rang des 18 technologies ayant un potentiel de réduction du carbone.
L’énergie solaire, les parcs éoliens, l’énergie marémotrice, les technologies nucléaires et celles utilisant du charbon propre, voire les vélos, devraient contribuer davantage à la réduction des niveaux de CO2 au cours des 25 prochaines années, d’après une enquête effectuée parmi un millier de représentants de gouvernement, du secteur public, des ONG et des médias de 105 pays.
D’après le rapport, seules 21 % des personnes interrogées croient au potentiel des biocarburants de première génération, produits à partir de cultures agricoles, comme l’éthanol et le biodiesel, pour réduire encore les niveaux généraux de carbone dans l’atmosphère sans effet secondaire rédhibitoire.
D’autre part, plus de 70 % des personnes interrogées ont confiance dans le potentiel de l’énergie solaire pour la production d’eau chaude et d’électricité. En outre, le nucléaire et les biocarburants de seconde génération, produits à partir de cultures non alimentaires, ont reçu le soutien de plus de 400 personnes sur les 1 000 interrogées.
L’enquête survient en prévision de la publication des propositions de la Commission, prévue en janvier 2008, pour stimuler la part d’utilisation des biocarburants dans les carburants utilisés pour les transports de leurs niveaux actuels inférieurs à 2 % à 10 % d’ici 2020 (EURACTIV 11/01/07).
Néanmoins, ces résultats semblent confirmer les craintes croissantes selon lesquelles imposer un objectif obligatoire pourrait avoir des répercussions négatives sur l’environnement et sur la sécurité alimentaire.
Alors que la Commission déclare qu’elle répondra à ces préoccupations par l’introduction de critères contraignants de durabilité, l’ONG écologiste des Amis de la Terre Europe (FoE), qui a publié un projet inspiré des plans de l’exécutif européen, estime que les critères proposés ne protégeront pas les écosystèmes et la population de façon appropriée dans les pays en développement (EURACTIV 10/12/07).
Selon Adrian Bebb, un militant de FoE, utiliser les cultures pour produire du carburant est une fausse solution au changement climatique – les véritables solutions reposent sur le fait d’obliger les constructeurs automobiles à produire des voitures plus propres, améliorer les transports publics et à rendre les villes plus efficaces d’un point de vue énergétique.
Mais les producteurs de biocarburants affirment que les biocarburants de première génération sont nécessaires à court terme, car ceux de seconde génération sont encore loin d’être rentables.

